Peut-on expulser tous les étrangers en situation irrégulière ?
On expulse tous les clandestins et on applique toutes les OQTF.
Qui dit ça ? 1 déclaration
Cette idée est défendue publiquement. Mot pour mot :
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« Je veux contrôler les frontières, supprimer l'aide sociale qui sert d'appel d'air, expulser les clandestins. Oui, ils doivent faire leurs bagages »
Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France. franceinfo, le 5 juin 2018. Source ↗
Propos tenus sur franceinfo et rapportés par Public Sénat le 5 juin 2018. Il réagissait aux déclarations de Matteo Salvini, nouveau ministre italien de l'Intérieur.
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- Fiche vérifiée trouvée : « Peut-on expulser tous les étrangers en situation irrégulière ? »
- Sources de la fiche : Sénat (réponse du ministère de l'Intérieur), Assemblée nationale, Cour des comptes, Ministère de l'Intérieur
Réponse vérifiée · 6 sources · données à jour : octobre 2026
Infaisable tel quel
Expulser tous les sans-papiers est hors de portée : même avec l'estimation la plus basse, il faudrait plus de vingt ans au rythme de 2025 (notre calcul). Leur nombre exact n'est pas connu : de 458 681 bénéficiaires de l'aide médicale d'État fin septembre 2025, dont près de 110 000 mineurs, à environ 800 000 selon une estimation parlementaire. Et pour une personne sans passeport, le renvoi exige un laissez-passer de son pays, obtenu à temps dans 55,1 % des cas en 2025. Ministère de l'Intérieur +1 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 64, partie « Le séjour irrégulier sur le territoire » (chercher « 458 681 ») et tableau « Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) », colonnes 2020 à 2024 puis 2025 (cumul à fin septembre) Assemblée nationale · mai 2023 Rapport d'information sur l'évaluation du coût des soins dispensés aux étrangers en situation irrégulière, n° 1244 (Véronique Louwagie, rapporteure spéciale) page 37 du rapport (page 36 du PDF), chercher « 800 000 »
La part de vrai
Appliquer davantage d'OQTF est possible, et c'est en cours : 15 253 expulsions forcées en 2025, 20,7 % de plus qu'en 2024, surtout grâce aux renvois vers un autre pays européen. Les retours aidés ont aussi progressé de 62 % en 2024 après la hausse de l'aide, avant de se stabiliser en 2025. Ministère de l'Intérieur +1 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 7 (synthèse), chercher « 15 253 » ; détail page 65, tableau « Éloignements et départs exécutés » Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, colonne de gauche, chercher « de 650 à 1 200 € » ; colonne de droite, chercher « 4 581 »
Il n'existe pas de chiffre officiel du nombre d'étrangers en situation irrégulière. Les bénéficiaires de l'AME comptent près de 110 000 mineurs, qui en droit ne sont pas en situation irrégulière, mais pas les personnes qui ne la demandent pas, près d'une sur deux selon une enquête.
Source Assemblée nationale +1 Assemblée nationale · mai 2023 Rapport d'information sur l'évaluation du coût des soins dispensés aux étrangers en situation irrégulière, n° 1244 (Véronique Louwagie, rapporteure spéciale) page 37 du rapport (page 36 du PDF), chercher « 800 000 » Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 64, partie « Le séjour irrégulier sur le territoire » (chercher « 458 681 ») et tableau « Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) », colonnes 2020 à 2024 puis 2025 (cumul à fin septembre)
En 2025, la France a exécuté 15 253 expulsions forcées depuis la métropole, 20,7 % de plus qu'en 2024, citoyens européens compris. Sans eux, c'est 12 776 : à ce rythme, renvoyer les quelque 350 000 adultes bénéficiaires de l'AME prendrait environ 27 ans (notre calcul). Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 7 (synthèse), chercher « 15 253 » ; détail page 65, tableau « Éloignements et départs exécutés »
Une expulsion forcée coûte au moins 4 414 € selon la Cour des comptes, qui juge ce chiffre sous-estimé ; des députés l'estimaient à environ 14 000 € en 2019. Cour des comptes +1 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 116, chercher « 4 414 € » Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, colonne de gauche (chercher « 14 000 »)
Pour ces seuls adultes, la facture irait de 1,5 à 4,9 milliards d'euros selon le coût retenu (notre calcul), alors que toute la lutte contre l'immigration irrégulière coûte environ 1,8 milliard par an. Cour des comptes +2 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 116, chercher « 4 414 € » Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, colonne de gauche (chercher « 14 000 ») Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 64, partie « Le séjour irrégulier sur le territoire » (chercher « 458 681 ») et tableau « Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) », colonnes 2020 à 2024 puis 2025 (cumul à fin septembre)
Les centres de rétention comptaient 2 188 places en 2024, occupées à 92,3 % en métropole, où la durée moyenne de rétention atteint 34,5 jours. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 66, tableau « Placements en centre de rétention administrative (CRA) », colonnes 2020 à 2024 (la valeur 2024 est la cinquième de chaque ligne)
Pour une personne sans passeport, chaque renvoi suppose que son pays la reconnaisse : en 2025, 55,1 % des laissez-passer ont été obtenus à temps, et entre 20 et 30 % des étrangers à éloigner ne sont pas identifiés avec certitude. Ministère de l'Intérieur +1 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne) Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, partie « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « 12 % » ; même page (chercher « entre 20 et 30 % »)
Pourquoi l'État réserve la rétention aux profils jugés dangereux
Les places en rétention sont rares : 2 188 en 2024, occupées à 92,3 % en métropole. Depuis août 2022, l'État les réserve en priorité aux étrangers qui présentent un risque de trouble à l'ordre public. Selon la commission des lois de l'Assemblée (juin 2025), 90 % des personnes retenues sont connues pour troubles à l'ordre public ou radicalisation, et 40 % des OQTF visant des personnes en rétention sont exécutées. Ministère de l'Intérieur +1 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 66, tableau « Placements en centre de rétention administrative (CRA) », colonnes 2020 à 2024 (la valeur 2024 est la cinquième de chaque ligne) Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2 (chercher « 40 % ») ; page 3, point 2° (chercher « 90% ») ; page 4, partie II.A (chercher « 3 000 en 2027 »)
Si l'objectif est que davantage d'OQTF soient appliquées, voici les mesures chiffrées ou recommandées par des organismes officiels.
- 1 120 € au lieu de 4 414 €
Développer les retours aidés
Un retour volontaire aidé coûte quatre fois moins qu'une expulsion forcée. Quand l'aide est passée de 650 à 1 200 €, fin 2023, les retours aidés ont augmenté de 62 % en un an, avant de se stabiliser en 2025. Et ils évitent l'obstacle des laissez-passer. Cour des comptes +2 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15, synthèse (chercher « plus attractif ») ; page 108, partie « Un complément utile et peu coûteux à l'éloignement forcé » (chercher « 1 120 € ») Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, colonne de gauche, chercher « de 650 à 1 200 € » ; colonne de droite, chercher « 4 581 » Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 65, tableau « Éloignements et départs exécutés des étrangers en situation irrégulière selon la nationalité et le type de sortie du territoire », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne)
- 3 000 places en 2027
Augmenter les places en rétention
La rétention est efficace : 40 % des OQTF sont exécutées pour les personnes retenues. Les places doivent passer d'environ 2 000 à 3 000 en 2027. Mais une journée de rétention coûte 602 €. Assemblée nationale +1 Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2 (chercher « 40 % ») ; page 3, point 2° (chercher « 90% ») ; page 4, partie II.A (chercher « 3 000 en 2027 ») Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15, synthèse (chercher « 1,8 Md€ »)
- 55,1 % des laissez-passer à temps
Obtenir les laissez-passer des pays d'origine
La Cour des comptes recommande de centraliser la procédure de délivrance des laissez-passer consulaires. La fiche sur les OQTF détaille ce point. Cour des comptes +1 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 17, « Récapitulatif des recommandations », recommandations 4, 5 et 7 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne)
Le coût d'une expulsion forcée varie selon ce que l'on compte : la Cour des comptes exclut l'identification des personnes et le travail des préfectures.
Source Cour des comptes +1 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15, synthèse (chercher « plus attractif ») ; page 108, partie « Un complément utile et peu coûteux à l'éloignement forcé » (chercher « 1 120 € ») Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, colonne de gauche (chercher « 14 000 »)
Il n'existe pas de chiffre officiel du nombre d'étrangers en situation irrégulière. Selon le ministère de l'Intérieur, le nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) est « l'approche la plus aboutie » : 465 744 personnes en 2024. Mais ce chiffre compte près de 110 000 mineurs, qui ne sont pas en situation irrégulière en droit, des personnes qui ont quitté la France, et il oublie ceux qui ne demandent pas l'AME. Sénat (réponse du ministère de l'Intérieur) Sénat (réponse du ministère de l'Intérieur) · janvier 2026 Question écrite n° 06460 de M. Stéphane Ravier sur le nombre d'étrangers en situation irrégulière, et réponse du ministère de l'Intérieur réponse publiée au JO Sénat du 15 janvier 2026, page 178 (chercher « Par essence » et « 465 744 »)
Une enquête a montré que seules 51 % des personnes qui ont droit à l'AME en bénéficient. En supposant que la moitié seulement la demande, une députée rapporteure estimait en 2023 le nombre d'étrangers en situation irrégulière à environ 800 000, tout en précisant qu'il s'agit d'une « simple estimation ». Assemblée nationale Assemblée nationale · mai 2023 Rapport d'information sur l'évaluation du coût des soins dispensés aux étrangers en situation irrégulière, n° 1244 (Véronique Louwagie, rapporteure spéciale) page 37 du rapport (page 36 du PDF), chercher « 800 000 »
En 2022, l'État a dépensé 50,3 millions d'euros pour 11 409 expulsions forcées depuis l'Hexagone, soit 4 414 € par expulsion. Selon la Cour des comptes, ce coût est sous-estimé : il ne compte ni l'identification des personnes ni le travail des préfectures. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 116, chercher « 4 414 € »
En 2019, les députés Jean-Noël Barrot et Alexandre Holroyd estimaient le coût d'une expulsion forcée à environ 14 000 €, plus de quatre fois celui d'un retour aidé (environ 3 000 €). Ces chiffres sont rappelés par la commission des lois de l'Assemblée en juin 2025. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, colonne de gauche (chercher « 14 000 »)
La lutte contre l'immigration irrégulière coûte déjà environ 1,8 milliard d'euros par an et mobilise environ 16 000 agents à temps plein (Cour des comptes, 2024). Une journée de rétention coûte 602 €. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15, synthèse (chercher « 1,8 Md€ »)
En 2025, depuis la France métropolitaine, 156 180 mesures d'éloignement ont été prononcées et 15 253 expulsions forcées exécutées, 20,7 % de plus qu'en 2024. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 7 (synthèse), chercher « 15 253 » ; détail page 65, tableau « Éloignements et départs exécutés »
En 2024, les centres de rétention administrative comptaient 2 188 places, dont 1 959 en métropole, occupées en moyenne à 92,3 %. En métropole, 16 224 personnes y ont été placées, pour une durée moyenne de 34,5 jours. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 66, tableau « Placements en centre de rétention administrative (CRA) », colonnes 2020 à 2024 (la valeur 2024 est la cinquième de chaque ligne)
Depuis une instruction du 3 août 2022, les places en rétention sont réservées en priorité aux étrangers qui présentent un risque de trouble à l'ordre public, même quand leur renvoi est incertain. C'est ce qui explique l'allongement de la durée de rétention. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 66, texte au-dessus du tableau sur la rétention (chercher « profil évocateur »)
En 2025, 7 261 laissez-passer consulaires ont été demandés aux pays d'origine : 4 000 ont été obtenus à temps, soit 55,1 %, et 2 929 demandes sont restées sans réponse. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne)
Selon la Cour des comptes, entre 20 et 30 % des étrangers à éloigner ne sont pas identifiés avec certitude, ce qui empêche leur renvoi. Seules 12 % des OQTF sont exécutées, et la Cour juge « impossible d'éloigner l'ensemble des personnes faisant l'objet d'une OQTF ». Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page de synthèse, partie « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « 12 % » ; même page (chercher « entre 20 et 30 % »)
Entre 2017 et 2022, un retour volontaire aidé a coûté en moyenne 1 120 € (aide et transport compris), quatre fois moins qu'une expulsion forcée (4 414 €). La Cour des comptes recommande d'assouplir ce dispositif pour le rendre plus attractif. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15, synthèse (chercher « plus attractif ») ; page 108, partie « Un complément utile et peu coûteux à l'éloignement forcé » (chercher « 1 120 € »)
Fin 2023, l'aide au retour volontaire est passée de 650 à 1 200 €. Les retours aidés sont passés de 2 832 en 2023 à 4 581 en 2024, 62 % de plus en un an. Cette aide évite aussi l'obstacle des laissez-passer consulaires. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 6, colonne de gauche, chercher « de 650 à 1 200 € » ; colonne de droite, chercher « 4 581 »
En centre de rétention, 40 % des OQTF sont exécutées, et 90 % des personnes retenues sont connues pour troubles à l'ordre public ou radicalisation. Les places doivent passer d'environ 2 000 à 3 000 en 2027 ; les rapporteurs de la commission des lois suggèrent de viser 5 000. Assemblée nationale Assemblée nationale · juin 2025 Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) » page 2 (chercher « 40 % ») ; page 3, point 2° (chercher « 90% ») ; page 4, partie II.A (chercher « 3 000 en 2027 »)
La Cour des comptes recommande de centraliser la procédure de délivrance des laissez-passer consulaires, sauf pour les préfectures qui ont un consulat à proximité. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 17, « Récapitulatif des recommandations », recommandations 4, 5 et 7
Selon le ministère de l'Intérieur, l'aide médicale d'État (AME) comptait 458 681 bénéficiaires fin septembre 2025, 1,5 % de moins qu'un an plus tôt. C'est « l'approche la plus aboutie » du nombre d'étrangers en situation irrégulière, mais elle compte près de 110 000 mineurs, qui en droit ne sont pas en situation irrégulière, ainsi que des personnes qui ont quitté la France, et elle oublie ceux qui ne la demandent pas. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 64, partie « Le séjour irrégulier sur le territoire » (chercher « 458 681 ») et tableau « Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) », colonnes 2020 à 2024 puis 2025 (cumul à fin septembre)
En 2025, sur 15 253 éloignements forcés depuis la métropole (personnes majeures), 6 180 ont renvoyé des ressortissants de pays non européens vers un pays non européen (5,1 % de moins qu'en 2024), 6 596 les ont renvoyés vers un autre pays européen, notamment au titre des transferts Dublin (64,2 % de plus), et 2 477 visaient des citoyens de l'Union européenne. Les retours aidés sont restés stables : 4 564 en 2025, contre 4 586 en 2024. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 65, tableau « Éloignements et départs exécutés des étrangers en situation irrégulière selon la nationalité et le type de sortie du territoire », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne)
Pourquoi « infaisable tel quel » ? Parce que chaque étape du renvoi a une limite physique.
D'abord, on ne sait pas combien de personnes sont concernées. Le ministère de l'Intérieur le dit lui-même : il n'y a pas de chiffrage. L'aide médicale d'État comptait 458 681 bénéficiaires fin septembre 2025, dont près de 110 000 mineurs, qui en droit ne sont pas en situation irrégulière. C'est l'estimation basse : près de la moitié des personnes qui y ont droit ne la demandent pas. Une estimation parlementaire de 2023 arrive ainsi à environ 800 000, en supposant que la moitié seulement des personnes concernées demandent l'AME.
Ensuite, il faut retrouver chaque personne, l'identifier et obtenir de son pays qu'il la reprenne. Pour celles qui n'ont pas de passeport, il faut un laissez-passer : en 2025, 55,1 % ont été obtenus à temps. Entre 20 et 30 % des étrangers à éloigner ne sont pas identifiés avec certitude.
Il faut aussi souvent la placer en rétention le temps d'organiser le départ. Or les centres comptaient 2 188 places en 2024, occupées à 92,3 % en métropole, où la durée moyenne atteint 34,5 jours.
Le rythme actuel reste loin du compte : en 2025, sur 15 253 éloignements forcés depuis la métropole, 2 477 visaient des citoyens européens et 6 596 ont renvoyé des personnes vers un autre pays européen ; 6 180 seulement ont abouti à un retour hors d'Europe.
Enfin, le coût. Une expulsion forcée coûte au moins 4 414 € selon la Cour des comptes, environ 14 000 € selon une estimation de députés en 2019.
Notre calcul. Adultes bénéficiaires de l'AME : 458 681 − près de 110 000 mineurs ≈ 350 000. Renvois forcés hors citoyens européens en 2025 : 6 180 + 6 596 = 12 776. Durée : 350 000 ÷ 12 776 ≈ 27 ans ; en comptant tous les éloignements forcés, citoyens européens compris, 350 000 ÷ 15 253 ≈ 23 ans. Coût : 350 000 × 4 414 € ≈ 1,5 milliard d'euros ; 350 000 × 14 000 € = 4,9 milliards d'euros. Avec l'estimation haute d'environ 800 000 personnes, mineurs compris, la durée et le coût seraient nettement plus élevés. Ces calculs donnent des ordres de grandeur : ils supposent que le rythme et le coût restent ceux d'aujourd'hui, et ne tiennent compte ni des nouvelles arrivées ni des départs spontanés.
En 2025, 55,1 % des laissez-passer demandés aux pays d'origine ont été obtenus à temps. Sans ce document, une personne sans passeport ne peut pas être renvoyée.
Imaginez une préfecture qui doit renvoyer une personne en situation irrégulière. Il faut la retrouver, vérifier son identité, demander au consulat de son pays un laissez-passer, lui trouver une place en rétention, réserver un vol, prévoir une escorte. Si le consulat ne répond pas, tout s'arrête : en 2025, 2 929 demandes sont restées sans réponse.
Maintenant, multipliez par plusieurs centaines de milliers. C'est pourquoi l'État choisit qui renvoyer en priorité, et pourquoi il paie aussi des retours volontaires, quatre fois moins chers qu'une expulsion forcée.
À votre avis, si l'on ne peut pas tout faire en même temps, par qui faudrait-il commencer ?
- Question écrite n° 06460 de M. Stéphane Ravier sur le nombre d'étrangers en situation irrégulière, et réponse du ministère de l'Intérieur, Sénat (réponse du ministère de l'Intérieur), janvier 2026. réponse publiée au JO Sénat du 15 janvier 2026, page 178 (chercher « Par essence » et « 465 744 »).
- Rapport d'information sur l'évaluation du coût des soins dispensés aux étrangers en situation irrégulière, n° 1244 (Véronique Louwagie, rapporteure spéciale), Assemblée nationale, commission des finances, mai 2023. page 37 du rapport (page 36 du PDF), chercher « 800 000 ».
- La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), Cour des comptes, janvier 2024. page 116, chercher « 4 414 € » ; page 15, synthèse (chercher « 1,8 Md€ ») ; page 15, synthèse (chercher « plus attractif ») ; page 108, partie « Un complément utile et peu coûteux à l'éloignement forcé » (chercher « 1 120 € ») ; page 17, « Récapitulatif des recommandations », recommandations 4, 5 et 7.
- Séance thématique de contrôle : « Les résultats de la politique d'éloignement des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) », Assemblée nationale, commission des lois, juin 2025. page 6, colonne de gauche (chercher « 14 000 ») ; page 6, colonne de gauche, chercher « de 650 à 1 200 € » ; colonne de droite, chercher « 4 581 » ; page 2 (chercher « 40 % ») ; page 3, point 2° (chercher « 90% ») ; page 4, partie II.A (chercher « 3 000 en 2027 »).
- Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA), Ministère de l'Intérieur, direction générale des étrangers en France, octobre 2026. page 7 (synthèse), chercher « 15 253 » ; détail page 65, tableau « Éloignements et départs exécutés » ; page 66, tableau « Placements en centre de rétention administrative (CRA) », colonnes 2020 à 2024 (la valeur 2024 est la cinquième de chaque ligne) ; page 66, texte au-dessus du tableau sur la rétention (chercher « profil évocateur ») ; page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne) ; page 64, partie « Le séjour irrégulier sur le territoire » (chercher « 458 681 ») et tableau « Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) », colonnes 2020 à 2024 puis 2025 (cumul à fin septembre) ; page 65, tableau « Éloignements et départs exécutés des étrangers en situation irrégulière selon la nationalité et le type de sortie du territoire », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne).
- La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), Cour des comptes, janvier 2024. page de synthèse, partie « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « 12 % » ; même page (chercher « entre 20 et 30 % »).
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