Expulser les délinquants étrangers suffirait-il à mettre fin à l'insécurité ?
Si on expulsait les délinquants étrangers, il n'y aurait plus d'insécurité.
Qui dit ça ? 1 déclaration
Cette idée est défendue publiquement. Mot pour mot :
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« Ils représentent 25 % des prisonniers, soit au moins 15 000 personnes. Les expulser permettrait d'atteindre le double objectif de rendre de la sécurité aux Français et de libérer des places dans nos établissements pénitentiaires saturés. »
Bryan Masson, député des Alpes-Maritimes. Commission des lois de l'Assemblée nationale, examen de la proposition de loi n° 265 visant à assouplir les conditions d'expulsion des étrangers constituant une menace grave pour l'ordre public, le 23 octobre 2024. Source ↗
Compte rendu officiel n° 9, page 3. « Ils » désigne les étrangers. Au 1er avril 2026, 24,2 % des détenus sont étrangers selon le ministère de la Justice, ce qui correspond à l'ordre de grandeur cité : les trois quarts des détenus sont donc français. La commission a ensuite supprimé les deux articles de la proposition de loi, qu'elle a donc rejetée (page 19).
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- Fiche vérifiée trouvée : « Expulser les délinquants étrangers suffirait-il à mettre fin à l'insécurité ? »
- Sources de la fiche : SSMSI, INSEE, Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur), Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice)…
Réponse vérifiée · 13 sources · données à jour : octobre 2026
Faux
Non, l'insécurité ne disparaîtrait pas : en 2024, 81 personnes mises en cause sur 100 étaient françaises (notre calcul). En 2025, pour les homicides, c'est 82 sur 100. Et même les étrangers condamnés ne peuvent pas tous être renvoyés : il faut que leur pays les reconnaisse et les reprenne. SSMSI +3 SSMSI · mars 2025 Les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2024 (Interstats Info Rapide n° 49) page 7, paragraphe sur la nationalité des mis en cause (chercher « 19 % de l'ensemble ») et note de lecture de la figure 6 (chercher « 8 % respectivement ») SSMSI · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) page 18 du rapport (page 19 du PDF), synthèse (chercher « 36 % pour les cam ») ; page 83 (PDF 84), figure 10 « Nombre de mis en cause pour homicide en 2025 », lignes « Français » et « Non renseignée » ; page 84 (PDF 85) ; page 100 (PDF 101) ; figure 9 des violences sexuelles (PDF 109) ; vols avec armes (PDF 116) ; figure 7 des vols violents sans arme (PDF 121) ; figure 7 des cambriolages de logement (PDF 132) Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15 (chercher « pertinente ») ; page 79 (chercher « 6 582 ») ; page 100, tableau n° 7, lignes « Menace à l'ordre public » et « Condamnation pénale » (dernière colonne : taux d'éloignement) Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes étrangères en situation irrégulière » (document des rapporteurs) page 3, point 4° (chercher « 30 % des LPC ») ; page 7 (chercher « dernier maillon »)
La part de vrai
Les étrangers sont plus souvent mis en cause que les Français, rapporté à leur nombre : 19 mis en cause sur 100 en 2024, pour 8 à 9 habitants sur 100, et davantage pour certains vols : 36 sur 100 pour les cambriolages de logement en 2025, 48 sur 100 pour les vols ou violences dans les transports en commun en 2024. Éloigner les étrangers condamnés qui menacent l'ordre public est une priorité que la Cour des comptes juge « pertinente ». SSMSI +4 SSMSI · mars 2025 Les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2024 (Interstats Info Rapide n° 49) page 7, paragraphe sur la nationalité des mis en cause (chercher « 19 % de l'ensemble ») et note de lecture de la figure 6 (chercher « 8 % respectivement ») INSEE · juin 2026 L'essentiel sur… les immigrés et les étrangers question 1 « Combien y a-t-il d'immigrés ou d'étrangers en France ? » (chercher « 6,3 millions ») SSMSI · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) page 18 du rapport (page 19 du PDF), synthèse (chercher « 36 % pour les cam ») ; page 83 (PDF 84), figure 10 « Nombre de mis en cause pour homicide en 2025 », lignes « Français » et « Non renseignée » ; page 84 (PDF 85) ; page 100 (PDF 101) ; figure 9 des violences sexuelles (PDF 109) ; vols avec armes (PDF 116) ; figure 7 des vols violents sans arme (PDF 121) ; figure 7 des cambriolages de logement (PDF 132) Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) · décembre 2025 Réponse du ministre de l'Intérieur à la question écrite n° 9474 de Mme Hélène Laporte texte de la réponse, publiée au JO le 2 décembre 2025, dernière phrase (chercher « 48 % ») Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15 (chercher « pertinente ») ; page 79 (chercher « 6 582 ») ; page 100, tableau n° 7, lignes « Menace à l'ordre public » et « Condamnation pénale » (dernière colonne : taux d'éloignement)
Français : notre calcul (100 − 19). Le ministère de l'Intérieur ne relève pratiquement aucune nationalité « non renseignée » parmi les mis en cause. Ce sont des personnes soupçonnées par la police, pas des condamnés, et la nationalité déclarée n'est pas toujours vérifiée.
Source SSMSI +2 SSMSI · mars 2025 Les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2024 (Interstats Info Rapide n° 49) page 7, paragraphe sur la nationalité des mis en cause (chercher « 19 % de l'ensemble ») et note de lecture de la figure 6 (chercher « 8 % respectivement ») SSMSI · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) page 18 du rapport (page 19 du PDF), synthèse (chercher « 36 % pour les cam ») ; page 83 (PDF 84), figure 10 « Nombre de mis en cause pour homicide en 2025 », lignes « Français » et « Non renseignée » ; page 84 (PDF 85) ; page 100 (PDF 101) ; figure 9 des violences sexuelles (PDF 109) ; vols avec armes (PDF 116) ; figure 7 des vols violents sans arme (PDF 121) ; figure 7 des cambriolages de logement (PDF 132) INSEE · décembre 2021 Auteurs selon la nationalité (Sécurité et société, Insee Références, édition 2021) premier paragraphe et encadré d'avertissement (chercher « 82 % » et « précaution »)
En 2024, 19 personnes mises en cause sur 100 par la police et la gendarmerie étaient étrangères. Si elles n'étaient plus là, 81 sur 100 resteraient (notre calcul). Et ces 19 ne viennent pas d'un seul continent : 12 sont ressortissantes d'un pays d'Afrique, 7 d'un autre pays. SSMSI SSMSI · mars 2025 Les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2024 (Interstats Info Rapide n° 49) page 7, paragraphe sur la nationalité des mis en cause (chercher « 19 % de l'ensemble ») et note de lecture de la figure 6 (chercher « 8 % respectivement »)
Pour les crimes les plus graves, la part des Français est encore plus forte : en 2025, 82 mis en cause sur 100 pour homicide et 87 sur 100 pour violences sexuelles sont français. SSMSI SSMSI · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) page 18 du rapport (page 19 du PDF), synthèse (chercher « 36 % pour les cam ») ; page 83 (PDF 84), figure 10 « Nombre de mis en cause pour homicide en 2025 », lignes « Français » et « Non renseignée » ; page 84 (PDF 85) ; page 100 (PDF 101) ; figure 9 des violences sexuelles (PDF 109) ; vols avec armes (PDF 116) ; figure 7 des vols violents sans arme (PDF 121) ; figure 7 des cambriolages de logement (PDF 132)
En prison aussi, environ trois détenus sur quatre sont français : au 1er avril 2026, 21 329 détenus sur 88 419 sont étrangers, soit 24,2 %. Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice) Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice) · juin 2026 Réponse du garde des Sceaux à la question écrite n° 13629 de M. Antoine Valentin texte de la réponse, publiée au JO le 30 juin 2026 (chercher « 24,2 % »)
Renvoyer un condamné étranger n'est pas automatique. Entre 2019 et 2022, 45 OQTF sur 100 fondées sur une condamnation pénale ont abouti à un éloignement. Et si la personne n'a pas de passeport, il faut un laissez-passer de son pays, obtenu à temps dans 55,1 % des cas en 2025. Cour des comptes +2 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15 (chercher « pertinente ») ; page 79 (chercher « 6 582 ») ; page 100, tableau n° 7, lignes « Menace à l'ordre public » et « Condamnation pénale » (dernière colonne : taux d'éloignement) Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne) Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes étrangères en situation irrégulière » (document des rapporteurs) page 3, point 4° (chercher « 30 % des LPC ») ; page 7 (chercher « dernier maillon »)
Ces chiffres mesurent aussi qui la police contrôle et qui la justice condamne. En 2024, les jeunes hommes perçus comme noirs, arabes ou maghrébins, français ou non, ont 4 fois plus de risque d'être contrôlés que le reste de la population. À délit égal, un étranger est plus souvent condamné à de la prison ferme. Et la nationalité déclarée n'est pas toujours vérifiée. Défenseur des droits +2 Défenseur des droits · juin 2025 Enquête sur l'accès aux droits, 2e édition, volume 1 : Relations police / population, contrôles d'identité et dépôts de plainte page 4, « Principaux résultats » (chercher « 4 fois ») ; page 15 (chercher « 39 % ») ; page 16 (chercher « 20 fois ») CEPII · avril 2023 Immigration et délinquance : réalités et perceptions (La Lettre du CEPII n° 436), Arnaud Philippe et Jérôme Valette page 3, et graphique 2 (chercher « 22 jours ») INSEE · décembre 2021 Auteurs selon la nationalité (Sécurité et société, Insee Références, édition 2021) premier paragraphe et encadré d'avertissement (chercher « 82 % » et « précaution »)
Pourquoi un étranger condamné n'est pas toujours renvoyé
Pour renvoyer quelqu'un qui n'a pas de passeport valide, il faut que son pays reconnaisse qu'il est son ressortissant et accepte de le reprendre, en délivrant un laissez-passer consulaire. Selon les députés de la commission des lois, sans ce document, l'éloignement reste impossible. En 2025, 2 929 demandes sont restées sans réponse. Assemblée nationale +1 Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes étrangères en situation irrégulière » (document des rapporteurs) page 3, point 4° (chercher « 30 % des LPC ») ; page 7 (chercher « dernier maillon ») Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne)
Si l'objectif est qu'il y ait moins de délits, voici ce que mesurent ou recommandent les organismes officiels.
- 3 082 titres retirés en 2025
Retirer ou refuser le titre de séjour des étrangers qui menacent l'ordre public
C'est déjà fait, et de plus en plus : en 2025, les préfectures ont refusé 5 752 titres et en ont retiré 3 082 pour menace à l'ordre public, 36,7 % de retraits de plus qu'en 2024. Et les libérations conditionnelles « expulsion » sont passées à 1 500 en 2025. Ministère de l'Intérieur +1 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) pages 58 et 59, partie « La police du séjour » (chercher « 5 752 » puis « 3 082 ») Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice) · juin 2026 Réponse du garde des Sceaux à la question écrite n° 13629 de M. Antoine Valentin texte de la réponse, publiée au JO le 30 juin 2026 (chercher « 1 500 en 2025 » puis « doublé »)
- 55,1 % des laissez-passer à temps
Obtenir les laissez-passer des pays d'origine
C'est le verrou de l'expulsion des personnes sans passeport. La Cour des comptes recommande de centraliser la procédure de délivrance des laissez-passer consulaires. La fiche sur les OQTF détaille ce point. Cour des comptes +1 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 17, « Récapitulatif des recommandations », recommandations 4, 5 et 7 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne)
- 23 % de récidive au lieu de 33 %
Préparer chaque sortie de prison, quelle que soit la nationalité
Comme 3 détenus sur 4 sont français, la plupart des sortants de prison le sont aussi. Ceux qui sortent en libération conditionnelle sont 23 % à être recondamnés dans l'année, contre 33 % pour ceux sortis sans aucun aménagement, selon le ministère de la Justice, qui précise que ce n'est pas un simple lien de cause à effet. Ministère de la Justice (SDSE) +1 Ministère de la Justice (SDSE) · juillet 2021 Mesurer et comprendre les déterminants de la récidive des sortants de prison (Infostat Justice n° 183) page 1, résumé (chercher « 23 % contre 33 % ») ; page 7 ou 8, partie sur le modèle (chercher « 12,2 points ») Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice) · juin 2026 Réponse du garde des Sceaux à la question écrite n° 13629 de M. Antoine Valentin texte de la réponse, publiée au JO le 30 juin 2026 (chercher « 24,2 % »)
Parts publiées par le ministère de l'Intérieur (SSMSI). En 2024, pour les vols ou violences dans les transports en commun, les étrangers représentaient 48 % des mis en cause.
Source SSMSI +1 SSMSI · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) page 18 du rapport (page 19 du PDF), synthèse (chercher « 36 % pour les cam ») ; page 83 (PDF 84), figure 10 « Nombre de mis en cause pour homicide en 2025 », lignes « Français » et « Non renseignée » ; page 84 (PDF 85) ; page 100 (PDF 101) ; figure 9 des violences sexuelles (PDF 109) ; vols avec armes (PDF 116) ; figure 7 des vols violents sans arme (PDF 121) ; figure 7 des cambriolages de logement (PDF 132) Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) · décembre 2025 Réponse du ministre de l'Intérieur à la question écrite n° 9474 de Mme Hélène Laporte texte de la réponse, publiée au JO le 2 décembre 2025, dernière phrase (chercher « 48 % »)
En 2024, 19 % des personnes mises en cause par la police et la gendarmerie pour un crime ou un délit étaient de nationalité étrangère : 12 % ressortissantes d'un pays d'Afrique et 7 % d'un autre pays. Le même document indique que les étrangers représentent 8 % de l'ensemble de la population. SSMSI SSMSI · mars 2025 Les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2024 (Interstats Info Rapide n° 49) page 7, paragraphe sur la nationalité des mis en cause (chercher « 19 % de l'ensemble ») et note de lecture de la figure 6 (chercher « 8 % respectivement »)
Selon l'INSEE, 6,3 millions d'étrangers vivent en France en 2025, soit 9,1 % de la population (chiffre provisoire). Un étranger n'a pas la nationalité française ; un immigré est né étranger à l'étranger et peut être devenu français. INSEE INSEE · juin 2026 L'essentiel sur… les immigrés et les étrangers question 1 « Combien y a-t-il d'immigrés ou d'étrangers en France ? » (chercher « 6,3 millions »)
En 2024, la part des étrangers parmi les mis en cause varie selon le délit : 48 % pour les vols ou violences dans les transports en commun, 38 % pour les cambriolages de logement, 30 % pour les vols violents sans arme, 22 % pour les vols avec arme, 20 % pour les coups et blessures volontaires, 18 % pour les homicides, 13 % pour les violences sexuelles. Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) · décembre 2025 Réponse du ministre de l'Intérieur à la question écrite n° 9474 de Mme Hélène Laporte texte de la réponse, publiée au JO le 2 décembre 2025, dernière phrase (chercher « 48 % »)
Au 1er avril 2026, 21 329 des 88 419 personnes détenues sont de nationalité étrangère, soit 24,2 % : environ trois détenus sur quatre sont français (notre calcul). Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice) Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice) · juin 2026 Réponse du garde des Sceaux à la question écrite n° 13629 de M. Antoine Valentin texte de la réponse, publiée au JO le 30 juin 2026 (chercher « 24,2 % »)
En 2024, selon le Défenseur des droits, les jeunes hommes perçus comme noirs, arabes ou maghrébins ont 4 fois plus de risque d'être contrôlés que le reste de la population, et 12 fois plus de risque d'un contrôle « poussé » (fouille, palpation, conduite au poste). 39 % des personnes perçues comme noires, arabes ou maghrébines ont été contrôlées au moins une fois en cinq ans, contre 23 % des personnes perçues comme blanches. Défenseur des droits Défenseur des droits · juin 2025 Enquête sur l'accès aux droits, 2e édition, volume 1 : Relations police / population, contrôles d'identité et dépôts de plainte page 4, « Principaux résultats » (chercher « 4 fois ») ; page 15 (chercher « 39 % ») ; page 16 (chercher « 20 fois »)
En 2019, 18 % des personnes mises en cause étaient étrangères et 82 % françaises. L'INSEE précise que la nationalité déclarée ne peut pas toujours être vérifiée. INSEE INSEE · décembre 2021 Auteurs selon la nationalité (Sécurité et société, Insee Références, édition 2021) premier paragraphe et encadré d'avertissement (chercher « 82 % » et « précaution »)
Selon la Cour des comptes, entre 2019 et 2022, 45 % des obligations de quitter le territoire (OQTF) fondées sur une condamnation pénale ont abouti à un éloignement forcé, et 23 % de celles fondées sur une menace à l'ordre public. La Cour juge « pertinente » la priorité donnée depuis août 2022 aux étrangers qui troublent l'ordre public. 6 582 sortants de prison ont été éloignés dès leur sortie entre 2019 et 2022. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15 (chercher « pertinente ») ; page 79 (chercher « 6 582 ») ; page 100, tableau n° 7, lignes « Menace à l'ordre public » et « Condamnation pénale » (dernière colonne : taux d'éloignement)
En 2025, 7 261 laissez-passer consulaires ont été demandés aux pays d'origine : 4 000 ont été obtenus à temps, soit 55,1 %, et 2 929 demandes sont restées sans réponse. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne)
Selon la commission des lois de l'Assemblée nationale (juin 2025), sans laissez-passer consulaire du pays d'origine, l'éloignement reste impossible. Les rapporteurs indiquent que seuls 30 % des laissez-passer demandés en 2023 ont été délivrés à temps (10 % pour l'Algérie). Le ministère de l'Intérieur, qui rapporte les laissez-passer obtenus aux demandes instruites par les consulats, publie pour la même année un taux de 47,6 %. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes étrangères en situation irrégulière » (document des rapporteurs) page 3, point 4° (chercher « 30 % des LPC ») ; page 7 (chercher « dernier maillon »)
En 2025, les préfectures ont refusé 5 752 titres de séjour et en ont retiré 3 082 pour menace à l'ordre public, 36,7 % de retraits de plus qu'en 2024. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) pages 58 et 59, partie « La police du séjour » (chercher « 5 752 » puis « 3 082 »)
La délinquance enregistrée est surtout le fait d'hommes jeunes, quelle que soit leur nationalité : en 2024, 15 % des mis en cause sont des femmes, donc 85 sur 100 sont des hommes (notre calcul). Leur âge moyen est de 32 ans et 63 % ont moins de 35 ans. SSMSI SSMSI · mars 2025 Les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2024 (Interstats Info Rapide n° 49) page 7, paragraphe « Les caractéristiques démographiques des mis en cause » (chercher « (15 %) » et « 32 ans »)
Les étrangers sont aussi victimes : en 2024, ils représentent 11 % de l'ensemble des victimes de crimes ou délits enregistrés par la police et la gendarmerie. SSMSI SSMSI · mars 2025 Les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2024 (Interstats Info Rapide n° 49) page 6, paragraphe sur les victimes (chercher « 11 % parmi l'ensemble des victimes »)
Les études qui mesurent l'effet de l'arrivée d'immigrés sur la délinquance d'un territoire, en corrigeant le fait que les immigrés s'installent plus souvent dans des quartiers pauvres, concluent à l'absence d'effet. Ces études portent sur d'autres pays (Royaume-Uni, Italie, États-Unis, Chili). CEPII CEPII · avril 2023 Immigration et délinquance : réalités et perceptions (La Lettre du CEPII n° 436), Arnaud Philippe et Jérôme Valette page 1, partie « Délinquance : l'immigration n'en est pas la cause » (chercher « unanimement ») et note 4
Parmi les personnes sorties de prison en 2016, 31 % ont été recondamnées pour une infraction commise dans l'année. C'est 23 % pour celles qui ont eu une libération conditionnelle, contre 33 % pour celles sorties sans aucun aménagement de peine. Le ministère précise que ce n'est pas un simple lien de cause à effet. Ministère de la Justice (SDSE) Ministère de la Justice (SDSE) · juillet 2021 Mesurer et comprendre les déterminants de la récidive des sortants de prison (Infostat Justice n° 183) page 1, résumé (chercher « 23 % contre 33 % ») ; page 7 ou 8, partie sur le modèle (chercher « 12,2 points »)
Les libérations conditionnelles « expulsion », qui libèrent plus tôt un détenu étranger pour l'éloigner du territoire, sont passées de 1 039 en 2023 à 1 500 en 2025 (+44 %). Au 1er avril 2026, environ 2 000 détenus pourraient encore y être éligibles. Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice) Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice) · juin 2026 Réponse du garde des Sceaux à la question écrite n° 13629 de M. Antoine Valentin texte de la réponse, publiée au JO le 30 juin 2026 (chercher « 1 500 en 2025 » puis « doublé »)
La Cour des comptes recommande de centraliser la procédure de délivrance des laissez-passer consulaires, sauf pour les préfectures qui ont un consulat à proximité. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 17, « Récapitulatif des recommandations », recommandations 4, 5 et 7
En 2025, selon le bilan statistique du ministère de l'Intérieur, les personnes mises en cause étaient de nationalité française à 82 % pour les homicides et pour les vols avec arme, 84 à 85 % pour les violences physiques, 87 % pour les violences sexuelles, 67 % pour les vols violents sans arme et 64 % pour les cambriolages de logement. Les étrangers représentent 9 % de la population. La nationalité « non renseignée » est à 0 % dans ces tableaux. SSMSI SSMSI · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) page 18 du rapport (page 19 du PDF), synthèse (chercher « 36 % pour les cam ») ; page 83 (PDF 84), figure 10 « Nombre de mis en cause pour homicide en 2025 », lignes « Français » et « Non renseignée » ; page 84 (PDF 85) ; page 100 (PDF 101) ; figure 9 des violences sexuelles (PDF 109) ; vols avec armes (PDF 116) ; figure 7 des vols violents sans arme (PDF 121) ; figure 7 des cambriolages de logement (PDF 132)
Pour un même délit, avec les mêmes antécédents, le même âge et le même sexe, un étranger a 5 points de plus de risque qu'un Français d'être condamné à de la prison ferme, et sa peine est plus longue de 22 jours en moyenne (calcul des chercheurs à partir du casier judiciaire national). CEPII CEPII · avril 2023 Immigration et délinquance : réalités et perceptions (La Lettre du CEPII n° 436), Arnaud Philippe et Jérôme Valette page 3, et graphique 2 (chercher « 22 jours »)
Pourquoi « faux » ? Parce que la grande majorité des délits enregistrés sont imputés à des Français. En 2024, sur 100 personnes mises en cause par la police et la gendarmerie, 19 sont étrangères et 81 françaises (notre calcul). En 2025, pour les homicides, 82 sur 100 sont françaises ; pour les violences sexuelles, 87 sur 100. Expulser tous les étrangers mis en cause toucherait donc, au mieux, 19 mis en cause sur 100.
Ce chiffre demande en plus des précautions. Il compte des personnes soupçonnées, pas des condamnés. La nationalité déclarée n'est pas toujours vérifiée. Et les contrôles ne touchent pas tout le monde de la même façon : selon le Défenseur des droits, en 2024, les jeunes hommes perçus comme noirs, arabes ou maghrébins ont 4 fois plus de risque d'être contrôlés, qu'ils soient français ou étrangers. Et à délit égal, avec les mêmes antécédents, un étranger a 5 points de plus de risque d'être condamné à de la prison ferme, ce qui pèse sur le nombre de détenus étrangers. Être perçu comme étranger n'est pas être étranger, et aucune statistique ne dit quelle part de l'écart vient de là. La fiche sur les étrangers et la délinquance détaille tous ces biais.
Ensuite, renvoyer n'est pas un simple acte de volonté. Il faut que le pays d'origine reconnaisse la personne et accepte de la reprendre, et, si elle n'a pas de passeport, qu'il délivre un laissez-passer : en 2025, la France a obtenu à temps 55,1 % des laissez-passer demandés. Entre 2019 et 2022, 45 OQTF sur 100 fondées sur une condamnation pénale ont abouti. Depuis août 2022, ces personnes sont la priorité des éloignements.
Enfin, la délinquance enregistrée est surtout le fait d'hommes jeunes, quelle que soit leur nationalité : en 2024, 85 mis en cause sur 100 sont des hommes (notre calcul), 63 sur 100 ont moins de 35 ans. Les études qui mesurent l'effet de l'arrivée d'immigrés sur la délinquance d'un territoire, au Royaume-Uni, en Italie ou aux États-Unis, ne trouvent pas d'effet une fois pris en compte les quartiers où ils s'installent. Ces études ne portent pas sur la France.
Notre calcul. Part des Français parmi l'ensemble des mis en cause en 2024 : 100 − 19 = 81. Le calcul tient parce que le ministère de l'Intérieur ne relève pratiquement aucune nationalité « non renseignée » parmi les mis en cause (0 % dans les tableaux de son bilan 2025). Les parts par infraction de 2025 sont publiées directement par le ministère. Hommes : 100 − 15 = 85. Détenus : 100 − 24,2 = 75,8, soit environ trois sur quatre.
Au 1er avril 2026 (notre calcul à partir de 24,2 % d'étrangers). Trois détenus sur quatre sont français.
Source Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice) Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice) · juin 2026 Réponse du garde des Sceaux à la question écrite n° 13629 de M. Antoine Valentin texte de la réponse, publiée au JO le 30 juin 2026 (chercher « 24,2 % »)
Imaginez 100 personnes mises en cause par la police ou la gendarmerie en 2024 pour un crime ou un délit. Si toutes celles qui sont étrangères quittaient la France, il en resterait 81 (notre calcul). En 2025, sur 100 personnes mises en cause pour homicide, il en resterait 82.
Pensez aussi aux victimes. En 2024, 11 victimes de crimes ou délits enregistrés sur 100 étaient étrangères. Pour la victime d'un auteur français, qu'elle soit française ou étrangère, une politique qui vise seulement les auteurs étrangers ne change rien.
À votre avis, si l'objectif est qu'il y ait moins de délits près de chez vous, vaut-il mieux viser seulement les 19 mis en cause sur 100 qui sont étrangers, ou tous les auteurs ?
- Les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2024 (Interstats Info Rapide n° 49), SSMSI, ministère de l'Intérieur, mars 2025. page 7, paragraphe sur la nationalité des mis en cause (chercher « 19 % de l'ensemble ») et note de lecture de la figure 6 (chercher « 8 % respectivement ») ; page 7, paragraphe « Les caractéristiques démographiques des mis en cause » (chercher « (15 %) » et « 32 ans ») ; page 6, paragraphe sur les victimes (chercher « 11 % parmi l'ensemble des victimes »).
- L'essentiel sur… les immigrés et les étrangers, INSEE, juin 2026. question 1 « Combien y a-t-il d'immigrés ou d'étrangers en France ? » (chercher « 6,3 millions »).
- Réponse du ministre de l'Intérieur à la question écrite n° 9474 de Mme Hélène Laporte, Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur), décembre 2025. texte de la réponse, publiée au JO le 2 décembre 2025, dernière phrase (chercher « 48 % »).
- Réponse du garde des Sceaux à la question écrite n° 13629 de M. Antoine Valentin, Assemblée nationale (réponse du ministère de la Justice), juin 2026. texte de la réponse, publiée au JO le 30 juin 2026 (chercher « 24,2 % ») ; texte de la réponse, publiée au JO le 30 juin 2026 (chercher « 1 500 en 2025 » puis « doublé »).
- Enquête sur l'accès aux droits, 2e édition, volume 1 : Relations police / population, contrôles d'identité et dépôts de plainte, Défenseur des droits, juin 2025. page 4, « Principaux résultats » (chercher « 4 fois ») ; page 15 (chercher « 39 % ») ; page 16 (chercher « 20 fois »).
- Auteurs selon la nationalité (Sécurité et société, Insee Références, édition 2021), INSEE, décembre 2021. premier paragraphe et encadré d'avertissement (chercher « 82 % » et « précaution »).
- La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), Cour des comptes, janvier 2024. page 15 (chercher « pertinente ») ; page 79 (chercher « 6 582 ») ; page 100, tableau n° 7, lignes « Menace à l'ordre public » et « Condamnation pénale » (dernière colonne : taux d'éloignement).
- Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA), Ministère de l'Intérieur, direction générale des étrangers en France, octobre 2026. page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne) ; pages 58 et 59, partie « La police du séjour » (chercher « 5 752 » puis « 3 082 »).
- Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes étrangères en situation irrégulière » (document des rapporteurs), Assemblée nationale, commission des lois, juin 2025. page 3, point 4° (chercher « 30 % des LPC ») ; page 7 (chercher « dernier maillon »).
- Immigration et délinquance : réalités et perceptions (La Lettre du CEPII n° 436), Arnaud Philippe et Jérôme Valette, CEPII, avril 2023. page 1, partie « Délinquance : l'immigration n'en est pas la cause » (chercher « unanimement ») et note 4 ; page 3, et graphique 2 (chercher « 22 jours »).
- Mesurer et comprendre les déterminants de la récidive des sortants de prison (Infostat Justice n° 183), Ministère de la Justice (SDSE), juillet 2021. page 1, résumé (chercher « 23 % contre 33 % ») ; page 7 ou 8, partie sur le modèle (chercher « 12,2 points »).
- La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), Cour des comptes, janvier 2024. page 17, « Récapitulatif des recommandations », recommandations 4, 5 et 7.
- Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026), SSMSI, ministère de l'Intérieur, juillet 2026. page 18 du rapport (page 19 du PDF), synthèse (chercher « 36 % pour les cam ») ; page 83 (PDF 84), figure 10 « Nombre de mis en cause pour homicide en 2025 », lignes « Français » et « Non renseignée » ; page 84 (PDF 85) ; page 100 (PDF 101) ; figure 9 des violences sexuelles (PDF 109) ; vols avec armes (PDF 116) ; figure 7 des vols violents sans arme (PDF 121) ; figure 7 des cambriolages de logement (PDF 132).
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Réponses tirées de fiches vérifiées. La source est sous chaque phrase.