La plupart des demandeurs d'asile sont-ils de faux réfugiés ?
La plupart des demandeurs d'asile sont de faux réfugiés, des migrants économiques.
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Réponse vérifiée · 6 sources · données à jour : octobre 2026
Trompeur
Non, la plupart des demandeurs d'asile ne sont pas de « faux réfugiés ». En 2025, en comptant les recours, environ une demande sur deux aboutit à une protection (taux global de 52,1 %), et l'autre moitié est refusée. Un refus ne prouve pas une fraude : il dit que le dossier ne remplit pas les conditions strictes de l'asile. Ministère de l'Intérieur +3 Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement chapitre 4, page 78 (chercher « 52,1 % ») INSEE · mars 2023 Premières demandes et octroi de l'asile, fiche 2.5, page 104 (Immigrés et descendants d'immigrés, Insee Références, édition 2023) page 104, encadré « Définitions » (chercher « taux synthétique de protection = ») Cour nationale du droit d'asile · mars 2026 Rapport d'activité 2025 « Sept décennies au service du droit d'asile » encadré « Les catégories de protection accordées par la CNDA », pages 10-11 du rapport (chercher « craignant avec raison ») OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « L'activité contentieuse », page 72 (chercher « absence de craintes »)
La part de vrai
Près d'une demande sur deux est finalement refusée, recours compris, et pour certains pays presque toutes : en 2025, l'OFPRA a accordé une protection à 5,9 % des Géorgiens et à 4,1 % des Arméniens. Les demandes de réexamen ont aussi augmenté de 43 % en un an ; quand elles n'apportent rien de nouveau, elles sont écartées sans entretien. Ministère de l'Intérieur +1 Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement chapitre 4, page 78 (chercher « 52,1 % ») OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » annexe 2, « Total demandes de protection et décisions prises par nationalité », pages 122-123, lignes « Rép. dém. Congo » (page 121) et « Géorgie » (page 122 : demandes, admissions, rejets ; page 123 : clôtures, total des décisions, taux d'admission, admissions CNDA, total des admissions OFPRA et CNDA) et lignes « Bangladesh », « Arménie », « Kosovo » (page 123)
Le taux global, calculé par le ministère de l'Intérieur, estime la part des demandes qui aboutissent à une protection une fois les recours jugés. Environ une demande sur deux aboutit à une protection en 2025.
Source OFPRA +3 OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « Les décisions », page 66 (chercher « 156 509 ») Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement chapitre 4, page 78 (chercher « 52,1 % ») Eurostat · avril 2026 Asylum decisions - annual statistics (Statistics Explained) paragraphes après la figure 3 et après la figure 6 (chercher « 39.1% » et « 20.9% ») INSEE · mars 2023 Premières demandes et octroi de l'asile, fiche 2.5, page 104 (Immigrés et descendants d'immigrés, Insee Références, édition 2023) page 104, encadré « Définitions » (chercher « taux synthétique de protection = »)
Le refus est bien majoritaire en première instance : l'OFPRA accorde une protection dans 41,2 % de ses décisions en 2025. Mais saisie en recours, la Cour nationale du droit d'asile accorde encore 12 391 protections (23,3 % de ses décisions). OFPRA +1 OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « Les décisions », page 66 (chercher « 156 509 ») Cour nationale du droit d'asile · mars 2026 Rapport d'activité 2025 « Sept décennies au service du droit d'asile » partie « Protéger, les protections accordées en 2025 », pages 10-11 du rapport (chercher « 12 391 »)
Les premiers pays d'origine sont en guerre ou en crise grave : l'Afghanistan, la République démocratique du Congo, l'Ukraine et Haïti. L'OFPRA protège 89,7 % des Ukrainiens et 70,6 % des Afghans qui demandent l'asile. Ministère de l'Intérieur +1 Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement chapitre 4, page 77 (chercher « principaux pays d'origine ») OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « Les décisions », page 67 (chercher « 89,7 % » et « 85,3 % »)
Être pauvre ne suffit pas pour obtenir l'asile. Il faut craindre d'être persécuté pour sa religion, ses opinions, son origine ou son appartenance à un groupe, ou courir un risque grave comme la peine de mort, la torture ou la violence d'une guerre. Cour nationale du droit d'asile Cour nationale du droit d'asile · mars 2026 Rapport d'activité 2025 « Sept décennies au service du droit d'asile » encadré « Les catégories de protection accordées par la CNDA », pages 10-11 du rapport (chercher « craignant avec raison »)
Un refus n'est pas une preuve de mensonge. En général, les demandeurs n'ont aucun document officiel prouvant le danger : le juge apprécie la « plausibilité » de leurs craintes à partir de leur récit. Cour nationale du droit d'asile +1 Cour nationale du droit d'asile · mars 2026 Rapport d'activité 2025 « Sept décennies au service du droit d'asile » partie « Le temps de l'audience et les missions du juge de l'asile », page 31 du fichier, témoignage d'Yves Marino, président vacataire (chercher « plausibilité ») OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « L'activité contentieuse », page 72 (chercher « absence de craintes »)
La France est proche de la moyenne européenne : dans l'Union, 39,1 % des décisions de première instance sont positives en 2025, contre 41,2 % à l'OFPRA. Eurostat +1 Eurostat · avril 2026 Asylum decisions - annual statistics (Statistics Explained) paragraphes après la figure 3 et après la figure 6 (chercher « 39.1% » et « 20.9% ») OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « Les décisions », page 66 (chercher « 156 509 »)
Pourquoi la France examine chaque demande d'asile
Le droit d'asile est inscrit dans la Constitution depuis 1946 : « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République. » La France applique aussi la convention de Genève de 1951 : est réfugiée toute personne qui craint avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques. Le droit européen, repris dans la loi française, ajoute une protection pour ceux qui risquent la peine de mort, la torture ou la violence d'une guerre. Chaque dossier est donc examiné un par un. Conseil constitutionnel +1 Conseil constitutionnel · octobre 1946 Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 alinéa 4 Cour nationale du droit d'asile · mars 2026 Rapport d'activité 2025 « Sept décennies au service du droit d'asile » encadré « Les catégories de protection accordées par la CNDA », pages 10-11 du rapport (chercher « craignant avec raison »)
Si l'objectif est que les demandes sans fondement soient écartées vite, sans fermer la porte aux personnes en danger, voici ce que mesurent ou prévoient les organismes officiels.
Selon le ministère de l'Intérieur. Le délai a baissé de plus de 5 mois en quatre ans.
Source Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement chapitre 4, page 78 (chercher « 10,9 mois »)
- 10,9 mois en 2025
Décider vite
En 2025, une demande d'asile est tranchée en 10,9 mois en moyenne, recours compris, contre 16 mois en 2021. Une décision rapide protège plus tôt ceux qui sont en danger et raccourcit l'attente de ceux qui seront refusés. Pendant cette attente, l'État verse une allocation : 325,3 millions d'euros en 2025, Ukrainiens sous protection temporaire compris. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement chapitre 4, page 78 (chercher « 10,9 mois »)
- 20 % de protection ou moins
Examiner à la frontière les demandes des pays peu protégés
Le Pacte européen sur la migration et l'asile rend obligatoire une procédure rapide à la frontière pour les personnes qui fraudent, qui menacent l'ordre public, ou qui viennent d'un pays dont le taux de protection en Europe est de 20 % ou moins. L'OFPRA devra examiner ces demandes sur le fond, dans un délai court. OFPRA OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « Préparation à la mise en œuvre du Pacte », vers la page 90-91 (chercher « 20 % »)
- 45 % des demandes
Accélérer l'examen pour les pays d'origine sûrs
En 2025, 45 % des demandes ont suivi une procédure accélérée, notamment celles venues de pays jugés sûrs comme la Géorgie. L'OFPRA peut repasser un dossier en procédure normale : il l'a fait 143 fois, dans plus d'un tiers des cas pour une raison de vulnérabilité. OFPRA OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « L'évolution de la demande, présentation générale », page 16 (chercher « 145 270 » et « procédures accélérées »)
En première instance, avant recours. Le taux dépend surtout de la situation dans le pays d'origine.
En 2025, l'OFPRA a pris 156 509 décisions, un record. Il a accordé une protection dans 41,2 % des cas, contre 38,9 % en 2024, en partie à cause du poids des Ukrainiens, des Afghans et des Haïtiens. 63 593 personnes ont été protégées par l'OFPRA. OFPRA OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « Les décisions », page 66 (chercher « 156 509 »)
Selon le ministère de l'Intérieur, 41,2 % des décisions de l'OFPRA et 23 % de celles de la CNDA ont été favorables en 2025. Au total, 78 782 personnes ont obtenu une protection, et le taux global de protection atteint 52,1 %, 2,7 points de plus qu'en 2024. Afghans, Ukrainiens et Haïtiens représentent plus de la moitié des protections. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement chapitre 4, page 78 (chercher « 52,1 % »)
Le tableau de synthèse de l'OFPRA pour 2025 compte 63 593 admissions par l'OFPRA, 90 610 rejets et 15 190 admissions après annulation par la CNDA, soit 78 783 personnes protégées. En rapportant ces protections aux admissions et rejets de l'OFPRA, on obtient 51,1 % (notre calcul). C'est un ordre de grandeur : une partie des recours gagnés en 2025 portent sur des refus des années précédentes. OFPRA OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » annexe 1, « Principaux chiffres », page 119, colonnes 2025, 2024 et évolution (chercher « 90 610 »)
En 2025, la Cour nationale du droit d'asile a accordé une protection dans 23,3 % de ses décisions (21,3 % en 2024), soit 12 391 décisions de protection. Selon la Cour, le taux de protection varie beaucoup d'un pays à l'autre et dépend de la situation dans le pays d'origine. Cour nationale du droit d'asile Cour nationale du droit d'asile · mars 2026 Rapport d'activité 2025 « Sept décennies au service du droit d'asile » partie « Protéger, les protections accordées en 2025 », pages 10-11 du rapport (chercher « 12 391 »)
En 2025, les taux de protection les plus élevés à l'OFPRA concernent les Tibétains de Chine (92 %), les Ukrainiens (89,7 %), les Haïtiens, les Syriens et les Sud-Soudanais (entre 87 et 89 %), puis les Afghans (70,6 %). 85,3 % des protections subsidiaires ont été accordées pour une violence généralisée liée à un conflit armé. OFPRA OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « Les décisions », page 67 (chercher « 89,7 % » et « 85,3 % »)
En 2025, les principaux pays d'origine des demandeurs d'asile en France sont l'Afghanistan (10 % des demandes), la République démocratique du Congo (9,8 %), l'Ukraine (9,5 %), Haïti (6,3 %) et la Guinée (5,1 %). Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement chapitre 4, page 77 (chercher « principaux pays d'origine »)
Pour certaines nationalités, l'OFPRA rejette presque toutes les demandes en 2025 : il accorde une protection à 9,4 % des Bangladais, 4,1 % des Arméniens, 5,9 % des Géorgiens et 8,7 % des Kosovars. Même en comptant les recours, les protections restent rares : par exemple, 240 protections par l'OFPRA et 80 par la CNDA pour les Géorgiens, contre 3 797 rejets. Pour la République démocratique du Congo, deuxième pays d'origine, l'OFPRA accorde une protection dans 18,8 % des cas, et la CNDA en ajoute 1 364. OFPRA OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » annexe 2, « Total demandes de protection et décisions prises par nationalité », pages 122-123, lignes « Rép. dém. Congo » (page 121) et « Géorgie » (page 122 : demandes, admissions, rejets ; page 123 : clôtures, total des décisions, taux d'admission, admissions CNDA, total des admissions OFPRA et CNDA) et lignes « Bangladesh », « Arménie », « Kosovo » (page 123)
La convention de Genève de 1951 définit le réfugié comme une personne qui craint avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques. La protection subsidiaire couvre les personnes qui risquent la peine de mort, la torture, ou une menace grave liée à la violence d'un conflit armé. Cour nationale du droit d'asile Cour nationale du droit d'asile · mars 2026 Rapport d'activité 2025 « Sept décennies au service du droit d'asile » encadré « Les catégories de protection accordées par la CNDA », pages 10-11 du rapport (chercher « craignant avec raison »)
Un juge de la Cour nationale du droit d'asile explique que les demandeurs n'ont en général pas de document officiel prouvant leurs craintes : le juge doit apprécier la crédibilité ou la plausibilité de leur récit, et vérifier sa cohérence avec la situation connue du pays. Cour nationale du droit d'asile Cour nationale du droit d'asile · mars 2026 Rapport d'activité 2025 « Sept décennies au service du droit d'asile » partie « Le temps de l'audience et les missions du juge de l'asile », page 31 du fichier, témoignage d'Yves Marino, président vacataire (chercher « plausibilité »)
Parmi les décisions négatives de l'OFPRA, le rapport distingue notamment les irrecevabilités (réexamens, protection déjà obtenue dans un autre pays), les rejets fondés sur l'absence de craintes, et l'application d'une clause d'exclusion ou d'un motif d'ordre public. OFPRA OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « L'activité contentieuse », page 72 (chercher « absence de craintes »)
En 2025, l'OFPRA a reçu 145 270 demandes. Les premières demandes ont baissé de 14,4 % (111 343), mais les réexamens ont augmenté de 43 % (33 713). 45 % des demandes ont suivi une procédure accélérée ; la Géorgie, pays d'origine sûr, représente 10 % des procédures accélérées en première demande. L'OFPRA a repassé 143 dossiers en procédure normale, pour plus d'un tiers d'entre eux pour une raison de vulnérabilité. OFPRA OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « L'évolution de la demande, présentation générale », page 16 (chercher « 145 270 » et « procédures accélérées »)
En 2025, l'OFPRA a pris 15 338 décisions d'irrecevabilité. 86 % d'entre elles ont été rendues sur dossier et sans entretien, parce que le demandeur n'apportait pas d'élément nouveau dans une demande de réexamen. Elles concernent d'abord des Turcs et des Afghans. OFPRA OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « Les décisions », page 67 (chercher « 15 338 »)
Dans l'ensemble de l'Union européenne, 39,1 % des décisions d'asile de première instance ont été positives en 2025, et 20,9 % des décisions définitives rendues en appel ou en révision. Eurostat Eurostat · avril 2026 Asylum decisions - annual statistics (Statistics Explained) paragraphes après la figure 3 et après la figure 6 (chercher « 39.1% » et « 20.9% »)
Le droit d'asile est inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946, qui fait partie de la Constitution actuelle : « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République. » Conseil constitutionnel Conseil constitutionnel · octobre 1946 Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 alinéa 4
Avec le Pacte européen sur la migration et l'asile, une procédure d'asile à la frontière, examinée sur le fond dans un délai court, devient obligatoire pour les personnes qui fraudent, qui menacent l'ordre public ou qui viennent d'un pays dont le taux de protection en Europe est de 20 % ou moins. OFPRA OFPRA · juillet 2026 Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde » partie « Préparation à la mise en œuvre du Pacte », vers la page 90-91 (chercher « 20 % »)
En 2025, le délai global de la demande d'asile, recours compris, est de 10,9 mois, contre 9,8 mois en 2024, 13,2 mois en 2022 et 16 mois en 2021. L'OFPRA a mis 5,4 mois en moyenne pour décider, la CNDA 5,5 mois. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement chapitre 4, page 78 (chercher « 10,9 mois »)
L'allocation pour demandeurs d'asile, versée aussi aux Ukrainiens sous protection temporaire, a coûté 325,3 millions d'euros en 2025. Elle a été versée chaque mois à 92 042 bénéficiaires en moyenne. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · septembre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement chapitre 4, page 79 (chercher « 325,3 M€ »)
Le « taux synthétique de protection » rend compte de la protection accordée en première instance (OFPRA) et en recours (CNDA). L'INSEE le calcule ainsi : taux d'accord de l'OFPRA, plus taux de refus de l'OFPRA multiplié par la part des refus contestés devant la CNDA et par la part des recours gagnés. C'est une estimation, qui évite de mélanger des décisions d'années différentes. INSEE INSEE · mars 2023 Premières demandes et octroi de l'asile, fiche 2.5, page 104 (Immigrés et descendants d'immigrés, Insee Références, édition 2023) page 104, encadré « Définitions » (chercher « taux synthétique de protection = »)
Exactement 85,3 % : ces personnes ne sont pas visées personnellement, mais leur vie est menacée par la violence d'un conflit armé.
Pourquoi « trompeur » ? Le chiffre de départ est vrai, mais la conclusion ne suit pas.
D'abord, il faut regarder la décision finale. En première instance, l'OFPRA refuse près de six demandes sur dix (100 moins 41,2 %, notre calcul). Mais une partie des personnes refusées obtient une protection en recours devant la Cour nationale du droit d'asile. En comptant ces recours, le ministère de l'Intérieur calcule un taux global de protection de 52,1 % en 2025. C'est une estimation : elle combine le taux d'accord de l'OFPRA, la part des refus contestés devant la Cour et la part des recours gagnés. À partir des chiffres de l'OFPRA, on arrive à 51,1 % (notre calcul). Dans les deux cas, environ une demande sur deux aboutit à une protection, et l'autre moitié est refusée.
Ensuite, un refus ne veut pas dire « faux réfugié ». L'asile protège une personne qui craint avec raison d'être persécutée pour sa religion, ses opinions, son origine ou son appartenance à un groupe, ou qui risque la peine de mort, la torture ou la violence d'une guerre. Une personne qui fuit la misère, ou l'insécurité d'un pays qui n'est pas en guerre, sans être menacée elle-même, ne remplit pas ces conditions : elle n'a pas forcément menti. Et comme les demandeurs ont rarement des preuves écrites, le juge décide sur la plausibilité du récit. Un dossier peut être refusé parce que le danger n'a pas pu être établi.
Enfin, « les demandeurs d'asile » ne forment pas un groupe uniforme. En 2025, l'OFPRA protège 89,7 % des Ukrainiens et 70,6 % des Afghans, mais 5,9 % des Géorgiens et 4,1 % des Arméniens. Les statistiques de l'asile ne disent pas pourquoi chaque personne refusée était venue. Dire que « la plupart » sont des migrants économiques, c'est appliquer à tous ce qui vaut pour une partie.
Nos calculs. Refus en première instance : 100 moins 41,2 = 58,8 %. Taux global de 2024 : 52,1 moins 2,7 = 49,4 %. Notre taux à partir de l'OFPRA : 78 783 protections divisées par 154 203 (63 593 admissions et 90 610 rejets) = 51,1 %.
Imaginez que votre assurance refuse de rembourser un dégât chez vous, parce qu'il n'entre pas dans votre contrat ou parce que vous n'avez pas de facture. Personne n'en conclut que vous avez inventé le dégât. L'asile fonctionne un peu de la même façon : un refus dit que le dossier ne remplit pas les conditions, pas que la personne a menti.
Et derrière ces dossiers, il y a des parcours très différents : une Ukrainienne qui fuit les bombardements, un Afghan menacé par les talibans, un Géorgien venu d'un pays classé « sûr », dont la demande sera presque toujours rejetée. Les ranger tous dans la même case, c'est passer à côté de ce que montrent les chiffres : selon le pays d'origine, la protection est très fréquente ou presque inexistante.
À votre avis, une personne qui fuit la misère de son pays, sans y être menacée personnellement, est-elle un « faux réfugié » ou quelqu'un qui ne remplit pas les conditions de l'asile ?
- Rapport d'activité 2025 « À l'écoute du monde », OFPRA, juillet 2026. partie « Les décisions », page 66 (chercher « 156 509 ») ; annexe 1, « Principaux chiffres », page 119, colonnes 2025, 2024 et évolution (chercher « 90 610 ») ; partie « Les décisions », page 67 (chercher « 89,7 % » et « 85,3 % ») ; annexe 2, « Total demandes de protection et décisions prises par nationalité », pages 122-123, lignes « Rép. dém. Congo » (page 121) et « Géorgie » (page 122 : demandes, admissions, rejets ; page 123 : clôtures, total des décisions, taux d'admission, admissions CNDA, total des admissions OFPRA et CNDA) et lignes « Bangladesh », « Arménie », « Kosovo » (page 123) ; partie « L'activité contentieuse », page 72 (chercher « absence de craintes ») ; partie « L'évolution de la demande, présentation générale », page 16 (chercher « 145 270 » et « procédures accélérées ») ; partie « Les décisions », page 67 (chercher « 15 338 ») ; partie « Préparation à la mise en œuvre du Pacte », vers la page 90-91 (chercher « 20 % »).
- Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement, Ministère de l'Intérieur, direction générale des étrangers en France, septembre 2026. chapitre 4, page 78 (chercher « 52,1 % ») ; chapitre 4, page 77 (chercher « principaux pays d'origine ») ; chapitre 4, page 78 (chercher « 10,9 mois ») ; chapitre 4, page 79 (chercher « 325,3 M€ »).
- Rapport d'activité 2025 « Sept décennies au service du droit d'asile », Cour nationale du droit d'asile, mars 2026. partie « Protéger, les protections accordées en 2025 », pages 10-11 du rapport (chercher « 12 391 ») ; encadré « Les catégories de protection accordées par la CNDA », pages 10-11 du rapport (chercher « craignant avec raison ») ; partie « Le temps de l'audience et les missions du juge de l'asile », page 31 du fichier, témoignage d'Yves Marino, président vacataire (chercher « plausibilité »).
- Asylum decisions - annual statistics (Statistics Explained), Eurostat, avril 2026. paragraphes après la figure 3 et après la figure 6 (chercher « 39.1% » et « 20.9% »).
- Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, Conseil constitutionnel, octobre 1946. alinéa 4.
- Premières demandes et octroi de l'asile, fiche 2.5, page 104 (Immigrés et descendants d'immigrés, Insee Références, édition 2023), INSEE, mars 2023. page 104, encadré « Définitions » (chercher « taux synthétique de protection = »).
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