Sortir de Schengen pour contrôler tout le monde : est-ce la solution ?
On sort de Schengen et on contrôle tout le monde.
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- Sources de la fiche : Commission européenne, France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan), INSEE, Cour de justice de l'Union européenne
Réponse vérifiée · 6 sources · données à jour : octobre 2026
Très coûteux
Non, sortir de Schengen n'est pas nécessaire pour contrôler, et contrôler tout le monde coûterait cher. La France contrôle déjà ses frontières intérieures depuis novembre 2015 : elle a notifié 25 périodes successives de contrôles à la Commission européenne (notre calcul). Des contrôles systématiques ralentiraient des centaines de milliers de frontaliers et environ 3 millions de camions dans chaque sens ; France Stratégie estimait en 2016 la perte de recettes touristiques entre 500 millions et près de 1 milliard d'euros par an. Commission européenne +1 Commission européenne · octobre 2026 Member States' notifications of the temporary reintroduction of border control at internal borders (liste complète) notifications n° 510 (page 2) à n° 50 (page 43), lignes « France » France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) partie « Impact sur les travailleurs frontaliers » (chercher « 1,7 euro »)
La part de vrai
Dans l'espace Schengen, on franchit les frontières intérieures sans contrôle systématique. La France invoque le risque terroriste et les traversées de la Manche pour maintenir des contrôles, et la Commission européenne reconnaît la réalité de ces menaces. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) premier paragraphe (chercher « 425 millions »)
Estimations de France Stratégie (2016), avec des contrôles « perlés ». Montants par an, sauf la perte liée aux frontaliers qui renonceraient (150 millions d'euros), dont la note ne précise pas la durée. Avec des contrôles plus fréquents, ces coûts doublent à peu près. Le coût des policiers et douaniers n'est pas compté. La fiche « Fermer les frontières » donne le total.
Source France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) page 3, partie « Impact sur le tourisme » (chercher « 83 millions » puis « 500 millions »)
Les règles de Schengen permettent déjà de rétablir des contrôles en cas de menace grave : selon la Commission européenne, par périodes de six mois renouvelables, jusqu'à 2 ans, et jusqu'à 3 ans au total dans une situation exceptionnelle. Commission européenne Commission européenne · octobre 2026 Temporary Reintroduction of Border Control introduction et partie « Cases requiring action due to foreseeable events » (chercher « three years »)
La France l'a fait : ses contrôles en cours couvrent toutes ses frontières intérieures, jusqu'au 30 avril 2027. Mais en juin 2026, la Commission européenne a émis des réserves sur l'absence de justification de leur extension à toutes les frontières, alors que les franchissements irréguliers ont baissé d'un quart en 2025 en Europe. Commission européenne +1 Commission européenne · octobre 2026 Member States' notifications of the temporary reintroduction of border control at internal borders (liste complète) notifications n° 510 (page 2) à n° 50 (page 43), lignes « France » Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Réactivité », fin (chercher « 2 juin 2026 »)
Contrôler chaque passage, c'est faire attendre les frontaliers. Leurs trajets durent déjà 34 minutes en moyenne, sans compter les embouteillages ; en 2021, 50 000 habitants de France allaient travailler en Allemagne et 46 000 en Belgique. INSEE INSEE · novembre 2024 Un travailleur frontalier sur cinq parcourt plus de 50 km pour aller travailler (Insee Première n° 2027) deuxième partie (chercher « 34 minutes »)
Pour les marchandises, environ 3 millions de camions entrent en France depuis un autre pays Schengen, et autant en sortent, selon France Stratégie (2016). Une demi-heure d'attente en plus coûterait 62 millions d'euros par an à l'import et autant à l'export. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) page 5, partie « Impact sur le transport de marchandises » (chercher « 3 millions de camions ») et tableau 6 (nombre de camions : 3 millions à l'import, 3 millions à l'export)
À long terme, selon France Stratégie, des contrôles permanents dans tout l'espace Schengen équivaudraient à une taxe de 3 % sur le commerce entre les pays de la zone, qui baisserait de 10 % à 20 %. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) page 1, résumé (chercher « taxe de 3 % »)
Pourquoi l'idée séduit
Depuis novembre 2015 (conférence sur le climat, puis attentats de Paris), la France maintient des contrôles à ses frontières intérieures. Elle invoque aujourd'hui le risque terroriste et les traversées de la Manche, et la Commission européenne reconnaît la réalité de ces menaces. Pour beaucoup, contrôler partout et tout le temps semble la suite logique. Commission européenne +1 Commission européenne · octobre 2026 Member States' notifications of the temporary reintroduction of border control at internal borders (liste complète) notifications n° 510 (page 2) à n° 50 (page 43), lignes « France » Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Réactivité », fin (chercher « 2 juin 2026 »)
Si l'objectif est de mieux savoir qui entre et qui circule en France, voici ce que prévoient les règles européennes.
- franchissements irréguliers en baisse d'un quart en 2025
Des contrôles de police ciblés près des frontières
Les règles de Schengen encouragent les contrôles de police ciblés à l'intérieur du territoire et la coopération entre polices voisines. C'est ce que la Commission recommande à la France à la place de contrôles sur toutes les frontières. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Réactivité » (chercher « mesures alternatives »)
- 86,5 millions de signalements
Utiliser les fichiers communs
Le Système d'information Schengen recense les personnes et objets recherchés ou disparus. Les polices l'ont consulté 35 millions de fois par jour en 2022. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Sécurité » (chercher « 86,5 millions »)
- enregistrement des entrées depuis 2025
Contrôler aux frontières extérieures
Le système d'entrée et de sortie (EES), déployé à partir de 2025, enregistre les voyageurs de pays tiers à chaque passage d'une frontière extérieure de l'Europe. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Sécurité » (chercher « EES »)
Ce qui rapporterait peu
Contrôler chaque passage, tous les jours, pénaliserait d'abord ceux qui traversent la frontière pour travailler. Entre le Danemark et la Suède, les frontaliers ont mis 45 minutes de plus après le retour des contrôles. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) page 2, introduction (chercher « Øresund »)
Depuis le 13 novembre 2015, la France a notifié à la Commission européenne 25 périodes successives de contrôles à ses frontières intérieures (notre calcul). La période en cours va du 1er novembre 2026 au 30 avril 2027 et couvre toutes les frontières intérieures avec la Belgique, l'Allemagne, le Luxembourg, la Suisse, l'Espagne et l'Italie. Commission européenne Commission européenne · octobre 2026 Member States' notifications of the temporary reintroduction of border control at internal borders (liste complète) notifications n° 510 (page 2) à n° 50 (page 43), lignes « France »
Un pays peut rétablir des contrôles à ses frontières intérieures en dernier recours, par périodes de six mois renouvelables, pendant 2 ans au plus, et jusqu'à 3 ans au total dans une situation exceptionnelle. Commission européenne Commission européenne · octobre 2026 Temporary Reintroduction of Border Control introduction et partie « Cases requiring action due to foreseeable events » (chercher « three years »)
Le 2 juin 2026, la Commission européenne a rendu un avis sur les contrôles français. Elle reconnaît les menaces invoquées (terrorisme, traversées de la Manche), mais juge l'extension à toutes les frontières insuffisamment justifiée, note une baisse d'un quart des franchissements irréguliers en Europe en 2025 et recommande de lever progressivement les contrôles. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Réactivité », fin (chercher « 2 juin 2026 »)
Les règles de Schengen révisées en 2024 encouragent les contrôles de police ciblés à l'intérieur du territoire et la coopération entre polices voisines, plutôt que des contrôles aux frontières. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Réactivité » (chercher « mesures alternatives »)
Chaque jour, 3,5 millions de personnes franchissent une frontière intérieure de l'espace Schengen, et 1,7 million vivent dans un pays Schengen et travaillent dans un autre. Les Européens y font environ 1,25 milliard de voyages par an. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) introduction (chercher « 3,5 millions »)
Le Système d'information Schengen contient environ 86,5 millions de signalements de personnes ou d'objets recherchés ou disparus ; en 2022, les autorités l'ont consulté 35 millions de fois par jour. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Sécurité » (chercher « 86,5 millions »)
Le système d'entrée et de sortie (EES), déployé à partir de 2025, enregistre les voyageurs de pays tiers en court séjour à chaque passage d'une frontière extérieure. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Sécurité » (chercher « EES »)
Avec des contrôles ponctuels aux frontières, la France perdrait 500 millions d'euros de recettes touristiques par an, et près de 1 milliard avec des contrôles plus fréquents. Elle accueille plus de 83 millions de touristes et 122 millions d'excursionnistes par an. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) page 3, partie « Impact sur le tourisme » (chercher « 83 millions » puis « 500 millions »)
Dix minutes d'attente en plus coûteraient 1,7 euro par passage à un frontalier. Pour 350 000 frontaliers, France Stratégie estimait ce coût à environ 250 millions d'euros par an, le double avec des contrôles plus fréquents. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) partie « Impact sur les travailleurs frontaliers » (chercher « 1,7 euro »)
Plus de 5 000 frontaliers pourraient renoncer à travailler de l'autre côté de la frontière, soit une perte de 150 millions d'euros pour l'économie, selon France Stratégie (la note ne précise pas sur quelle durée). France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) même partie (chercher « 5 000 »)
Selon France Stratégie (2016), environ 3 millions de camions entrent en France depuis un autre pays Schengen, et autant en sortent, pour environ 22 millions de tonnes dans chaque sens (tableau 6 de la note). Une demi-heure d'attente en plus coûterait 62 millions d'euros par an à l'import et autant à l'export. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) page 5, partie « Impact sur le transport de marchandises » (chercher « 3 millions de camions ») et tableau 6 (nombre de camions : 3 millions à l'import, 3 millions à l'export)
À long terme, des contrôles permanents dans tout l'espace Schengen équivaudraient à une taxe de 3 % sur le commerce entre les pays de la zone, qui baisserait de 10 % à 20 %. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) page 1, résumé (chercher « taxe de 3 % »)
Entre le Danemark et la Suède, les frontaliers ont mis 45 minutes de plus pour leur trajet après le retour des contrôles d'identité. À la frontière belge, les trajets étaient souvent allongés d'une demi-heure. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) page 2, introduction (chercher « Øresund »)
En 2021, 50 000 habitants de France travaillaient en Allemagne et 46 000 en Belgique. INSEE INSEE · novembre 2024 Un travailleur frontalier sur cinq parcourt plus de 50 km pour aller travailler (Insee Première n° 2027) première partie (chercher « 50 000 »)
Les trajets des frontaliers durent en moyenne 34 minutes, sans compter les embouteillages, qui les rallongent fortement aux frontières luxembourgeoise et suisse. INSEE INSEE · novembre 2024 Un travailleur frontalier sur cinq parcourt plus de 50 km pour aller travailler (Insee Première n° 2027) deuxième partie (chercher « 34 minutes »)
L'espace Schengen compte plus de 425 millions d'habitants dans 29 pays. On y franchit les frontières intérieures sans contrôle systématique. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) premier paragraphe (chercher « 425 millions »)
Un titre de séjour délivré par un pays de l'Union ne donne le droit de séjourner et de travailler que dans ce pays. Son titulaire peut seulement voyager dans l'espace Schengen pour de courtes durées. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Le rôle central des États membres » (chercher « 90 jours »)
Selon la Cour de justice de l'Union européenne (arrêt du 26 avril 2022, à propos de l'Autriche, sous les règles d'avant la réforme de 2024), des contrôles rétablis pour une menace grave ne pouvaient pas dépasser six mois au total, prolongations comprises ; un pays pouvait les rétablir face à une nouvelle menace grave, distincte de la première. Cour de justice de l'Union européenne Cour de justice de l'Union européenne · avril 2022 Communiqué de presse n° 64/22 : arrêt dans les affaires jointes C-368/20 et C-369/20 (durée maximale du contrôle aux frontières intérieures) page 1, fin, et haut de la page 2 (chercher « six mois »)
Le code frontières Schengen a été réformé en 2024 : la Commission européenne l'avait proposé en décembre 2021, le Parlement européen et le Conseil l'ont adopté en 2024. Commission européenne Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Réactivité », début (chercher « décembre 2021 »)
Choisissez une réponse pour voir ce qu'elle donnerait.
Du temps et de l'argent perdus 1,7 euro par passage pour 10 minutes d'attente
Selon France Stratégie, 10 minutes d'attente en plus coûtent 1,7 euro par passage. Au pont de l'Øresund, entre le Danemark et la Suède, les frontaliers ont mis 45 minutes de plus après le retour des contrôles. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) partie « Impact sur les travailleurs frontaliers » (chercher « 1,7 euro »)
Plus cher environ 3 millions de camions dans chaque sens
Environ 22 millions de tonnes de marchandises passent la frontière dans chaque sens, en 3 millions de camions à l'import et autant à l'export (2016). Une demi-heure de plus coûte 62 millions d'euros par an à l'import et autant à l'export. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) page 5, partie « Impact sur le transport de marchandises » (chercher « 3 millions de camions ») et tableau 6 (nombre de camions : 3 millions à l'import, 3 millions à l'export)
Moins de visiteurs 83 millions de touristes et 122 millions d'excursionnistes
Les files d'attente dissuadent surtout les visites courtes. La perte est estimée entre 500 millions et près de 1 milliard d'euros par an. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) page 3, partie « Impact sur le tourisme » (chercher « 83 millions » puis « 500 millions »)
Pas besoin de sortir 35 millions de consultations du fichier Schengen par jour en 2022
Les règles de Schengen permettent déjà des contrôles temporaires. Le Système d'information Schengen contient environ 86,5 millions de signalements, consultés 35 millions de fois par jour en 2022. Commission européenne +1 Commission européenne · octobre 2026 Temporary Reintroduction of Border Control introduction et partie « Cases requiring action due to foreseeable events » (chercher « three years ») Commission européenne · juin 2026 Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Sécurité » (chercher « 86,5 millions »)
Les contrôles ont un prix pour ceux qui passent la frontière tous les jours. La sécurité, elle, s'appuie aussi sur des outils que Schengen a créés.
Pourquoi « très coûteux » ? Contrôler est déjà possible ; contrôler tout le monde, tout le temps, a un prix élevé.
Les règles de Schengen prévoient qu'un pays peut rétablir des contrôles à ses frontières intérieures en cas de menace grave, par périodes de six mois renouvelables. La France l'a fait en novembre 2015, et a notifié depuis 25 périodes successives de contrôles à la Commission européenne (notre calcul). La période en cours couvre toutes ses frontières intérieures, avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et l'Espagne.
Comment, alors que la durée est limitée ? Sous les règles d'avant la réforme de 2024, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé, à propos de l'Autriche (arrêt du 26 avril 2022), que des contrôles ne pouvaient pas dépasser six mois au total pour une même menace, mais qu'un pays pouvait les rétablir face à une nouvelle menace grave, distincte de la première. La France a invoqué des motifs successifs : la conférence sur le climat de 2015, les attentats de Paris, puis la menace terroriste et les réseaux de passeurs. En juin 2026, la Commission européenne a émis des réserves sur l'extension des contrôles à toutes les frontières.
Contrôler chaque voiture et chaque camion est une autre affaire. Selon France Stratégie, 10 minutes d'attente en plus coûtent 1,7 euro par passage à un frontalier ; pour 350 000 frontaliers, cela représentait environ 250 millions d'euros par an, et plus de 5 000 d'entre eux renonceraient à travailler de l'autre côté. Une demi-heure de plus pour environ 3 millions de camions dans chaque sens coûterait 62 millions d'euros par an à l'import et autant à l'export. Les touristes de passage seraient découragés : de 500 millions à près de 1 milliard d'euros de recettes en moins par an. Ces chiffres datent de 2016 ; la fiche « Fermer les frontières » donne le coût total et les autres limites d'une fermeture.
Enfin, Schengen n'est pas seulement l'absence de contrôles. C'est aussi un fichier commun de 86,5 millions de signalements, consulté 35 millions de fois par jour en 2022, et un enregistrement des voyageurs de pays tiers aux frontières extérieures. La Commission recommande à la France des contrôles de police ciblés plutôt que des contrôles sur toutes les frontières.
Imaginez que vous habitez en Moselle et que vous travaillez en Allemagne. Chaque matin, une file de voitures attend au poste-frontière, chaque soir aussi. Dix minutes de plus à l'aller et au retour, cinq jours par semaine, c'est 1 heure 40 de plus chaque semaine. Au pont de l'Øresund, entre le Danemark et la Suède, les frontaliers ont perdu 45 minutes par trajet.
Les contrôles ciblés existent déjà : la police peut arrêter une voiture suspecte près de la frontière. La vraie question est de savoir s'il faut contrôler tout le monde, ou mieux cibler ceux qu'on cherche.
D'après vous, qu'est-ce qui protège le mieux : contrôler chaque voiture, ou mieux cibler les personnes recherchées ?
- Member States' notifications of the temporary reintroduction of border control at internal borders (liste complète), Commission européenne, direction générale Migration et affaires intérieures, octobre 2026. notifications n° 510 (page 2) à n° 50 (page 43), lignes « France ».
- Temporary Reintroduction of Border Control, Commission européenne, direction générale Migration et affaires intérieures, octobre 2026. introduction et partie « Cases requiring action due to foreseeable events » (chercher « three years »).
- Non, l'espace Schengen n'est pas une passoire ! (Les Décodeurs de l'Europe), Commission européenne, Représentation en France, juin 2026. partie « Réactivité », fin (chercher « 2 juin 2026 ») ; partie « Réactivité » (chercher « mesures alternatives ») ; introduction (chercher « 3,5 millions ») ; partie « Sécurité » (chercher « 86,5 millions ») ; partie « Sécurité » (chercher « EES ») ; premier paragraphe (chercher « 425 millions ») ; partie « Le rôle central des États membres » (chercher « 90 jours ») ; partie « Réactivité », début (chercher « décembre 2021 »).
- Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39), France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan), février 2016. page 3, partie « Impact sur le tourisme » (chercher « 83 millions » puis « 500 millions ») ; partie « Impact sur les travailleurs frontaliers » (chercher « 1,7 euro ») ; même partie (chercher « 5 000 ») ; page 5, partie « Impact sur le transport de marchandises » (chercher « 3 millions de camions ») et tableau 6 (nombre de camions : 3 millions à l'import, 3 millions à l'export) ; page 1, résumé (chercher « taxe de 3 % ») ; page 2, introduction (chercher « Øresund »).
- Un travailleur frontalier sur cinq parcourt plus de 50 km pour aller travailler (Insee Première n° 2027), INSEE, novembre 2024. première partie (chercher « 50 000 ») ; deuxième partie (chercher « 34 minutes »).
- Communiqué de presse n° 64/22 : arrêt dans les affaires jointes C-368/20 et C-369/20 (durée maximale du contrôle aux frontières intérieures), Cour de justice de l'Union européenne, avril 2022. page 1, fin, et haut de la page 2 (chercher « six mois »).
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