Que changerait la préférence nationale pour le logement social et les aides ?
Avec la préférence nationale, les logements sociaux et les aides iraient d'abord aux Français, et le problème serait réglé.
Qui dit ça ? 1 déclaration
Cette idée est défendue publiquement. Mot pour mot :
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« Il est grand temps de faire valoir le principe de priorité nationale dans l’attribution de logements sociaux. »
Frédéric Boccaletti, député du Var (Rassemblement national). Assemblée nationale, troisième séance du 6 février 2025, discussion générale de la proposition de loi visant à prioriser les travailleurs dans l'attribution de logements sociaux, le 6 février 2025. Source ↗
Il a annoncé un amendement, déposé avec des députés de son groupe (n° 15), pour privilégier dans l'attribution des HLM les foyers comptant au moins une personne de nationalité française. Cet amendement n'a jamais été examiné : le groupe auteur de la proposition de loi l'a retirée de l'ordre du jour le soir même. Le Conseil constitutionnel n'a donc pas jugé ce critère.
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- Sources de la fiche : Conseil constitutionnel, Sénat, Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS), Service-public.gouv.fr (Direction de l'information légale et administrative)…
Réponse vérifiée · 11 sources · données à jour : octobre 2026
Infaisable tel quel
Non : la préférence nationale ne créerait aucun logement social, et pour les aides, le Conseil constitutionnel a déjà censuré une règle bien moins dure. En 2025, il y avait 4,1 millions de demandes de logement social pour près de 394 000 attributions : changer l'ordre de la file ne crée aucun logement. Le Conseil constitutionnel juge que les étrangers qui résident en France de manière stable et régulière ont droit à la protection sociale, et en 2024 il a jugé contraire à la Constitution une condition de cinq ans de résidence pour les aides au logement et les prestations familiales. Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) +2 Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) · juin 2026 394 000 attributions de logements sociaux en 2025 (communiqué de presse) page 1, deuxième et sixième paragraphes Conseil constitutionnel · août 1993 Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993, loi relative à la maîtrise de l'immigration et aux conditions d'entrée, d'accueil et de séjour des étrangers en France considérant 3 (chercher « protection sociale ») Conseil constitutionnel · avril 2024 Décision n° 2024-6 RIP du 11 avril 2024, proposition de loi portant réforme de l'accès aux prestations sociales des étrangers paragraphes 9 à 13
La part de vrai
Les immigrés vivent plus souvent en logement social que le reste de la population, et l'attente est longue pour tous : en 2025, un ménage logé avait attendu en moyenne un peu plus de 600 jours. Une condition de résidence plus courte est discutée : en mars 2025, le Sénat a adopté une proposition de loi qui fixe deux ans de résidence pour certaines prestations, avec des exceptions pour ceux qui travaillent ; l'Assemblée ne l'a pas encore examinée. INSEE +3 INSEE · mars 2023 Immigrés et descendants d'immigrés en France, édition 2023 : Conditions de logement (Insee Références) chercher « 28 % contre 35 % » puis « surreprésentation » dans la page ; champ indiqué sous la figure 1 Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) · juin 2026 Tableau de bord 2025 : attributions de logements sociaux page 3 (chercher « 850 jours ») Sénat · mars 2025 Avis n° 423 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Olivier Bitz « L'essentiel » (chercher « deux ans ») et partie II (chercher « 94-359 ») Sénat · mars 2025 Dossier législatif : proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales rubrique « Les étapes de la discussion » (chercher « adopté par le Sénat »). Dossier de l'Assemblée nationale (DLR5L17N51458), consulté le 29 octobre 2026 : dernière étape, renvoi à la commission des affaires sociales le 19 mars 2025, ni rapport ni séance depuis
Valeurs en milliers. Le taux d'attribution est de 9,5 % : moins d'une demande sur dix aboutit dans l'année.
Source Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) · juin 2026 394 000 attributions de logements sociaux en 2025 (communiqué de presse) page 1, deuxième et sixième paragraphes
Une durée de résidence reste possible si elle est mesurée : cinq ans pour le RSA ont été admis en 2011, mais quinze ans en Guyane ont été censurés en 2018, et cinq ans pour les aides au logement en 2024. Exclure les étrangers en règle sur leur seule nationalité irait bien plus loin : en 1990, le Conseil a déjà jugé contraire au principe d'égalité de les exclure d'une aide aux personnes âgées aux faibles ressources. Sénat +2 Sénat · mars 2025 Avis n° 423 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Olivier Bitz partie I, A (chercher « pas exclu par principe ») et notes de bas de page 1 à 3 Conseil constitutionnel · avril 2024 Décision n° 2024-6 RIP du 11 avril 2024, proposition de loi portant réforme de l'accès aux prestations sociales des étrangers paragraphes 9 à 13 Conseil constitutionnel · janvier 1990 Décision n° 89-269 DC du 22 janvier 1990, loi portant diverses dispositions relatives à la sécurité sociale et à la santé considérants 33 à 35, partie « Sur l'article 24 relatif à l'allocation supplémentaire du fonds national de solidarité ». La décision ne porte que sur cette allocation
Le droit européen impose l'égalité de traitement pour les prestations des étrangers hors Union qui ont le droit de travailler, avec peu d'exceptions. La France a aussi signé 39 conventions bilatérales de sécurité sociale, la plupart avec égalité de traitement pour les prestations familiales. Sénat Sénat · mars 2025 Avis n° 423 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Olivier Bitz partie II (chercher « textes européens » puis « 39 conventions »)
Les sans-papiers n'ont déjà pas accès aux HLM : un étranger doit fournir un titre de séjour pour déposer sa demande. En 2019-2020, les immigrés de 18 à 59 ans vivent plus souvent en logement social (35 % contre 11 %), mais selon l'INSEE, c'est largement lié à des revenus plus faibles et à un âge plus jeune. Service-public.gouv.fr (Direction de l'information légale et administrative) +1 Service-public.gouv.fr (Direction de l'information légale et administrative) · septembre 2026 Quelles sont les conditions pour obtenir un logement social ? rubrique « Quel justificatif est indispensable pour déposer une demande de logement social ? », onglet « Vous êtes d'une autre nationalité » ; rubrique « Quel est le délai d'attente pour obtenir un logement social ? ». Page « Vérifié le 11 septembre 2026 » INSEE · mars 2023 Immigrés et descendants d'immigrés en France, édition 2023 : Conditions de logement (Insee Références) chercher « 28 % contre 35 % » puis « surreprésentation » dans la page ; champ indiqué sous la figure 1
Une préférence nationale laisserait de côté les 2,6 millions d'immigrés devenus français, un tiers des immigrés en 2025. Elle viserait les étrangers : 6,3 millions de personnes, dont 1,0 million nées en France. INSEE INSEE · juin 2026 L'essentiel sur… les immigrés et les étrangers partie 1, « Combien y a-t-il d'immigrés ou d'étrangers en France ? » (chercher « 2,6 millions »)
Personne ne sait ce qu'elle rapporterait sur les aides : la Cnaf ne connaît pas la nationalité de ses allocataires. Environ 10 % des foyers auraient un allocataire principal avec un titre de séjour, un taux « surestimé » selon la rapporteure du Sénat. Sénat Sénat · mars 2025 Rapport n° 426 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Florence Lassarade partie « La position de la commission » (chercher « près de 10 % ») et compte rendu de l'examen en commission (chercher « Nul ne pense » puis « surestimé »)
Pourquoi les étrangers en règle ont les mêmes aides
Le Préambule de la Constitution de 1946 dit que « la Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement ». Le Conseil constitutionnel s'appuie sur ce texte et juge que les étrangers qui résident en France de manière stable et régulière ont droit à la protection sociale. Il a aussi relevé en 2024 que certaines de ces prestations sont « susceptibles de présenter un caractère contributif », c'est-à-dire liées à des cotisations. Conseil constitutionnel +1 Conseil constitutionnel · août 1993 Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993, loi relative à la maîtrise de l'immigration et aux conditions d'entrée, d'accueil et de séjour des étrangers en France considérant 3 (chercher « protection sociale ») Conseil constitutionnel · avril 2024 Décision n° 2024-6 RIP du 11 avril 2024, proposition de loi portant réforme de l'accès aux prestations sociales des étrangers paragraphes 9 à 13
Si l'objectif est que les ménages modestes, français compris, obtiennent plus vite un logement social, voici ce que montrent les organismes officiels.
- 2 ans de résidence
Une condition de résidence courte, plutôt qu'une exclusion
Le Conseil constitutionnel accepte une durée de résidence mesurée. La proposition de loi adoptée par le Sénat en mars 2025 fixe deux ans pour certaines prestations et exempte ceux qui travaillent ; elle attend encore son examen à l'Assemblée. La commission des affaires sociales du Sénat reconnaît qu'il est impossible d'en chiffrer l'effet, faute de données. Sénat +2 Sénat · mars 2025 Avis n° 423 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Olivier Bitz partie I, A (chercher « pas exclu par principe ») et notes de bas de page 1 à 3 Sénat · mars 2025 Dossier législatif : proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales rubrique « Les étapes de la discussion » (chercher « adopté par le Sénat »). Dossier de l'Assemblée nationale (DLR5L17N51458), consulté le 29 octobre 2026 : dernière étape, renvoi à la commission des affaires sociales le 19 mars 2025, ni rapport ni séance depuis Sénat · mars 2025 Rapport n° 426 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Florence Lassarade partie « La position de la commission » (chercher « près de 10 % ») et compte rendu de l'examen en commission (chercher « Nul ne pense » puis « surestimé »)
- 25 600 ménages prioritaires logés en 2025
Faire passer d'abord les situations les plus urgentes
La loi donne déjà la priorité aux personnes handicapées, mal logées, sans logement, menacées d'expulsion ou victimes de violences. En 2025, 25 600 ménages reconnus prioritaires au titre du droit au logement opposable ont été logés. Service-public.gouv.fr (Direction de l'information légale et administrative) +1 Service-public.gouv.fr (Direction de l'information légale et administrative) · septembre 2026 Quelles sont les conditions pour obtenir un logement social ? rubrique « Quel justificatif est indispensable pour déposer une demande de logement social ? », onglet « Vous êtes d'une autre nationalité » ; rubrique « Quel est le délai d'attente pour obtenir un logement social ? ». Page « Vérifié le 11 septembre 2026 » Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) · juin 2026 394 000 attributions de logements sociaux en 2025 (communiqué de presse) page 1, deuxième et sixième paragraphes
Ce qui rapporterait peu
Exclure tous les étrangers des aides se heurterait à la jurisprudence du Conseil constitutionnel, au droit européen et à 39 conventions bilatérales, et ne créerait aucun logement face à 4,1 millions de demandes. Conseil constitutionnel +3 Conseil constitutionnel · janvier 1990 Décision n° 89-269 DC du 22 janvier 1990, loi portant diverses dispositions relatives à la sécurité sociale et à la santé considérants 33 à 35, partie « Sur l'article 24 relatif à l'allocation supplémentaire du fonds national de solidarité ». La décision ne porte que sur cette allocation Conseil constitutionnel · avril 2024 Décision n° 2024-6 RIP du 11 avril 2024, proposition de loi portant réforme de l'accès aux prestations sociales des étrangers paragraphes 9 à 13 Sénat · mars 2025 Avis n° 423 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Olivier Bitz partie II (chercher « textes européens » puis « 39 conventions ») Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) · juin 2026 394 000 attributions de logements sociaux en 2025 (communiqué de presse) page 1, deuxième et sixième paragraphes
France métropolitaine. Selon l'INSEE, cet écart est largement lié aux revenus plus faibles et à l'âge plus jeune. En 2025, un tiers des immigrés sont français.
Source INSEE +1 INSEE · mars 2023 Immigrés et descendants d'immigrés en France, édition 2023 : Conditions de logement (Insee Références) chercher « 28 % contre 35 % » puis « surreprésentation » dans la page ; champ indiqué sous la figure 1 INSEE · juin 2026 L'essentiel sur… les immigrés et les étrangers partie 1, « Combien y a-t-il d'immigrés ou d'étrangers en France ? » (chercher « 2,6 millions »)
En 1990, le Conseil constitutionnel a jugé qu'exclure les étrangers qui résident régulièrement en France de l'allocation supplémentaire du Fonds national de solidarité, une aide aux personnes âgées sans ressources suffisantes, méconnaît le principe d'égalité. Conseil constitutionnel Conseil constitutionnel · janvier 1990 Décision n° 89-269 DC du 22 janvier 1990, loi portant diverses dispositions relatives à la sécurité sociale et à la santé considérants 33 à 35, partie « Sur l'article 24 relatif à l'allocation supplémentaire du fonds national de solidarité ». La décision ne porte que sur cette allocation
Depuis 1993, le Conseil constitutionnel juge que les étrangers ont droit à la protection sociale dès lors qu'ils résident en France de manière stable et régulière. Conseil constitutionnel Conseil constitutionnel · août 1993 Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993, loi relative à la maîtrise de l'immigration et aux conditions d'entrée, d'accueil et de séjour des étrangers en France considérant 3 (chercher « protection sociale »)
En 2024, le Conseil constitutionnel a jugé contraire à la Constitution une proposition de loi qui exigeait des étrangers hors Union européenne cinq ans de résidence ou trente mois d'activité pour le droit au logement opposable, les aides au logement, les prestations familiales et l'allocation personnalisée d'autonomie. Il rappelle que les étrangers en situation stable et régulière ont droit à la protection sociale, et que le Préambule de 1946 impose une politique de solidarité. Conseil constitutionnel Conseil constitutionnel · avril 2024 Décision n° 2024-6 RIP du 11 avril 2024, proposition de loi portant réforme de l'accès aux prestations sociales des étrangers paragraphes 9 à 13
Le Conseil constitutionnel n'exclut pas une durée minimale de résidence si elle reste mesurée : il a admis cinq ans pour le RSA en 2011, mais censuré quinze ans en Guyane en 2018. Dix ans sont exigés pour le minimum vieillesse (ASPA), sans qu'il ait eu à en juger. Sénat Sénat · mars 2025 Avis n° 423 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Olivier Bitz partie I, A (chercher « pas exclu par principe ») et notes de bas de page 1 à 3
Les textes européens imposent l'égalité de traitement pour les prestations sociales des étrangers hors Union qui ont le droit de travailler, avec peu d'exceptions. La France a aussi signé 39 conventions bilatérales de sécurité sociale, la plupart avec égalité de traitement pour les prestations familiales. Sénat Sénat · mars 2025 Avis n° 423 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Olivier Bitz partie II (chercher « textes européens » puis « 39 conventions »)
La proposition de loi de 2025 abaisse la condition à deux ans et en exempte les étrangers qui travaillent. La commission des lois du Sénat en a retiré le droit au logement opposable, rattaché à l'objectif constitutionnel d'un logement décent pour toute personne. Sénat Sénat · mars 2025 Avis n° 423 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Olivier Bitz « L'essentiel » (chercher « deux ans ») et partie II (chercher « 94-359 »)
Le Sénat a adopté ce texte le 18 mars 2025 ; il a été transmis à l'Assemblée nationale le 19 mars 2025, qui l'a renvoyé à sa commission des affaires sociales sans l'avoir examiné au 29 octobre 2026. Sénat Sénat · mars 2025 Dossier législatif : proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales rubrique « Les étapes de la discussion » (chercher « adopté par le Sénat »). Dossier de l'Assemblée nationale (DLR5L17N51458), consulté le 29 octobre 2026 : dernière étape, renvoi à la commission des affaires sociales le 19 mars 2025, ni rapport ni séance depuis
Personne ne sait ce que rapporterait une restriction des aides : la Cnaf ne connaît pas la nationalité de ses allocataires. Environ 10 % des foyers auraient un allocataire principal avec un titre de séjour, un taux « surestimé » selon la rapporteure du Sénat. Sénat Sénat · mars 2025 Rapport n° 426 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Florence Lassarade partie « La position de la commission » (chercher « près de 10 % ») et compte rendu de l'examen en commission (chercher « Nul ne pense » puis « surestimé »)
En 2025, 4,1 millions de demandes de logement social ont été actives, pour près de 394 000 logements attribués : un taux d'attribution de 9,5 %. 25 600 ménages reconnus prioritaires au titre du droit au logement opposable ont été logés. Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) · juin 2026 394 000 attributions de logements sociaux en 2025 (communiqué de presse) page 1, deuxième et sixième paragraphes
En 2025, les ménages qui ont obtenu un logement social avaient attendu en moyenne un peu plus de 600 jours ; ceux encore en attente au 31 décembre l'étaient depuis 850 jours en moyenne. Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) · juin 2026 Tableau de bord 2025 : attributions de logements sociaux page 3 (chercher « 850 jours »)
Un étranger doit fournir au minimum la copie d'un titre de séjour pour demander un logement social. Les demandes des personnes handicapées, mal logées, sans logement, menacées d'expulsion ou victimes de violences sont prioritaires, et l'attente varie selon le département. Service-public.gouv.fr (Direction de l'information légale et administrative) Service-public.gouv.fr (Direction de l'information légale et administrative) · septembre 2026 Quelles sont les conditions pour obtenir un logement social ? rubrique « Quel justificatif est indispensable pour déposer une demande de logement social ? », onglet « Vous êtes d'une autre nationalité » ; rubrique « Quel est le délai d'attente pour obtenir un logement social ? ». Page « Vérifié le 11 septembre 2026 »
En 2019-2020, parmi les 18-59 ans vivant en métropole, 35 % des immigrés vivent dans un logement social, contre 11 % des personnes sans ascendance migratoire et 27 % des descendants d'immigrés. Selon l'INSEE, c'est largement lié à des revenus plus faibles et à un âge plus jeune. INSEE INSEE · mars 2023 Immigrés et descendants d'immigrés en France, édition 2023 : Conditions de logement (Insee Références) chercher « 28 % contre 35 % » puis « surreprésentation » dans la page ; champ indiqué sous la figure 1
En 2025, 2,6 millions d'immigrés, un tiers d'entre eux, sont devenus français : une préférence nationale ne les viserait pas. Les étrangers sont 6,3 millions, dont 1,0 million nés en France. INSEE INSEE · juin 2026 L'essentiel sur… les immigrés et les étrangers partie 1, « Combien y a-t-il d'immigrés ou d'étrangers en France ? » (chercher « 2,6 millions »)
Choisissez une réponse pour voir ce qu'elle donnerait.
Se heurte au droit actuel 1990 et 2024
En 1990, le Conseil constitutionnel a jugé qu'exclure les étrangers en règle d'une aide aux personnes âgées aux faibles ressources méconnaît le principe d'égalité, et en 2024 il a censuré une simple condition de cinq ans de résidence. Il resterait aussi le droit européen et 39 conventions bilatérales. Conseil constitutionnel +2 Conseil constitutionnel · janvier 1990 Décision n° 89-269 DC du 22 janvier 1990, loi portant diverses dispositions relatives à la sécurité sociale et à la santé considérants 33 à 35, partie « Sur l'article 24 relatif à l'allocation supplémentaire du fonds national de solidarité ». La décision ne porte que sur cette allocation Conseil constitutionnel · avril 2024 Décision n° 2024-6 RIP du 11 avril 2024, proposition de loi portant réforme de l'accès aux prestations sociales des étrangers paragraphes 9 à 13 Sénat · mars 2025 Avis n° 423 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Olivier Bitz partie II (chercher « textes européens » puis « 39 conventions »)
Censuré en 2024 5 ans
Cinq ans de résidence, ou trente mois d'activité, pour les aides au logement et les prestations familiales : le Conseil constitutionnel y a vu une atteinte disproportionnée. Conseil constitutionnel Conseil constitutionnel · avril 2024 Décision n° 2024-6 RIP du 11 avril 2024, proposition de loi portant réforme de l'accès aux prestations sociales des étrangers paragraphes 9 à 13
Voté au Sénat, pas jugé 2 ans
Adoptée par le Sénat en mars 2025 et transmise à l'Assemblée, qui ne l'a pas encore examinée, cette proposition exempte ceux qui travaillent. Le Conseil constitutionnel admet une durée mesurée, comme cinq ans pour le RSA. Sénat +1 Sénat · mars 2025 Avis n° 423 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Olivier Bitz partie I, A (chercher « pas exclu par principe ») et notes de bas de page 1 à 3 Sénat · mars 2025 Dossier législatif : proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales rubrique « Les étapes de la discussion » (chercher « adopté par le Sénat »). Dossier de l'Assemblée nationale (DLR5L17N51458), consulté le 29 octobre 2026 : dernière étape, renvoi à la commission des affaires sociales le 19 mars 2025, ni rapport ni séance depuis
Pourquoi « infaisable tel quel » ? La préférence nationale bute sur le droit, et elle ne s'attaque pas à la cause de l'attente.
Le droit, d'abord. En 1990, le Conseil constitutionnel a jugé qu'exclure les étrangers en règle d'une aide aux personnes âgées aux faibles ressources méconnaît le principe d'égalité. Il juge que les étrangers qui résident en France de manière stable et régulière ont droit à la protection sociale. En 2024, il a jugé « contraires à la Constitution » une condition de cinq ans de résidence, ou de trente mois d'activité, pour les aides au logement et les prestations familiales. Une exclusion fondée sur la seule nationalité irait bien plus loin. Il resterait aussi le droit européen, qui impose l'égalité de traitement pour les étrangers autorisés à travailler, et 39 conventions bilatérales de sécurité sociale.
La cause, ensuite. En 2025, il y avait 4,1 millions de demandes de logement social pour près de 394 000 attributions. Moins d'une demande sur dix aboutit. Si l'on fait passer certains demandeurs devant, d'autres reculent, mais le nombre de logements reste le même.
Enfin, la cible n'est pas celle qu'on imagine. Les immigrés vivent plus souvent en HLM, mais l'INSEE explique cet écart surtout par des revenus plus faibles et un âge plus jeune. Un tiers des immigrés sont français, et les sans-papiers n'ont déjà pas accès aux HLM.
Imaginez une boulangerie avec 10 baguettes et 100 clients dans la file. Vous décidez que certains clients passeront devant. Ceux-là auront plus vite leur pain, mais à la fin de la journée, 90 personnes repartiront quand même sans baguette. Le vrai problème, c'est qu'il n'y a pas assez de pain.
C'est la situation du logement social : en 2025, moins d'une demande sur dix a abouti. Parmi les personnes devant vous dans la file, il y a peut-être un aide-soignant étranger qui travaille de nuit à l'hôpital et cotise depuis des années. Le faire passer derrière ne vous donnerait pas un logement de plus.
Selon vous, pour raccourcir l'attente d'un logement social, vaut-il mieux changer l'ordre de la file ou augmenter le nombre de logements ?
- Décision n° 89-269 DC du 22 janvier 1990, loi portant diverses dispositions relatives à la sécurité sociale et à la santé, Conseil constitutionnel, janvier 1990. considérants 33 à 35, partie « Sur l'article 24 relatif à l'allocation supplémentaire du fonds national de solidarité ». La décision ne porte que sur cette allocation.
- Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993, loi relative à la maîtrise de l'immigration et aux conditions d'entrée, d'accueil et de séjour des étrangers en France, Conseil constitutionnel, août 1993. considérant 3 (chercher « protection sociale »).
- Décision n° 2024-6 RIP du 11 avril 2024, proposition de loi portant réforme de l'accès aux prestations sociales des étrangers, Conseil constitutionnel, avril 2024. paragraphes 9 à 13.
- Avis n° 423 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Olivier Bitz, Sénat, commission des lois, mars 2025. partie I, A (chercher « pas exclu par principe ») et notes de bas de page 1 à 3 ; partie II (chercher « textes européens » puis « 39 conventions ») ; « L'essentiel » (chercher « deux ans ») et partie II (chercher « 94-359 »).
- Dossier législatif : proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, Sénat, mars 2025. rubrique « Les étapes de la discussion » (chercher « adopté par le Sénat »). Dossier de l'Assemblée nationale (DLR5L17N51458), consulté le 29 octobre 2026 : dernière étape, renvoi à la commission des affaires sociales le 19 mars 2025, ni rapport ni séance depuis.
- Rapport n° 426 (2024-2025) sur la proposition de loi créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales, par Florence Lassarade, Sénat, commission des affaires sociales, mars 2025. partie « La position de la commission » (chercher « près de 10 % ») et compte rendu de l'examen en commission (chercher « Nul ne pense » puis « surestimé »).
- 394 000 attributions de logements sociaux en 2025 (communiqué de presse), Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS), juin 2026. page 1, deuxième et sixième paragraphes.
- Tableau de bord 2025 : attributions de logements sociaux, Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS), juin 2026. page 3 (chercher « 850 jours »).
- Quelles sont les conditions pour obtenir un logement social ?, Service-public.gouv.fr (Direction de l'information légale et administrative), septembre 2026. rubrique « Quel justificatif est indispensable pour déposer une demande de logement social ? », onglet « Vous êtes d'une autre nationalité » ; rubrique « Quel est le délai d'attente pour obtenir un logement social ? ». Page « Vérifié le 11 septembre 2026 ».
- Immigrés et descendants d'immigrés en France, édition 2023 : Conditions de logement (Insee Références), INSEE, mars 2023. chercher « 28 % contre 35 % » puis « surreprésentation » dans la page ; champ indiqué sous la figure 1.
- L'essentiel sur… les immigrés et les étrangers, INSEE, juin 2026. partie 1, « Combien y a-t-il d'immigrés ou d'étrangers en France ? » (chercher « 2,6 millions »).
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