La France en vrai

Tous les musulmans sont-ils des islamistes en puissance ? Ce que disent les chiffres officiels

Tous les musulmans sont des islamistes en puissance.

Faux

Non, être musulman ne fait pas de quelqu'un un islamiste, même « en puissance ». L'islamisme est une idéologie politique qui veut imposer l'islam comme norme, et le Sénat le décrit comme le fait d'une minorité. Le 13 octobre 2025, un peu moins de 4 000 personnes étaient inscrites au fichier des radicalisés à caractère terroriste (FSPRT), pour 3,3 à 5 millions de musulmans selon l'estimation citée par le Sénat : moins d'une sur 800, même en les comptant toutes comme musulmanes (notre calcul). La menace reste pourtant réelle : en 2025, jusqu'en décembre, trois attaques, dont deux mortelles, et six projets déjoués. Sénat +1 Sénat · juillet 2020 Radicalisation islamiste : faire face et lutter ensemble, rapport de la commission d'enquête, tome I (rapport n° 595) pages 9-10 et 12 du rapport (chercher « une minorité de la population française » et « le terme islamisme décrit ») Assemblée nationale · décembre 2025 Rapport de la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste (n° 2235), partie descriptive et audition de la DGSI page 35 du rapport et sa note (5) (chercher « un peu moins de 4 000 »)

La part de vrai

Une minorité de musulmans adhère bien à des idées contraires aux lois de la République. Dans un sondage IFOP de 2019 cité par le Sénat, 27 % des personnes de religion ou d'origine musulmane interrogées (15 ans et plus) étaient d'accord avec l'idée que « la charia devrait s'imposer par rapport aux lois de la République » : 18 % parmi ceux qui sont Français de naissance, 41 % parmi les étrangers. Le rapport gouvernemental de 2025 conclut au danger de la mouvance des Frères musulmans, et la menace terroriste djihadiste se rehausse depuis deux ans. Sénat +3 Sénat · juillet 2020 Radicalisation islamiste : faire face et lutter ensemble, rapport de la commission d'enquête, tome I (rapport n° 595) page 12 du rapport et sa note de bas de page 2 (chercher « 27 % des personnes interrogées ») IFOP · septembre 2019 Étude auprès de la population musulmane en France, 30 ans après l'affaire des foulards de Creil page 2 (méthodologie), page 36 (tableau des affirmations) et page 50 (croisement par nationalité) (chercher « la charia ») Assemblée nationale · janvier 2026 Rapport sur la proposition de résolution européenne visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes (n° 2318) page 5 du rapport, introduction (chercher « entre 400 et 1 000 ») Assemblée nationale · décembre 2025 Rapport de la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste (n° 2235), partie descriptive et audition de la DGSI pages 36 et 38 du rapport (chercher « moins de 21 ans » et « six projets d'action »)

Ordres de grandeur en France
  • Musulmans en France (estimation basse) 3,3 à 5 millions
  • Inscrits au FSPRT (tous âges confondus) un peu moins de 4 000
  • Frères musulmans, cercle restreint (estimation haute) 400 à 1 000

Musulmans : estimation de l'Observatoire de la laïcité (2019), citée par le Sénat. FSPRT : 13 octobre 2025, toutes les personnes inscrites, qu'on compte ici comme si elles étaient toutes musulmanes. Frères musulmans : rapport présenté en Conseil de défense en mai 2025.

Source Sénat +3 Sénat · juillet 2020 Radicalisation islamiste : faire face et lutter ensemble, rapport de la commission d'enquête, tome I (rapport n° 595) page 10 du rapport, note de bas de page 1 (chercher « entre 3,3 et ») Assemblée nationale · décembre 2025 Rapport de la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste (n° 2235), partie descriptive et audition de la DGSI page 35 du rapport et sa note (5) (chercher « un peu moins de 4 000 ») Assemblée nationale · janvier 2026 Rapport sur la proposition de résolution européenne visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes (n° 2318) page 5 du rapport, introduction (chercher « entre 400 et 1 000 ») Ministère de l'Intérieur · mai 2025 Frères musulmans et islamisme politique en France (version rendue publique) introduction, page 6, et partie 3.1.1.1 « Un acteur majeur du culte musulman » (chercher « 400 personnes »)

Islam, islamisme, terrorisme : de quoi parle-t-on ?
TermeCe que c'estCe qu'on sait
IslamUne religion, protégée par la liberté de culte10 % des 18-59 ans s'en réclament (2019-2020)
IslamismeUne idéologie politique qui veut imposer l'islam comme normeFrères musulmans : 400 à 1 000 membres du cercle restreint, selon un rapport gouvernemental de 2025
Radicalisation à caractère terroristeDes personnes susceptibles de passer à la violenceUn peu moins de 4 000 inscrits au FSPRT (octobre 2025)

Définition de l'islamisme : Sénat, 2020. Le FSPRT ne recense pas tous les islamistes, selon la DGSI.

Source INSEE +4 INSEE · mars 2023 La diversité religieuse en France : transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines (Immigrés et descendants d'immigrés en France, Insee Références, édition 2023) début de l'étude, partie « Les immigrés sont proportionnellement deux fois plus nombreux à s'affilier à une religion… » (chercher « 10 % de la population ») Assemblée nationale · décembre 2025 Rapport de la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste (n° 2235), partie descriptive et audition de la DGSI page 35 du rapport et sa note (5) (chercher « un peu moins de 4 000 ») Sénat · juillet 2020 Radicalisation islamiste : faire face et lutter ensemble, rapport de la commission d'enquête, tome I (rapport n° 595) pages 9-10 et 12 du rapport (chercher « une minorité de la population française » et « le terme islamisme décrit ») Assemblée nationale · janvier 2026 Rapport sur la proposition de résolution européenne visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes (n° 2318) page 5 du rapport, introduction (chercher « entre 400 et 1 000 ») Ministère de l'Intérieur · mai 2025 Frères musulmans et islamisme politique en France (version rendue publique) introduction, page 6, et partie 3.1.1.1 « Un acteur majeur du culte musulman » (chercher « 400 personnes »)

Si l'objectif est de se protéger des islamistes, les pouvoirs publics ciblent des personnes et des structures précises plutôt que l'ensemble des musulmans. Voici ce que mesurent les rapports officiels.

  1. 29 dissolutions depuis 2019

    Dissoudre les structures qui propagent l'islamisme

    Selon le Sénat, 29 associations ou groupements ont été dissous depuis 2019, majoritairement des entités liées à la mouvance islamiste. Sénat Sénat · avril 2026 Rapport sur la proposition de loi visant à lutter contre l'entrisme islamiste en France (n° 575) commentaire de l'article 2, page 17 (chercher « 145 dissolutions »)

  2. 150 mineurs suivis

    Suivre de près les plus jeunes

    Selon la DGSI, 70 % des personnes impliquées dans des projets d'action violente depuis 2023 ont moins de 21 ans. Environ 150 des 1 300 personnes du FSPRT suivies par la DNRT sont mineures. Assemblée nationale Assemblée nationale · décembre 2025 Rapport de la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste (n° 2235), partie descriptive et audition de la DGSI pages 36 et 38 du rapport (chercher « moins de 21 ans » et « six projets d'action »)

Pratique religieuse des musulmans de 18 à 59 ans (2019-2020)
  • La religion compte beaucoup ou assez 76 %
  • Prient au moins une fois par semaine 58 %
  • Citent la religion dans leur identité (18-49 ans) 30 %
  • Vont régulièrement à la mosquée 20 %

Enquête Trajectoires et Origines 2 (Ined-Insee). Une pratique religieuse, même intense, n'est pas un projet politique.

Source INSEE INSEE · mars 2023 La diversité religieuse en France : transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines (Immigrés et descendants d'immigrés en France, Insee Références, édition 2023) partie « Des pratiques peu assidues chez les catholiques et plus actives pour les musulmans » (chercher « 76 % des musulmans »)

Pourquoi « faux » ? Parce que l'affirmation dit « tous ». Pratiquer l'islam est une liberté protégée ; l'islamisme est un projet politique, que le Sénat décrit comme le fait d'une minorité.

Les ordres de grandeur sont nets. L'estimation la plus précise citée par le Sénat compte 3,3 à 5 millions de musulmans en France ; en 2019-2020, 10 % des 18-59 ans se déclarent musulmans en France métropolitaine. Le fichier des radicalisés à caractère terroriste compte un peu moins de 4 000 personnes, tous âges confondus. Même en supposant qu'elles soient toutes musulmanes, cela fait moins d'une sur 800 (notre calcul).

Ce fichier ne compte pas tous les islamistes : il vise les personnes susceptibles de passer à la violence. Pour l'islamisme non violent, le rapport présenté en Conseil de défense en mai 2025 estime le cercle restreint des Frères musulmans entre 400 et 1 000 membres, même si l'affiliation est souvent officieuse et si la mouvance qui s'en inspire est plus large. Et une minorité plus large adhère à certaines idées islamistes : 27 % des personnes de religion ou d'origine musulmane interrogées par l'IFOP en 2019 jugeaient que la charia devrait s'imposer par rapport aux lois de la République. Cela reste une minorité, pas « tous ».

Généraliser a aussi un coût. Parmi les immigrés et descendants d'immigrés du Maroc et de Tunisie qui disent avoir subi un traitement inégalitaire, 30 % l'attribuent à leur religion, contre 2 % dans la population sans ascendance migratoire.

Notre calcul. Avec l'estimation la plus basse (3,3 millions de musulmans) et en comptant comme musulmanes toutes les personnes inscrites au FSPRT (un peu moins de 4 000) : 3 300 000 / 4 000 = 825, donc moins d'une personne sur 800. Avec l'estimation haute (5 millions) : 5 000 000 / 4 000 = 1 250. C'est un ordre de grandeur : l'estimation date de 2019, le chiffre du FSPRT de 2025, et le FSPRT compte aussi des mineurs.

Discriminations liées à la religion
30 sur 100

Parmi les immigrés et descendants d'immigrés du Maroc et de Tunisie qui disent avoir subi un traitement inégalitaire, 30 sur 100 l'attribuent à leur religion. C'est 2 sur 100 dans la population sans ascendance migratoire.

Enquête Trajectoires et Origines 2 (Ined-Insee, 2019-2020). Ce motif est cité de plus en plus souvent depuis dix ans.

Source INSEE INSEE · mars 2023 Discriminations (Immigrés et descendants d'immigrés en France, Insee Références, édition 2023) paragraphe sur les motifs de discrimination (chercher « lié à leur religion »)

Imaginez un collègue musulman qui fait le ramadan et prie chaque semaine. Selon l'enquête de l'INSEE et de l'Ined, il ressemble à la majorité des musulmans de France : la religion compte pour 76 % d'entre eux, sans que cela en fasse des militants politiques.

Si l'on vous regardait comme un suspect à cause de votre religion, comment le vivriez-vous ? C'est ce que décrivent une partie des personnes interrogées : parmi les immigrés et descendants d'immigrés du Maroc et de Tunisie qui disent avoir subi un traitement inégalitaire, 30 sur 100 l'attribuent à leur religion.

Qu'est-ce qui, pour vous, distingue un musulman pratiquant d'un islamiste ? Et qu'est-ce qui vous fait craindre que la frontière soit mince ?

  1. La diversité religieuse en France : transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines (Immigrés et descendants d'immigrés en France, Insee Références, édition 2023), INSEE, d'après l'enquête Trajectoires et Origines 2 (Ined-Insee, 2019-2020), mars 2023. début de l'étude, partie « Les immigrés sont proportionnellement deux fois plus nombreux à s'affilier à une religion… » (chercher « 10 % de la population ») ; partie « Des pratiques peu assidues chez les catholiques et plus actives pour les musulmans » (chercher « 76 % des musulmans ») ; partie « Davantage de personnes sans religion depuis 2008 », paragraphe sur l'identité (chercher « reculé en onze ans »).
  2. Radicalisation islamiste : faire face et lutter ensemble, rapport de la commission d'enquête, tome I (rapport n° 595), Sénat, citant la synthèse de l'Observatoire de la laïcité de juillet 2019, juillet 2020. page 10 du rapport, note de bas de page 1 (chercher « entre 3,3 et ») ; pages 9-10 et 12 du rapport (chercher « une minorité de la population française » et « le terme islamisme décrit ») ; page 12 du rapport et sa note de bas de page 2 (chercher « 27 % des personnes interrogées »).
  3. Rapport de la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste (n° 2235), partie descriptive et audition de la DGSI, Assemblée nationale, d'après la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), décembre 2025. page 35 du rapport et sa note (5) (chercher « un peu moins de 4 000 ») ; pages 36 et 38 du rapport (chercher « moins de 21 ans » et « six projets d'action ») ; page 35 du rapport (chercher « cinquante attaques »).
  4. Rapport sur la proposition de résolution européenne visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes (n° 2318), Assemblée nationale, commission des affaires européennes, d'après le rapport « Frères musulmans et islamisme politique en France » présenté en Conseil de défense le 21 mai 2025, janvier 2026. page 5 du rapport, introduction (chercher « entre 400 et 1 000 »).
  5. Rapport sur la proposition de loi visant à lutter contre l'entrisme islamiste en France (n° 575), Sénat, commission des lois, avril 2026. commentaire de l'article 2, page 17 (chercher « 145 dissolutions »).
  6. Discriminations (Immigrés et descendants d'immigrés en France, Insee Références, édition 2023), INSEE, d'après l'enquête Trajectoires et Origines 2 (Ined-Insee, 2019-2020), mars 2023. paragraphe sur les motifs de discrimination (chercher « lié à leur religion »).
  7. Frères musulmans et islamisme politique en France (version rendue publique), Ministère de l'Intérieur, mai 2025. introduction, page 6, et partie 3.1.1.1 « Un acteur majeur du culte musulman » (chercher « 400 personnes »).
  8. Étude auprès de la population musulmane en France, 30 ans après l'affaire des foulards de Creil, IFOP, pour Le Point et la Fondation Jean-Jaurès, septembre 2019. page 2 (méthodologie), page 36 (tableau des affirmations) et page 50 (croisement par nationalité) (chercher « la charia »).

Une erreur ? Signalez-la, on corrige publiquement.

Sur le même sujet : « Les étrangers commettent beaucoup plus de délits que les Français. » · « Le grand remplacement, c'est en cours. » · « L'islam est incompatible avec la République. »

Réponses tirées de fiches vérifiées. La source est sous chaque phrase.