Les OQTF sont-elles vraiment appliquées en France ?
Les OQTF ne sont jamais appliquées.
Qui dit ça ? 7 déclarations
Cette idée est défendue publiquement. Mot pour mot :
-
« Le bilan est implacable : sur 130 000 OQTF délivrées en 2024, seules 15 000 ont été exécutées, soit une sur dix. Neuf fois sur dix, ces obligations sont ignorées, leurs destinataires laissés dans la nature, comme si la loi n'était qu'un paillasson, comme si la République s'excusait d'exister. »
Julien Odoul, député, groupe Rassemblement national. Assemblée nationale, 1re séance du 11 juin 2025, débat sur les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous OQTF (compte rendu, p. 6095), le 11 juin 2025. Source ↗
Ses chiffres (130 000 OQTF, 15 000 exécutées en 2024) sont ceux de la note de la commission des lois publiée pour ce débat. Source primaire : compte rendu officiel de la séance.
-
« L'OQTF est aujourd'hui une fiction. Ce qui devait être un instrument de souveraineté est devenu le symbole d'un mensonge politique, que nous nous répétons à nous-mêmes à chaque fois que nous prononçons ces quatre lettres. »
Matthieu Bloch, député, groupe Union des droites pour la République (UDR). Assemblée nationale, 1re séance du 11 juin 2025, débat sur les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous OQTF (compte rendu, p. 6094), le 11 juin 2025. Source ↗
Il précise dans la même intervention : « Je ne suis pas venu ici avec des chiffres ».
-
« Je le dis d'emblée : dans sa forme actuelle, cette politique est inefficace et sans résultats depuis des décennies […] Les chiffres sont clairs : moins d'une OQTF sur dix est effectivement exécutée. »
Sophie Ricourt Vaginay, députée UDR des Alpes-de-Haute-Provence, rapporteure de la commission des lois sur l'exécution des OQTF. Assemblée nationale, 1re séance du 11 juin 2025, débat sur les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous OQTF (compte rendu, p. 6092), le 11 juin 2025. Source ↗
Juste après, elle ajoute : « Certes, des biais statistiques expliquent une partie des échecs rencontrés », avant de juger ces explications « très partielles ».
-
« Le taux d'éloignement, pourtant, n'augmente pas : seules 7 % des OQTF ont été exécutées en moyenne ces dernières années. À titre de comparaison, l'Allemagne réussit à exécuter 30 % des mesures d'éloignement qu'elle prononce, soit quatre fois plus que la France. »
Laurent Mazaury, député, groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (LIOT). Assemblée nationale, 1re séance du 11 juin 2025, débat sur les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous OQTF (compte rendu, p. 6097), le 11 juin 2025. Source ↗
Il ne cite pas de source. Le chiffre de 7 % est plus bas que ceux de la Cour des comptes (12 %) et de la commission des lois (environ 10 %).
-
« Enfin, 90 % des obligations ne sont pas exécutées. Cela veut dire qu'après avoir refusé une demande de titre de séjour, l'administration prend le temps d'envoyer une obligation de quitter le territoire français à des personnes dont elle sait pertinemment qu'elles ne partiront pas »
Paul Christophle, député, groupe Socialistes et apparentés. Assemblée nationale, 1re séance du 11 juin 2025, débat sur les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous OQTF (compte rendu, p. 6097), le 11 juin 2025. Source ↗
Il part du même constat chiffré que d'autres orateurs, mais en tire la conclusion inverse : il propose notamment d'élargir les voies légales de l'immigration et d'autoriser l'accès au travail sans condition de titre de séjour.
-
« le fameux taux d'exécution de 11,5 %, souvent cité pour dénoncer une prétendue inefficacité de l'action publique, ne tient pas compte des nombreuses OQTF non exécutoires, des étrangers concernés par plusieurs OQTF, des OQTF non notifiées »
Anne Bergantz, députée Les Démocrates des Yvelines, rapporteure de la commission des lois sur l'exécution des OQTF. Assemblée nationale, 1re séance du 11 juin 2025, débat sur les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous OQTF (compte rendu, p. 6093), le 11 juin 2025. Source ↗
Dans la même intervention, elle reconnaît que la politique d'éloignement « se heurte à des obstacles structurels depuis des années » et conclut : « nous devons faire mieux ».
-
« On dit qu'une OQTF sur dix est exécutée, mais il convient d'y ajouter les interdictions du territoire français, qui doivent également être exécutées, et d'en retrancher, par exemple, les OQTF que le juge abroge, celles qui ne sont pas notifiées, celles qui le sont à l'encontre d'une personne connue sous un alias […] et celles qu'on ne peut pas notifier parce que les gens ont disparu dans la nature. Le taux réel, comme vous l'avez indiqué, madame la rapporteure, est d'un peu plus de 21 %. »
Bruno Retailleau, ministre d'État, ministre de l'Intérieur. Assemblée nationale, 1re séance du 11 juin 2025, réponse du gouvernement dans le débat sur les OQTF (compte rendu, p. 6098), le 11 juin 2025. Source ↗
Le taux de « 21 % » ne figure ni dans la note de la commission des lois ni dans les interventions des rapporteures pendant ce débat, et nous ne l'avons retrouvé dans aucun document publié. Il ne figure donc pas dans les chiffres de cette fiche.
- Lecture de votre phrase
- Fiche vérifiée trouvée : « Les OQTF sont-elles vraiment appliquées en France ? »
- Sources de la fiche : Cour des comptes, Assemblée nationale, Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur), Eurostat…
Réponse vérifiée · 10 sources · données à jour : octobre 2026
En grande partie vrai
Pas « jamais » : 24 985 étrangers ont été éloignés en 2025, 62 % de plus qu'en 2022. Mais c'est vrai que c'est trop peu : en 2024, environ une OQTF sur dix a été exécutée, notamment parce que les pays d'origine ne délivrent pas toujours à temps les laissez-passer (55 sur 100 en 2025, 18 sur 100 pour l'Algérie). Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) +2 Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) · février 2026 Question orale n° 610 de Mme Bénédicte Auzanot, « OQTF Vaucluse », réponse en séance de la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne partie « Réponse en séance, et publiée le 18 février 2026 », chercher « 156 180 » Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » (rapporteurs A. Bergantz, É. Pauget, S. Ricourt Vaginay) page 1, premier paragraphe ; page 2, partie I.A Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) » ; page 68, tableau « Pays à fort enjeu en termes de coopération consulaire, en 2025 et 2024 », lignes « Algérie » et « Total tous Pays » (champ : France métropolitaine)
La part de vrai
La grande majorité des obligations de quitter le territoire ne sont pas appliquées. La Cour des comptes écrit en janvier 2024 que « seules 12 % des OQTF sont exécutées », et les députés comptent environ une sur dix en 2024. Cour des comptes +1 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, partie « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « 12 % » Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » (rapporteurs A. Bergantz, É. Pauget, S. Ricourt Vaginay) page 1, premier paragraphe ; page 2, partie I.A
Selon la Cour des comptes, en janvier 2024. Les députés de la commission des lois en comptent environ 10 sur 100 en 2024.
Source Cour des comptes +1 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, partie « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « 12 % » Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » (rapporteurs A. Bergantz, É. Pauget, S. Ricourt Vaginay) page 1, premier paragraphe ; page 2, partie I.A
« Jamais », en revanche, c'est faux. En 2025, 24 985 étrangers ont quitté la France après une mesure d'éloignement, pour 156 180 mesures prononcées la même année : environ 16 sur 100 (notre calcul). C'est 62 % de plus qu'en 2022. Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) · février 2026 Question orale n° 610 de Mme Bénédicte Auzanot, « OQTF Vaucluse », réponse en séance de la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne partie « Réponse en séance, et publiée le 18 février 2026 », chercher « 156 180 »
Sur ces départs de 2025, 15 569 ont été forcés, avec la police. Mais seuls 6 161 de ces renvois forcés sont allés vers un pays hors de l'Union européenne. Les autres concernaient des Européens, ou des personnes renvoyées vers un autre pays de l'Union. Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) · février 2026 Question orale n° 610 de Mme Bénédicte Auzanot, « OQTF Vaucluse », réponse en séance de la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne partie « Réponse en séance », chercher « 4 852 »
La France fait moins bien que la moyenne européenne : en 2025, on compte environ 14 départs pour 100 ordres de quitter la France prononcés la même année, contre environ 32 pour 100 dans l'Union (notre calcul, chiffres Eurostat). Mais la France prononce à elle seule 28 % des ordres de départ de toute l'Union, parce que la loi l'oblige à en prononcer un pour chaque séjour irrégulier : pour la rapporteure Anne Bergantz, la comparaison des taux est donc « inexacte ». En nombre de départs, la France est au deuxième rang de l'Union, derrière l'Allemagne. Eurostat +2 Eurostat · mai 2026 Enforcement of immigration legislation statistics (Statistics Explained) parties « Third-country nationals ordered to leave the EU » et « Returns of third-country nationals », chercher « 137 550 » et « 155 110 » Eurostat · septembre 2026 Third country nationals ordered to leave (migr_eiord) et Third country nationals returned following an order to leave (migr_eirtn), données annuelles arrondies tableaux migr_eirtn et migr_eiord, année 2025, lignes « France », « Allemagne » et « Union européenne (27 pays) », nationalité « Total », tous pays de destination ; mêmes valeurs par l'API : https://ec.europa.eu/eurostat/api/dissemination/statistics/1.0/data/migr_eirtn?format=JSON&lang=EN&time=2025&citizen=TOTAL&age=TOTAL&sex=T&c_dest=TOTAL (consulté le 29 octobre 2026) Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2, partie I.A, chercher « 60 000 en Allemagne »
Un des principaux blocages vient des pays d'origine. En 2025, seuls 55 laissez-passer sur 100 demandés aux consulats sont arrivés à temps, et 18 sur 100 pour l'Algérie (41,6 sur 100 en 2024). Sans ce document, on ne peut pas renvoyer quelqu'un dans son pays. Ministère de l'Intérieur +1 Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) » ; page 68, tableau « Pays à fort enjeu en termes de coopération consulaire, en 2025 et 2024 », lignes « Algérie » et « Total tous Pays » (champ : France métropolitaine) Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 3, point 4°, chercher « 30 % des LPC »
Quand la personne est placée en centre de rétention, 40 OQTF sur 100 sont exécutées, selon un rapport de députés de juin 2025. Mais il n'y avait qu'environ 2 000 places à cette date, pour environ 130 000 OQTF prononcées en 2024. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2, colonne de droite, chercher « 40 % » ; page 3, point 2°, chercher « 2 000 places » ; page 4, partie II.A, chercher « 90 jours »
Pourquoi la France prononce une OQTF à chaque séjour irrégulier
La loi l'impose, en accord avec la directive européenne « retour », et l'OQTF sert même quand le renvoi est peu probable : elle permet de signaler la personne au fichier des personnes recherchées, ce qui facilite son renvoi si elle est interpellée plus tard. Quant aux recours, quand le juge annule une OQTF sur le fond, c'est pour corriger une erreur d'une préfecture qui traite de très nombreux dossiers dans l'urgence. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2, partie I.A, chercher « directive » ; page 3, point 1°, chercher « fichier des personnes recherchées »
Si l'objectif est que les OQTF soient vraiment appliquées, voici ce que proposent la Cour des comptes et les députés de la commission des lois.
Choisissez une réponse pour voir ce qu'elle donnerait.
Efficace, mais cher 40 sur 100
En rétention, 4 OQTF sur 10 sont exécutées, quatre fois plus que la moyenne. Mais une journée coûte 602 € par personne, et il n'y avait qu'environ 2 000 places en juin 2025 (3 000 visées « d'ici à 2028 » selon le ministre de l'Intérieur). Assemblée nationale +1 Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2, colonne de droite, chercher « 40 % » ; page 3, point 2°, chercher « 2 000 places » ; page 4, partie II.A, chercher « 90 jours » Assemblée nationale · octobre 2025 Commission des lois de l'Assemblée nationale, compte rendu n° 4, audition de M. Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur séance du mardi 21 octobre 2025, propos liminaire du ministre, page 3, chercher « d'ici à 2028 »
Un verrou majeur 55 sur 100
En 2025, seuls 55 laissez-passer sur 100 sont arrivés à temps, 18 sur 100 pour l'Algérie. La Cour des comptes propose de centraliser les demandes, les députés demandent des accords de réadmission et une évaluation de la pression par les visas. Ministère de l'Intérieur +2 Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) » ; page 68, tableau « Pays à fort enjeu en termes de coopération consulaire, en 2025 et 2024 », lignes « Algérie » et « Total tous Pays » (champ : France métropolitaine) Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, parties « Des administrations et des juridictions sous pression » et « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « simplification du contentieux », « centralisation » et « retard notable » Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 5, partie II.C, chercher « centraliser » et « levier diplomatique des visas » ; page 7, chercher « dernier maillon »
Le moins cher 1 120 € au lieu de 4 414 €
Selon la Cour des comptes, un retour aidé a coûté en moyenne 1 120 €, quatre fois moins qu'un éloignement forcé (4 414 €, un coût qu'elle juge sous-estimé). Depuis que l'aide a presque doublé fin 2023, les retours aidés ont augmenté de 62 % en un an. Cour des comptes +1 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15 (synthèse), chercher « plus attractif » ; page 108, partie « Un complément utile et peu coûteux à l'éloignement forcé », chercher « 1 120 € » ; page 116, chercher « sous-estimé » (il s'agit du coût de 4 414 € par éloignement forcé, calculé sur 2022 : 50,3 M€ pour 11 409 éloignements) Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, colonne de gauche, chercher « de 650 à 1 200 € » ; colonne de droite, chercher « 4 581 »
Effet incertain
Plusieurs délits existent déjà : maintien irrégulier en France, refus de donner ses empreintes, fuite pendant la rétention. Selon la commission des lois, leurs effets sont « incertains ». Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 3, point 3°, chercher « aux effets incertains »
Les députés de la commission des lois proposent d'agir sur plusieurs maillons à la fois : rétention, laissez-passer, aide au retour et moyens de l'administration.
- 55 laissez-passer sur 100 en 2025
Obtenir plus de laissez-passer des pays d'origine
C'est un verrou majeur : en 2025, seuls 55 laissez-passer sur 100 sont arrivés à temps, 18 sur 100 pour l'Algérie. La Cour des comptes propose de centraliser toutes les demandes dans un service spécialisé, et les députés l'approuvent. Ils demandent aussi plus de pression sur les pays les moins coopératifs, des accords de réadmission, et d'évaluer l'usage des visas comme moyen de pression. Ministère de l'Intérieur +2 Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) » ; page 68, tableau « Pays à fort enjeu en termes de coopération consulaire, en 2025 et 2024 », lignes « Algérie » et « Total tous Pays » (champ : France métropolitaine) Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, parties « Des administrations et des juridictions sous pression » et « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « simplification du contentieux », « centralisation » et « retard notable » Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 5, partie II.C, chercher « centraliser » et « levier diplomatique des visas » ; page 7, chercher « dernier maillon »
- 1 120 € au lieu de 4 414 €
Développer l'aide au retour volontaire
Selon la Cour des comptes, c'est « le moyen le plus efficace et le moins coûteux » d'obtenir un départ. En moyenne, de 2017 à 2022, un retour aidé a coûté 1 120 €, quatre fois moins qu'un éloignement forcé (4 414 €), un coût que la Cour juge même sous-estimé ; des députés l'estimaient à environ 14 000 € en 2019. Depuis que l'aide a presque doublé fin 2023 (de 650 à 1 200 €), les retours aidés ont augmenté de 62 % en un an. Et elle évite d'attendre le laissez-passer du consulat. Cour des comptes +2 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15 (synthèse), chercher « plus attractif » ; page 108, partie « Un complément utile et peu coûteux à l'éloignement forcé », chercher « 1 120 € » ; page 116, chercher « sous-estimé » (il s'agit du coût de 4 414 € par éloignement forcé, calculé sur 2022 : 50,3 M€ pour 11 409 éloignements) Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, haut de la colonne de gauche, chercher « 14 000 » (notes 22 et 23 : Cour des comptes, avril 2020, p. 24 ; rapport annexé au projet de loi de règlement de 2018) Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, parties « Des administrations et des juridictions sous pression » et « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « simplification du contentieux », « centralisation » et « retard notable »
- 40 OQTF sur 100 exécutées en rétention
Plus de places en centre de rétention
Quand la personne est retenue, 4 OQTF sur 10 sont exécutées, quatre fois plus que la moyenne. Il y avait environ 2 000 places en juin 2025 : l'État visait 3 000 places en 2027, objectif repoussé « d'ici à 2028 » selon le ministre de l'Intérieur en octobre 2025, et les rapporteurs suggèrent de viser 5 000. Depuis une loi validée en juillet 2026, la rétention peut aussi durer jusqu'à 180, voire 210 jours pour des étrangers condamnés pour des crimes ou délits graves et jugés très dangereux. C'est efficace, mais cher : une journée de rétention coûte 602 € par personne selon la Cour des comptes. Assemblée nationale +2 Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2, colonne de droite, chercher « 40 % » ; page 3, point 2°, chercher « 2 000 places » ; page 4, partie II.A, chercher « 90 jours » Assemblée nationale · octobre 2025 Commission des lois de l'Assemblée nationale, compte rendu n° 4, audition de M. Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur séance du mardi 21 octobre 2025, propos liminaire du ministre, page 3, chercher « d'ici à 2028 » Conseil constitutionnel · juillet 2026 Décision n° 2026-906 DC du 23 juillet 2026, Loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat paragraphes 125 à 133 (article 9 de la loi), chercher « deux cent dix jours »
Ce qui rapporterait peu
Punir plus durement ceux qui refusent de partir a des effets incertains, selon la commission des lois : plusieurs délits existent déjà (maintien irrégulier, refus de donner ses empreintes, fuite pendant la rétention). Un verrou majeur reste le laissez-passer du pays d'origine : en 2025, seuls 55 sur 100 sont arrivés à temps. Assemblée nationale +1 Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 3, point 3°, chercher « aux effets incertains » Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) » ; page 68, tableau « Pays à fort enjeu en termes de coopération consulaire, en 2025 et 2024 », lignes « Algérie » et « Total tous Pays » (champ : France métropolitaine)
Notre calcul à partir d'Eurostat : départs de l'année divisés par les ordres de la même année. La France prononce à elle seule 28 % de tous les ordres de départ de l'Union, parce que sa loi en impose un à chaque séjour irrégulier : la comparaison des taux est donc fragile.
Source Eurostat +2 Eurostat · septembre 2026 Third country nationals ordered to leave (migr_eiord) et Third country nationals returned following an order to leave (migr_eirtn), données annuelles arrondies tableaux migr_eirtn et migr_eiord, année 2025, lignes « France », « Allemagne » et « Union européenne (27 pays) », nationalité « Total », tous pays de destination ; mêmes valeurs par l'API : https://ec.europa.eu/eurostat/api/dissemination/statistics/1.0/data/migr_eirtn?format=JSON&lang=EN&time=2025&citizen=TOTAL&age=TOTAL&sex=T&c_dest=TOTAL (consulté le 29 octobre 2026) Eurostat · mai 2026 Enforcement of immigration legislation statistics (Statistics Explained) parties « Third-country nationals ordered to leave the EU » et « Returns of third-country nationals », chercher « 137 550 » et « 155 110 » Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2, partie I.A, chercher « 60 000 en Allemagne »
Selon la Cour des comptes (janvier 2024), seules 12 % des OQTF sont exécutées. Elle ajoute qu'il paraît impossible d'éloigner toutes les personnes visées par une OQTF. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, partie « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « 12 % »
Entre 2019 et 2022, la France a prononcé 447 257 OQTF. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, chercher « 447 257 »
Entre 20 et 30 % des étrangers à éloigner ne sont pas identifiés avec certitude, ce qui empêche leur renvoi. Depuis août 2022, le ministère de l'Intérieur concentre ses efforts sur les personnes qui troublent l'ordre public. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, chercher « entre 20 et 30 % » et « août 2022 »
La lutte contre l'immigration irrégulière coûte directement environ 1,8 milliard d'euros par an et mobilise près de 16 000 agents à temps plein (Cour des comptes, 2024). Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, partie « Des moyens importants, une cohérence à construire », chercher « 1,8 Md€ »
En 2024, environ une OQTF sur dix a été exécutée : de l'ordre de 15 000 sur 130 000. Selon la commission des lois de l'Assemblée, ce taux est « structurellement bas » et tourne autour de 10 % depuis plusieurs années. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » (rapporteurs A. Bergantz, É. Pauget, S. Ricourt Vaginay) page 1, premier paragraphe ; page 2, partie I.A
La France prononce beaucoup plus d'OQTF que ses voisins : environ 130 000 par an, contre 60 000 en Allemagne, 50 000 en Espagne et 30 000 en Italie. C'est parce que la loi française impose d'en délivrer une à chaque séjour irrégulier, même quand le renvoi est peu probable. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2, partie I.A, chercher « 60 000 en Allemagne »
En 2023, 18 % des OQTF ont été annulées par le tribunal administratif en première instance. Les recours contre les OQTF représentent plus de 40 % des affaires traitées chaque année par ces tribunaux. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 4, point 5°, chercher « 18% » et « 40% »
Selon la note de la commission des lois (juin 2025), en 2023, seuls 30 % des laissez-passer consulaires demandés par les préfectures ont été délivrés à temps par les pays d'origine, et 10 % pour l'Algérie. Le ministère de l'Intérieur, qui rapporte les laissez-passer obtenus aux demandes instruites par les consulats, publie un taux de 47,6 % pour 2023. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 3, point 4°, chercher « 30 % des LPC »
Quand l'étranger est placé en centre de rétention administrative, 40 % des OQTF sont exécutées. En juin 2025, ces centres comptaient environ 2 000 places, la rétention durait au plus 90 jours en règle générale (210 jours en cas de condamnation pour terrorisme), et 90 % des personnes qui y étaient placées étaient connues pour troubles à l'ordre public ou radicalisation. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2, colonne de droite, chercher « 40 % » ; page 3, point 2°, chercher « 2 000 places » ; page 4, partie II.A, chercher « 90 jours »
Entre 2019 et 2023, seuls 18 % des étrangers assignés à résidence, c'est-à-dire laissés libres avec obligation de pointer, ont quitté la France. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 3, point 2°, chercher « assignés à résidence »
En 2025, 156 180 mesures d'éloignement ont été prononcées en France et 24 985 ont été exécutées, contre 15 400 en 2022 : une hausse de plus de 62 %. Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) · février 2026 Question orale n° 610 de Mme Bénédicte Auzanot, « OQTF Vaucluse », réponse en séance de la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne partie « Réponse en séance, et publiée le 18 février 2026 », chercher « 156 180 »
Sur les 24 985 éloignements de 2025, 4 852 sont des départs spontanés, 4 564 des départs aidés (avec une aide au retour) et 15 569 des éloignements forcés. Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) · février 2026 Question orale n° 610 de Mme Bénédicte Auzanot, « OQTF Vaucluse », réponse en séance de la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne partie « Réponse en séance », chercher « 4 852 »
Les 15 569 éloignements forcés de 2025 se répartissent ainsi (la somme des trois chiffres donne bien 15 569) : 2 485 concernent des citoyens de l'Union européenne, 6 923 des étrangers renvoyés vers un autre pays de l'Union (accords de Schengen ou règlement de Dublin), et 6 161 des étrangers renvoyés vers un pays hors de l'Union. Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur) · février 2026 Question orale n° 610 de Mme Bénédicte Auzanot, « OQTF Vaucluse », réponse en séance de la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne partie « Réponse en séance », dernier paragraphe, chercher « 6 161 »
En 2025, 491 950 ordres de quitter le territoire ont été prononcés dans l'Union européenne, dont 137 550 par la France, soit 28,0 % du total, le chiffre le plus élevé de l'Union. La même année, 155 110 étrangers sont repartis après un tel ordre dans l'ensemble de l'Union. Eurostat Eurostat · mai 2026 Enforcement of immigration legislation statistics (Statistics Explained) parties « Third-country nationals ordered to leave the EU » et « Returns of third-country nationals », chercher « 137 550 » et « 155 110 »
Dans la base de données d'Eurostat (mise à jour en septembre 2026), la France compte 137 550 ordres de quitter le territoire et 18 930 retours effectifs en 2025, soit environ 14 retours pour 100 ordres la même année (notre calcul). Pour l'ensemble de l'Union : 486 705 ordres et 156 000 retours, soit environ 32 pour 100 (notre calcul). Les retours d'une année ne correspondent pas forcément aux ordres de la même année. En nombre de retours, la France est au deuxième rang de l'Union en 2025, derrière l'Allemagne (36 075). Eurostat Eurostat · septembre 2026 Third country nationals ordered to leave (migr_eiord) et Third country nationals returned following an order to leave (migr_eirtn), données annuelles arrondies tableaux migr_eirtn et migr_eiord, année 2025, lignes « France », « Allemagne » et « Union européenne (27 pays) », nationalité « Total », tous pays de destination ; mêmes valeurs par l'API : https://ec.europa.eu/eurostat/api/dissemination/statistics/1.0/data/migr_eirtn?format=JSON&lang=EN&time=2025&citizen=TOTAL&age=TOTAL&sex=T&c_dest=TOTAL (consulté le 29 octobre 2026)
Selon la Commission européenne (mars 2025), environ 20 % des personnes qui reçoivent l'ordre de quitter un pays de l'Union repartent effectivement. Le chiffre diffère du calcul précédent parce que la méthode n'est pas la même. Commission européenne Commission européenne · mars 2025 Migration: Commission proposes new European approach for returns chercher « 20 percent » dans la page
Le taux d'exécution est en partie trompeur : une même personne peut recevoir plusieurs OQTF, certaines sont annulées ou abrogées, et les départs spontanés que l'administration ne voit pas ne sont pas comptés. Mais même en corrigeant ces biais, beaucoup d'OQTF qui pourraient être appliquées restent sans effet. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2, liste sous « Ce taux d'exécution est cependant trompeur » ; page 3, début de la partie I.B
La loi française impose de délivrer une OQTF à chaque séjour irrégulier, même quand le renvoi est peu probable, ce qui est conforme à la directive européenne « retour ». Selon la commission des lois, l'OQTF reste utile dans ce cas : elle montre que l'État ne tolère pas le séjour irrégulier, elle permet de signaler la personne au fichier des personnes recherchées et elle facilite son renvoi si elle est interpellée plus tard. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2, partie I.A, chercher « directive » ; page 3, point 1°, chercher « fichier des personnes recherchées »
Selon la commission des lois, quand un tribunal annule une OQTF sur le fond, c'est pour corriger une erreur d'appréciation de la préfecture, qui traite de très nombreux dossiers dans l'urgence. Certaines annulations viennent aussi de vices de procédure, liés à la complexité du droit des étrangers. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 4, point 5°, chercher « légitimement corriger »
Pour obtenir plus de laissez-passer consulaires, les rapporteurs de la commission des lois demandent plus de pression sur les pays les moins coopératifs, des accords de réadmission avec les pays de départ et de transit, et une évaluation de l'usage des visas comme moyen de pression. Ils soutiennent la proposition de la Cour des comptes de centraliser les demandes dans un service spécialisé. Sans laissez-passer, l'éloignement reste impossible. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 5, partie II.C, chercher « centraliser » et « levier diplomatique des visas » ; page 7, chercher « dernier maillon »
La Cour des comptes recommande de centraliser les demandes de laissez-passer consulaires, de renforcer les effectifs des préfectures chargés des étrangers, de simplifier le contentieux et de développer l'aide au retour volontaire, sur laquelle la France a un « retard notable » par rapport à ses voisins. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, parties « Des administrations et des juridictions sous pression » et « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « simplification du contentieux », « centralisation » et « retard notable »
Selon la Cour des comptes (avril 2020), les départs aidés sont « le moyen le plus efficace et le moins coûteux » d'obtenir un départ. En 2019, les députés Jean-Noël Barrot et Alexandre Holroyd estimaient le coût d'un éloignement forcé à environ 14 000 €, plus de quatre fois celui d'un retour aidé (environ 3 000 €). Ces deux chiffres sont cités par la commission des lois en juin 2025. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, haut de la colonne de gauche, chercher « 14 000 » (notes 22 et 23 : Cour des comptes, avril 2020, p. 24 ; rapport annexé au projet de loi de règlement de 2018)
Fin 2023, l'aide au retour volontaire a presque doublé, de 650 à 1 200 €. Les retours aidés sont passés de 2 832 en 2023 à 4 581 en 2024, soit 62 % de plus en un an. Cette aide évite aussi l'obstacle des laissez-passer consulaires. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, colonne de gauche, chercher « de 650 à 1 200 € » ; colonne de droite, chercher « 4 581 »
En centre de rétention, le taux d'exécution des OQTF (40 %) est quatre fois le taux général. Une journée de rétention coûte 602 € par personne selon la Cour des comptes. En juin 2025, les places devaient passer d'environ 2 000 à 3 000 en 2027, selon le rapport annexé à la loi de programmation du ministère de l'Intérieur, et les rapporteurs suggéraient de viser 5 000. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 4, note 16 en bas de colonne (« 602 € »), partie II.A (« Malgré son coût financier », « 3 000 en 2027 »), note 17 (« quatre fois »)
Plusieurs délits punissent déjà ceux qui font obstacle à leur éloignement (maintien irrégulier en France, refus de donner ses empreintes, fuite pendant la rétention…). Selon la commission des lois, cette répression pénale a des effets « incertains ». Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 3, point 3°, chercher « aux effets incertains »
Les rapporteurs de la commission des lois appellent à de nouvelles réformes, notamment sur la rétention, les moyens matériels, les laissez-passer consulaires et les retours aidés. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 1, encadré bleu, chercher « réformes ambitieuses »
Selon la Cour des comptes (janvier 2024), entre 2017 et 2022, un retour volontaire aidé a coûté en moyenne 1 120 € (aide et transport compris), quatre fois moins qu'un éloignement forcé, estimé à 4 414 €. La Cour précise que ce coût de l'éloignement forcé est sous-estimé. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15 (synthèse), chercher « plus attractif » ; page 108, partie « Un complément utile et peu coûteux à l'éloignement forcé », chercher « 1 120 € » ; page 116, chercher « sous-estimé » (il s'agit du coût de 4 414 € par éloignement forcé, calculé sur 2022 : 50,3 M€ pour 11 409 éloignements)
Une loi votée en 2026, validée par le Conseil constitutionnel le 23 juillet 2026, étend à de nouveaux cas la possibilité de garder un étranger en rétention au-delà de 90 jours, jusqu'à 180, voire 210 jours. Ces cas sont limités aux étrangers définitivement condamnés pour certains crimes ou délits graves contre les personnes (punis d'au moins cinq ans de prison), dont la présence représente une menace réelle, actuelle et d'une particulière gravité pour l'ordre public. Chaque prolongation doit être autorisée par un juge. Conseil constitutionnel Conseil constitutionnel · juillet 2026 Décision n° 2026-906 DC du 23 juillet 2026, Loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat paragraphes 125 à 133 (article 9 de la loi), chercher « deux cent dix jours »
En octobre 2025, le ministre de l'Intérieur annonçait la création de 3 000 places en centre de rétention « d'ici à 2028 », et non plus en 2027 comme prévu par la loi de programmation. Assemblée nationale Assemblée nationale · octobre 2025 Commission des lois de l'Assemblée nationale, compte rendu n° 4, audition de M. Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur séance du mardi 21 octobre 2025, propos liminaire du ministre, page 3, chercher « d'ici à 2028 »
Pour la rapporteure Anne Bergantz (commission des lois, juin 2025), le taux d'exécution calculé en divisant les éloignements par les OQTF prononcées est biaisé, et cette méthode rend « inexacte » toute comparaison avec les autres pays européens, qui ne délivrent pas les OQTF selon la même règle. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, colonne de droite, paragraphe « Madame Bergantz estime », chercher « inexacte »
Selon le rapport au Parlement du ministère de l'Intérieur (septembre 2026), 55,1 % des laissez-passer consulaires demandés et instruits par les consulats ont été obtenus dans les délais en 2025 (47,6 % en 2023, 56,3 % en 2024), pour 7 261 demandes. Pour l'Algérie, ce taux est tombé de 41,6 % en 2024 à 18,0 % en 2025. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) » ; page 68, tableau « Pays à fort enjeu en termes de coopération consulaire, en 2025 et 2024 », lignes « Algérie » et « Total tous Pays » (champ : France métropolitaine)
En 2025, selon le ministère de l'Intérieur (pour 2023, la commission des lois comptait 30 sur 100). Sans ce document du pays d'origine, le renvoi est impossible.
Source Ministère de l'Intérieur +1 Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) » ; page 68, tableau « Pays à fort enjeu en termes de coopération consulaire, en 2025 et 2024 », lignes « Algérie » et « Total tous Pays » (champ : France métropolitaine) Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 3, point 4°, chercher « 30 % des LPC »
Le « taux d'exécution » divise le nombre de départs par le nombre d'OQTF prononcées la même année. Les deux côtés posent problème. En haut, des départs ne sont pas comptés : ceux des personnes parties seules sans le signaler. En bas, on compte des OQTF qui ne pourront jamais être appliquées : annulées par un juge (18 % en 2023), ou plusieurs OQTF pour la même personne. Et la France en prononce beaucoup plus que ses voisins, parce que sa loi l'oblige à en délivrer une à chaque séjour irrégulier.
Cela n'efface pas le problème. La commission des lois le dit elle-même : même après correction, un grand nombre d'OQTF applicables restent sans effet. Et sur les 15 569 renvois forcés de 2025, seuls 6 161 sont allés vers un pays hors de l'Union européenne.
Les blocages sont connus et se suivent comme une chaîne. Il faut d'abord retrouver la personne, puis prouver sa nationalité (20 à 30 % ne sont pas identifiés avec certitude), puis obtenir de son pays un laissez-passer (55 sur 100 seulement arrivaient à temps en 2025), tout en la gardant disponible (environ 2 000 places en rétention en juin 2025), et sans que le juge annule la procédure. Si un seul maillon casse, le renvoi n'a pas lieu. Là où la chaîne est tenue, en centre de rétention, 40 OQTF sur 100 sont exécutées.
La rétention garde la personne disponible le temps d'obtenir le laissez-passer. Mais il n'y avait qu'environ 2 000 places en juin 2025.
Mettez-vous à la place d'un préfet. Vous avez prononcé l'OQTF, la police a retrouvé la personne, l'avion est réservé. Mais son pays ne répond pas à votre demande de laissez-passer, ou répond qu'il n'est pas sûr qu'elle soit bien de chez lui. Sans ce papier, aucune compagnie ne l'embarque et aucun pays ne l'accepte à l'arrivée. Au bout de 90 jours de rétention, le maximum légal dans la plupart des cas, vous devez la relâcher.
Vous êtes en colère, et vous avez raison de l'être : la décision était juste et elle n'est pas appliquée. Mais vous voyez aussi où se trouve le vrai verrou. Ce n'est pas seulement la volonté de la France : c'est aussi l'accord du pays d'en face, et le nombre de places pour garder les personnes le temps de l'obtenir.
À votre avis, qu'est-ce qui ferait le plus bouger les chiffres : plus de places en rétention, ou plus de pression sur les pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants ?
- La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), Cour des comptes, janvier 2024. page de synthèse, partie « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « 12 % » ; page de synthèse, chercher « 447 257 » ; page de synthèse, chercher « entre 20 et 30 % » et « août 2022 » ; page de synthèse, partie « Des moyens importants, une cohérence à construire », chercher « 1,8 Md€ » ; page de synthèse, parties « Des administrations et des juridictions sous pression » et « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « simplification du contentieux », « centralisation » et « retard notable ».
- Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » (rapporteurs A. Bergantz, É. Pauget, S. Ricourt Vaginay), Assemblée nationale, commission des lois, juin 2025. page 1, premier paragraphe ; page 2, partie I.A ; page 2, partie I.A, chercher « 60 000 en Allemagne » ; page 4, point 5°, chercher « 18% » et « 40% » ; page 3, point 4°, chercher « 30 % des LPC » ; page 2, colonne de droite, chercher « 40 % » ; page 3, point 2°, chercher « 2 000 places » ; page 4, partie II.A, chercher « 90 jours » ; page 3, point 2°, chercher « assignés à résidence » ; page 2, liste sous « Ce taux d'exécution est cependant trompeur » ; page 3, début de la partie I.B ; page 2, partie I.A, chercher « directive » ; page 3, point 1°, chercher « fichier des personnes recherchées » ; page 4, point 5°, chercher « légitimement corriger » ; page 5, partie II.C, chercher « centraliser » et « levier diplomatique des visas » ; page 7, chercher « dernier maillon » ; page 6, haut de la colonne de gauche, chercher « 14 000 » (notes 22 et 23 : Cour des comptes, avril 2020, p. 24 ; rapport annexé au projet de loi de règlement de 2018) ; page 6, colonne de gauche, chercher « de 650 à 1 200 € » ; colonne de droite, chercher « 4 581 » ; page 4, note 16 en bas de colonne (« 602 € »), partie II.A (« Malgré son coût financier », « 3 000 en 2027 »), note 17 (« quatre fois ») ; page 3, point 3°, chercher « aux effets incertains » ; page 1, encadré bleu, chercher « réformes ambitieuses » ; page 6, colonne de droite, paragraphe « Madame Bergantz estime », chercher « inexacte ».
- Question orale n° 610 de Mme Bénédicte Auzanot, « OQTF Vaucluse », réponse en séance de la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne, Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Intérieur), février 2026. partie « Réponse en séance, et publiée le 18 février 2026 », chercher « 156 180 » ; partie « Réponse en séance », chercher « 4 852 » ; partie « Réponse en séance », dernier paragraphe, chercher « 6 161 ».
- Enforcement of immigration legislation statistics (Statistics Explained), Eurostat, mai 2026. parties « Third-country nationals ordered to leave the EU » et « Returns of third-country nationals », chercher « 137 550 » et « 155 110 ».
- Third country nationals ordered to leave (migr_eiord) et Third country nationals returned following an order to leave (migr_eirtn), données annuelles arrondies, Eurostat, septembre 2026. tableaux migr_eirtn et migr_eiord, année 2025, lignes « France », « Allemagne » et « Union européenne (27 pays) », nationalité « Total », tous pays de destination ; mêmes valeurs par l'API : https://ec.europa.eu/eurostat/api/dissemination/statistics/1.0/data/migr_eirtn?format=JSON&lang=EN&time=2025&citizen=TOTAL&age=TOTAL&sex=T&c_dest=TOTAL (consulté le 29 octobre 2026).
- Migration: Commission proposes new European approach for returns, Commission européenne, mars 2025. chercher « 20 percent » dans la page.
- La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), Cour des comptes, janvier 2024. page 15 (synthèse), chercher « plus attractif » ; page 108, partie « Un complément utile et peu coûteux à l'éloignement forcé », chercher « 1 120 € » ; page 116, chercher « sous-estimé » (il s'agit du coût de 4 414 € par éloignement forcé, calculé sur 2022 : 50,3 M€ pour 11 409 éloignements).
- Décision n° 2026-906 DC du 23 juillet 2026, Loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat, Conseil constitutionnel, juillet 2026. paragraphes 125 à 133 (article 9 de la loi), chercher « deux cent dix jours ».
- Commission des lois de l'Assemblée nationale, compte rendu n° 4, audition de M. Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, Assemblée nationale, octobre 2025. séance du mardi 21 octobre 2025, propos liminaire du ministre, page 3, chercher « d'ici à 2028 ».
- Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement, Ministère de l'Intérieur, direction générale des étrangers en France, septembre 2026. page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) » ; page 68, tableau « Pays à fort enjeu en termes de coopération consulaire, en 2025 et 2024 », lignes « Algérie » et « Total tous Pays » (champ : France métropolitaine).
Une erreur ? Signalez-la, on corrige publiquement.
Sur le même sujet : « L'immigration coûte un pognon de dingue à la France. »
Réponses tirées de fiches vérifiées. La source est sous chaque phrase.