La France en vrai

L'islam est-il incompatible avec la République ? Ce que disent la loi et les chiffres

L'islam est incompatible avec la République.

Faux

Non, pour la loi, l'islam est un culte comme les autres : la République garantit son libre exercice, dans le respect de l'ordre public. Ce que l'État combat, c'est l'islamisme, un projet politique qui place les lois religieuses au-dessus de celles de la République : 29 associations ou groupements ont été dissous depuis 2019, majoritairement liés à cette mouvance. En 2019-2020, 10 % des 18-59 ans se déclarent musulmans en France métropolitaine. Légifrance +2 Légifrance · décembre 1905 Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État (version en vigueur) titre Ier « Principes », articles 1er et 2 (version en vigueur au 29 octobre 2026) Sénat · avril 2026 Rapport sur la proposition de loi visant à lutter contre l'entrisme islamiste en France (n° 575) « L'essentiel », partie I, page 6 (chercher « fermetures de lieux de culte » et « lois religieuses sont supérieures ») INSEE · mars 2023 La diversité religieuse en France : transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines (Immigrés et descendants d'immigrés en France, Insee Références, édition 2023) début de l'étude, partie « Les immigrés sont proportionnellement deux fois plus nombreux à s'affilier à une religion… » (chercher « 10 % de la population »)

La part de vrai

Une minorité de musulmans adhère à des idées contraires aux lois de la République. Dans un sondage IFOP de 2019 cité par le Sénat, 27 % des personnes de religion ou d'origine musulmane interrogées (15 ans et plus) étaient d'accord avec l'idée que « la charia devrait s'imposer par rapport aux lois de la République » (18 % parmi ceux qui sont Français de naissance, 41 % parmi les étrangers). Et selon l'Assemblée nationale, le rapport gouvernemental de 2025 sur les Frères musulmans montre que leur doctrine est « incompatible avec les principes de la démocratie libérale ». Sénat +2 Sénat · juillet 2020 Radicalisation islamiste : faire face et lutter ensemble, rapport de la commission d'enquête, tome I (rapport n° 595) page 12 du rapport et sa note de bas de page 2 (chercher « 27 % des personnes interrogées ») IFOP · septembre 2019 Étude auprès de la population musulmane en France, 30 ans après l'affaire des foulards de Creil page 2 (méthodologie) et page 36 (tableau « L'adhésion à différentes affirmations ») (chercher « la charia ») Assemblée nationale · janvier 2026 Rapport sur la proposition de résolution européenne visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes (n° 2318) page 5 du rapport, introduction (chercher « entre 400 et 1 000 »)

Se déclarent musulmanes, parmi 100 personnes de 18 à 59 ans
10 sur 100

En 2019-2020, en France métropolitaine, 10 personnes sur 100 de 18 à 59 ans se déclarent musulmanes, 29 catholiques, 10 d'une autre religion et 51 sans religion.

Enquête Trajectoires et Origines 2 (Ined-Insee, 2019-2020).

Source INSEE INSEE · mars 2023 La diversité religieuse en France : transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines (Immigrés et descendants d'immigrés en France, Insee Références, édition 2023) début de l'étude, partie « Les immigrés sont proportionnellement deux fois plus nombreux à s'affilier à une religion… » (chercher « 10 % de la population »)

Islam, islamisme, séparatisme : ce que dit l'État
TermeCe que c'estCe que fait l'État
IslamUne religionGarantit son libre exercice, comme pour tout culte, dans le respect de l'ordre public (loi de 1905)
IslamismeUne idéologie politique qui veut imposer l'islam comme norme politique, économique et socialeLe combat : 29 dissolutions depuis 2019, majoritairement liées à cette mouvance
SéparatismeUn discours selon lequel les lois religieuses sont supérieures aux lois de la RépubliqueDélit de séparatisme (loi de 2021), fermetures de lieux de culte liés à des mouvances islamistes potentiellement violentes

Définitions : Sénat, 2020 et 2026. La loi ne vise pas une religion, mais des comportements et un projet politique.

Source Légifrance +3 Légifrance · décembre 1905 Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État (version en vigueur) titre Ier « Principes », articles 1er et 2 (version en vigueur au 29 octobre 2026) Sénat · juillet 2020 Radicalisation islamiste : faire face et lutter ensemble, rapport de la commission d'enquête, tome I (rapport n° 595) pages 9-10 et 12 du rapport (chercher « une minorité de la population française » et « le terme islamisme décrit ») Sénat · avril 2026 Rapport sur la proposition de loi visant à lutter contre l'entrisme islamiste en France (n° 575) « L'essentiel », partie I, page 6 (chercher « fermetures de lieux de culte » et « lois religieuses sont supérieures ») Sénat · mars 2024 Loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République : tout reste à faire (L'essentiel, rapport d'information n° 383) pages 1 à 3 (chercher « peu probants », « 17 000 », « 505 000 » et « peu poursuivis »)

Pourquoi la loi de 2021 n'a pas tout réglé

En 2024, le Sénat juge le bilan de la loi confortant le respect des principes de la République « encore loin d'être concluant », avec des résultats « peu probants ». Les faits visés par le délit de séparatisme, puni de cinq ans de prison et de 75 000 euros d'amende, sont selon lui « relativement peu poursuivis ». Sénat Sénat · mars 2024 Loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République : tout reste à faire (L'essentiel, rapport d'information n° 383) pages 1 à 3 (chercher « peu probants », « 17 000 », « 505 000 » et « peu poursuivis »)

Si l'objectif est de faire respecter les principes de la République face à l'islamisme, voici ce que mesurent les rapports officiels sur les outils déjà en place.

  1. 505 000 agents formés

    Former les agents publics à la laïcité

    Selon le Sénat en 2024, 505 000 agents publics ont été formés à la laïcité, dont 380 000 dans l'éducation nationale, et 17 000 référents laïcité ont été nommés. Sénat Sénat · mars 2024 Loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République : tout reste à faire (L'essentiel, rapport d'information n° 383) pages 1 à 3 (chercher « peu probants », « 17 000 », « 505 000 » et « peu poursuivis »)

  2. 29 dissolutions depuis 2019

    Dissoudre les structures qui propagent l'islamisme

    Selon le Sénat, 29 associations ou groupements ont été dissous depuis 2019, majoritairement des entités liées à la mouvance islamiste. Sénat Sénat · avril 2026 Rapport sur la proposition de loi visant à lutter contre l'entrisme islamiste en France (n° 575) commentaire de l'article 2, page 17 (chercher « 145 dissolutions »)

  3. 5 ans de prison

    Appliquer le délit de séparatisme

    Le délit de séparatisme est puni de cinq ans de prison et de 75 000 euros d'amende. Le Sénat constate en 2024 que ces faits sont « relativement peu poursuivis ». Sénat Sénat · mars 2024 Loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République : tout reste à faire (L'essentiel, rapport d'information n° 383) pages 1 à 3 (chercher « peu probants », « 17 000 », « 505 000 » et « peu poursuivis »)

D'accord pour que « la charia s'impose par rapport aux lois de la République » (personnes de religion ou d'origine musulmane, 15 ans et plus, 2019)
  • Ensemble 27 %
  • Français de naissance 18 %
  • Français par acquisition 26 %
  • Étrangers 41 %

Sondage IFOP pour la Fondation Jean-Jaurès et Le Point, cité par le Sénat en 2020. Dans l'ensemble, 65 % n'étaient pas d'accord. Un sondage donne un ordre de grandeur, pas une mesure exacte.

Source Sénat +1 Sénat · juillet 2020 Radicalisation islamiste : faire face et lutter ensemble, rapport de la commission d'enquête, tome I (rapport n° 595) page 12 du rapport et sa note de bas de page 2 (chercher « 27 % des personnes interrogées ») IFOP · septembre 2019 Étude auprès de la population musulmane en France, 30 ans après l'affaire des foulards de Creil page 2 (méthodologie) et page 36 (tableau « L'adhésion à différentes affirmations ») (chercher « la charia »)

Pourquoi « faux » ? La République ne reconnaît aucun culte et garantit leur libre exercice, avec une seule limite : l'ordre public. La loi de 1905 et la Constitution s'appliquent à l'islam comme aux autres cultes.

Ce qui est incompatible avec la République, selon l'État lui-même, c'est un projet politique : l'islamisme, qui veut imposer l'islam comme norme politique, économique et sociale, et le séparatisme, qui place les lois religieuses au-dessus de celles de la République. La loi de 2021 vise ces comportements, pas la foi : le Sénat rappelle que la pratique du culte « relève de la liberté de chacun de vivre sa foi ».

Il serait faux aussi de dire que le problème n'existe pas. 27 % des personnes de religion ou d'origine musulmane interrogées par l'IFOP en 2019 jugeaient que la charia devrait s'imposer par rapport aux lois de la République. C'est une minorité importante, mais une minorité, et ce chiffre baisse à 18 % chez ceux qui sont Français de naissance. Dans le même sondage, 70 % jugeaient que la laïcité permet aux musulmans de pratiquer librement leur religion.

Enfin, la laïcité oblige l'État, pas les croyants : selon le Sénat, « ni les individus, ni la société française n'ont l'obligation d'être laïcs ».

Imaginez une collègue musulmane qui prie, fait le ramadan et porte le voile en dehors du travail. Elle exerce une liberté que la loi de 1905 garantit à tous les croyants, comme un catholique qui va à la messe.

Imaginez maintenant une personne qui menace un agent public pour obtenir une exception au nom de sa religion. C'est ce que vise le délit de séparatisme, puni de cinq ans de prison. La frontière ne passe pas entre les religions, mais entre la foi et un projet politique.

Quand vous dites que l'islam est incompatible avec la République, pensez-vous à la religion elle-même ou à ceux qui veulent imposer la charia ? La réponse n'est pas la même.

  1. Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État (version en vigueur), Légifrance, décembre 1905. titre Ier « Principes », articles 1er et 2 (version en vigueur au 29 octobre 2026).
  2. Constitution du 4 octobre 1958 (texte intégral en vigueur), article premier, Conseil constitutionnel, octobre 1958. article premier.
  3. La diversité religieuse en France : transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines (Immigrés et descendants d'immigrés en France, Insee Références, édition 2023), INSEE, d'après l'enquête Trajectoires et Origines 2 (Ined-Insee, 2019-2020), mars 2023. début de l'étude, partie « Les immigrés sont proportionnellement deux fois plus nombreux à s'affilier à une religion… » (chercher « 10 % de la population ») ; partie « Des pratiques peu assidues chez les catholiques et plus actives pour les musulmans » (chercher « 76 % des musulmans »).
  4. Radicalisation islamiste : faire face et lutter ensemble, rapport de la commission d'enquête, tome I (rapport n° 595), Sénat, juillet 2020. pages 9-10 et 12 du rapport (chercher « une minorité de la population française » et « le terme islamisme décrit ») ; page 12 du rapport et sa note de bas de page 2 (chercher « 27 % des personnes interrogées »).
  5. Rapport sur la proposition de loi visant à lutter contre l'entrisme islamiste en France (n° 575), Sénat, commission des lois, avril 2026. « L'essentiel », partie I, page 6 (chercher « fermetures de lieux de culte » et « lois religieuses sont supérieures ») ; commentaire de l'article 2, page 17 (chercher « 145 dissolutions »).
  6. Loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République : tout reste à faire (L'essentiel, rapport d'information n° 383), Sénat, commission des lois, mars 2024. pages 1 à 3 (chercher « peu probants », « 17 000 », « 505 000 » et « peu poursuivis »).
  7. Rapport sur la proposition de résolution européenne visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes (n° 2318), Assemblée nationale, commission des affaires européennes, d'après le rapport « Frères musulmans et islamisme politique en France » présenté en Conseil de défense le 21 mai 2025, janvier 2026. page 5 du rapport, introduction (chercher « entre 400 et 1 000 »).
  8. Projet de loi confortant le respect des principes de la République, rapport n° 454 (2020-2021), tome I, « L'essentiel », Sénat, commission des lois, mars 2021. partie « L'essentiel », paragraphes sur l'islamisme et la laïcité (chercher « ne salarie ni ne subventionne »).
  9. Étude auprès de la population musulmane en France, 30 ans après l'affaire des foulards de Creil, IFOP, pour Le Point et la Fondation Jean-Jaurès, septembre 2019. page 2 (méthodologie) et page 36 (tableau « L'adhésion à différentes affirmations ») (chercher « la charia »).

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Sur le même sujet : « Le grand remplacement, c'est en cours. » · « Tous les musulmans sont des islamistes en puissance. »

Réponses tirées de fiches vérifiées. La source est sous chaque phrase.