Sortir de l'euro rendrait-il les Français plus riches ?
Sortir de l'euro, ça nous rendrait plus riches.
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Réponse vérifiée · 9 sources · données à jour : octobre 2026
Pari risqué
Non, rien ne montre qu'en sortant de l'euro, les Français seraient plus riches. Une monnaie qui baisse rend l'énergie et les produits importés plus chers : après le vote du Brexit, la livre a perdu plus de 10 % et l'inflation britannique atteignait 3,0 % fin 2017. Et plus de la moitié de la dette publique à long terme (58,4 % mi-2026) est détenue par des investisseurs non résidents, alors que, selon le gouvernement, un point de taux en plus coûterait à l'État 18,4 milliards d'euros par an au bout de cinq ans. Banque d'Angleterre (Bank of England) +2 Banque d'Angleterre (Bank of England) · février 2018 Report to the Treasury Committee (Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre) page 1, partie « Context », 2e et 3e paragraphes Banque de France · octobre 2026 Émission et détention de titres français, 2e trimestre 2026 texte d'introduction, 3e et 4e phrases (chercher « 58,4 % ») Assemblée nationale · octobre 2025 Rapport sur le projet de loi de finances pour 2026, annexe n° 22 : Engagements financiers de l'État (rapporteur spécial : Kévin Mauvieux) pages 6 et 7, synthèse (chercher « choc de + 1 point »)
La part de vrai
Une monnaie moins chère peut aider les exportations, et la France en a besoin : selon la Banque de France, sa performance à l'exportation s'est dégradée depuis 1999, ses coûts salariaux ont décroché face à l'Allemagne pendant la première décennie de l'euro, et son PIB par habitant a progressé moins vite que celui de la zone euro (19 % contre 25 % jusqu'en 2023). Au Royaume-Uni, après la baisse de la livre, le commerce extérieur soutenait nettement la croissance début 2018. Banque de France +1 Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) pages 10 et 11 (pages 12 et 13 du PDF), partie « Une inflation un peu inférieure à la moyenne de la zone euro, mais une certaine érosion de la compétitivité », graphiques 12 et 13 Banque d'Angleterre (Bank of England) · février 2018 Report to the Treasury Committee (Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre) page 2, 1er paragraphe (chercher « net trade »)
Selon la Banque de France (1980 à 2024) et la Banque centrale européenne (2026). La baisse des taux n'est pas due qu'à l'euro : elle avait commencé avant 1999, et les taux sont remontés depuis 2024. Plus de la moitié de la dette publique à long terme est détenue par des non-résidents, qui prêtent en euros.
Source Banque de France +2 Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) page 12 (page 14 du PDF), partie « Un endettement à des conditions plus favorables, mais plus de déficits », graphique 16 Banque centrale européenne (portail de données) · octobre 2026 Taux d'intérêt à long terme de la France (emprunts d'État à 10 ans, moyenne mensuelle), série IRS.M.FR.L.L40.CI.0000.EUR.N.Z fichier CSV, lignes 2024-04 et 2026-09 (colonnes TIME_PERIOD et OBS_VALUE, en %) Banque de France · octobre 2026 Émission et détention de titres français, 2e trimestre 2026 texte d'introduction, 3e et 4e phrases (chercher « 58,4 % »)
Une monnaie qui baisse rend plus cher tout ce qu'on achète à l'étranger. En 2025, la facture énergétique de la France s'élevait à 45,8 milliards d'euros : elle produit sur son sol 62,7 % de l'énergie qu'elle consomme, et achète le reste à l'étranger. Ministère de la Transition écologique Ministère de la Transition écologique · avril 2026 Bilan énergétique de la France en 2025 : données provisoires résumé en haut de la page et infographie « L'essentiel » (chercher « 45,8 milliards »)
Le Royaume-Uni n'a jamais eu l'euro, mais son exemple montre ce que fait une monnaie qui baisse. Après le vote du Brexit, la livre a perdu plus de 10 %, l'inflation atteignait 3,0 % en décembre 2017, et selon la Banque d'Angleterre, les revenus réels des ménages ont été comprimés. Banque d'Angleterre (Bank of England) Banque d'Angleterre (Bank of England) · février 2018 Report to the Treasury Committee (Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre) page 1, partie « Context », 2e et 3e paragraphes
Plus de la moitié de la dette publique à long terme (58,4 % au 30 juin 2026) est détenue par des investisseurs non résidents. Selon le gouvernement, si les taux montent d'un point, la charge de la dette de l'État augmente de 3,1 milliards d'euros la première année et de 18,4 milliards la cinquième. Banque de France +1 Banque de France · octobre 2026 Émission et détention de titres français, 2e trimestre 2026 texte d'introduction, 3e et 4e phrases (chercher « 58,4 % ») Assemblée nationale · octobre 2025 Rapport sur le projet de loi de finances pour 2026, annexe n° 22 : Engagements financiers de l'État (rapporteur spécial : Kévin Mauvieux) pages 6 et 7, synthèse (chercher « choc de + 1 point »)
L'État emprunte bien moins cher qu'au début des années 1980 (13,8 % sur 10 ans en 1980, selon la Banque de France), mais le taux est remonté à 4,44 % en moyenne en septembre 2026, à peine sous son niveau de 1999 (4,6 %). Et de 1999 à 2023, le pouvoir d'achat par habitant a progressé de 26 % en France, contre 17 % dans la zone euro. Banque de France +1 Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) page 12 (page 14 du PDF), partie « Un endettement à des conditions plus favorables, mais plus de déficits », graphique 16 Banque centrale européenne (portail de données) · octobre 2026 Taux d'intérêt à long terme de la France (emprunts d'État à 10 ans, moyenne mensuelle), série IRS.M.FR.L.L40.CI.0000.EUR.N.Z fichier CSV, lignes 2024-04 et 2026-09 (colonnes TIME_PERIOD et OBS_VALUE, en %)
L'euro n'a pas fait flamber les prix : selon l'INSEE, ils ont augmenté de 1,4 % par an de 2002 à 2016, contre 2,1 % par an entre 1986 et 2001. Mais le passage à l'euro a creusé l'écart entre l'inflation mesurée et celle que ressentent les ménages. INSEE INSEE · mai 2017 Une inflation modérée depuis le passage à l'euro (Insee Focus n° 87) résumé en tête de l'article
Pourquoi la France a choisi l'euro
Selon la Banque de France (2024), l'euro a aidé les Français avec une inflation mieux maîtrisée, un pouvoir d'achat qui a plus progressé que la moyenne européenne et des emprunts moins chers qu'à l'époque du franc. À l'automne 2023, 77 % des Français soutenaient l'euro, selon l'enquête Eurobaromètre de la Commission européenne citée par la Banque de France. Banque de France Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) page 9 (page 11 du PDF), partie « De plus forts gains de pouvoir d'achat par habitant, mais une moindre croissance du PIB », graphique 9
Si l'objectif est que les Français gagnent plus et que le pays produise davantage, voici ce que mesurent ou recommandent les organismes officiels.
- 2,3 millions de chômeurs
Viser le plein emploi en formant mieux
Selon la Banque de France, en 2024, 39 % des entreprises avaient du mal à recruter, alors que la France comptait 2,3 millions de chômeurs dont 600 000 jeunes. L'apprentissage avait créé 400 000 emplois depuis 2019 ; elle recommandait alors d'améliorer la formation professionnelle des adultes. Banque de France Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) page 15 (page 17 du PDF), partie « Réussir la transformation du travail »
- 3 à 7 % de richesse en plus
Tirer davantage parti du marché unique
Selon la Commission européenne, l'appartenance de la France au marché unique lui apporte de 3 à 7 % de richesse nationale supplémentaire, selon les méthodes. À l'inverse, le Royaume-Uni, qui a quitté l'Union, s'attend à long terme à un commerce 15 % plus faible. Commission européenne +1 Commission européenne · novembre 2025 Combien nous coûte l'Europe ? (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Le marché unique, facteur de compétitivité et de prospérité » (chercher « de 3 à 7% ») Office for Budget Responsibility (OBR) · octobre 2021 Economic and fiscal outlook, October 2021 page 58 (page 64 du PDF), encadré 2.5 « The initial impact of Brexit on UK trade with the EU »
- 58 milliards d'euros d'intérêts prévus en 2026
Réduire la dette pour moins dépendre des prêteurs
Selon le projet de budget pour 2026, la charge de la dette de l'État devait atteindre 58 milliards d'euros en 2026, 7,2 milliards de plus qu'en 2025, et chaque point de taux en plus l'alourdit de 18,4 milliards par an au bout de cinq ans. Moins de dette, c'est moins de sensibilité aux hausses de taux. Assemblée nationale Assemblée nationale · octobre 2025 Rapport sur le projet de loi de finances pour 2026, annexe n° 22 : Engagements financiers de l'État (rapporteur spécial : Kévin Mauvieux) page 6, synthèse (chercher « action 01 »)
Ce qui rapporterait peu
Dévaluer ne règle pas le problème de fond. Selon la Banque de France, la compétitivité hors coût de la France (qualité, innovation) souffre, en lien avec l'affaiblissement de son industrie et le manque de compétences. Une monnaie plus faible joue sur les prix, pas sur ces faiblesses-là. Banque de France Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) pages 10 et 11 (pages 12 et 13 du PDF), partie « Une inflation un peu inférieure à la moyenne de la zone euro, mais une certaine érosion de la compétitivité », graphiques 12 et 13
Évolutions cumulées, selon la Banque de France. Le pouvoir d'achat des Français a plus progressé que la moyenne, mais la production par habitant a progressé moins vite. Selon la Banque de France, ce pouvoir d'achat a été porté par des transferts sociaux, donc par des déficits publics, et par des salaires réels dynamiques.
De 1999 à 2023, le pouvoir d'achat du revenu disponible par habitant a progressé de 26 % en France, contre 17 % dans l'ensemble de la zone euro. Banque de France Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) page 9 (page 11 du PDF), partie « De plus forts gains de pouvoir d'achat par habitant, mais une moindre croissance du PIB », graphique 9
En revanche, le PIB par habitant a progressé moins vite en France : 19 % de 1999 à 2023, contre 25 % dans l'ensemble de la zone euro. Banque de France Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) page 9 (page 11 du PDF), même partie, graphique 10a
Selon la Banque de France, la performance à l'exportation de la France s'est dégradée depuis 1999. Ses coûts salariaux ont décroché par rapport à l'Allemagne pendant la première décennie de l'euro, puis sont revenus dans la moyenne européenne ; c'est surtout la compétitivité hors coût (qualité, innovation) qui souffre, en lien avec l'affaiblissement de l'industrie et le manque de compétences. Banque de France Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) pages 10 et 11 (pages 12 et 13 du PDF), partie « Une inflation un peu inférieure à la moyenne de la zone euro, mais une certaine érosion de la compétitivité », graphiques 12 et 13
L'État empruntait à 13,8 % sur 10 ans en 1980, à 4,6 % en 1999 et à 2,9 % mi-avril 2024. Banque de France Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) page 12 (page 14 du PDF), partie « Un endettement à des conditions plus favorables, mais plus de déficits », graphique 16
À l'automne 2023, 77 % des Français et 79 % des Européens de la zone euro soutenaient l'euro (enquête Eurobaromètre de la Commission européenne). Banque de France Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) page 9 (page 11 du PDF), début de la partie 2, graphique 8
Au 30 juin 2026, 58,4 % des titres de dette à long terme émis par les administrations publiques françaises étaient détenus par des non-résidents, contre 55,9 % fin mars 2026 (Banque de France). Banque de France Banque de France · octobre 2026 Émission et détention de titres français, 2e trimestre 2026 texte d'introduction, 3e et 4e phrases (chercher « 58,4 % »)
Selon les estimations du gouvernement publiées à l'automne 2025, une hausse d'un point de tous les taux d'intérêt augmenterait la charge de la dette de l'État d'environ 3,1 milliards d'euros la première année, 7,5 milliards la deuxième et 18,4 milliards la cinquième. Assemblée nationale Assemblée nationale · octobre 2025 Rapport sur le projet de loi de finances pour 2026, annexe n° 22 : Engagements financiers de l'État (rapporteur spécial : Kévin Mauvieux) pages 6 et 7, synthèse (chercher « choc de + 1 point »)
En 2025, la facture énergétique de la France s'élève à 45,8 milliards d'euros, en baisse de 21 % sur un an. 62,7 % de l'énergie consommée est produite en France, le plus haut niveau depuis 1970. Ministère de la Transition écologique Ministère de la Transition écologique · avril 2026 Bilan énergétique de la France en 2025 : données provisoires résumé en haut de la page et infographie « L'essentiel » (chercher « 45,8 milliards »)
Après le référendum sur le Brexit, la livre a perdu plus de 10 %, et elle restait début 2018 environ 16 % sous son niveau de fin 2015. Selon la Banque d'Angleterre, cette baisse a poussé l'inflation au-dessus de l'objectif : 3,0 % en décembre 2017. Banque d'Angleterre (Bank of England) Banque d'Angleterre (Bank of England) · février 2018 Report to the Treasury Committee (Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre) page 1, partie « Context », 2e et 3e paragraphes
Selon la Banque d'Angleterre, environ 60 % d'une variation du taux de change se retrouve dans le prix des produits importés (hors énergie), qui pèsent environ 30 % du panier de consommation ; l'effet complet prend environ quatre ans. Banque d'Angleterre (Bank of England) Banque d'Angleterre (Bank of England) · février 2018 Report to the Treasury Committee (Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre) page 1, partie « Context », 3e paragraphe (chercher « pass-through »)
Selon la Banque d'Angleterre, la consommation a ralenti sous l'effet de la compression des revenus réels : début 2018, les salaires réels étaient 3,5 % plus bas que ce qu'elle prévoyait juste avant le référendum. Banque d'Angleterre (Bank of England) Banque d'Angleterre (Bank of England) · février 2018 Report to the Treasury Committee (Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre) page 2, 4e paragraphe (chercher « real wages »)
Début 2018, selon la Banque d'Angleterre, le commerce extérieur soutenait nettement la croissance britannique, porté par la demande mondiale, alors qu'il la freine d'habitude. Banque d'Angleterre (Bank of England) Banque d'Angleterre (Bank of England) · février 2018 Report to the Treasury Committee (Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre) page 2, 1er paragraphe (chercher « net trade »)
Depuis 2016, l'organisme britannique de prévision budgétaire (OBR) suppose qu'à terme, les importations et les exportations du Royaume-Uni seront 15 % plus faibles que s'il était resté dans l'Union, et que sa productivité sera 4 % plus faible. Office for Budget Responsibility (OBR) Office for Budget Responsibility (OBR) · octobre 2021 Economic and fiscal outlook, October 2021 page 58 (page 64 du PDF), encadré 2.5 « The initial impact of Brexit on UK trade with the EU »
De 2002 à 2016, les prix ont augmenté de 1,4 % par an en moyenne, contre 2,1 % entre 1986 et 2001. Mais le passage à l'euro a creusé l'écart entre l'inflation mesurée et l'inflation ressentie. INSEE INSEE · mai 2017 Une inflation modérée depuis le passage à l'euro (Insee Focus n° 87) résumé en tête de l'article
Selon la Banque de France (avril 2024), la charge d'intérêts de la dette publique, de 29 milliards d'euros en 2020, devait atteindre environ 58 milliards en 2024 et environ 80 milliards en 2027. Banque de France Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) page 12 (page 14 du PDF), même partie (chercher « 29 milliards »)
Selon la Banque de France, en 2024, 39 % des entreprises avaient encore des difficultés à recruter, alors que la France comptait 2,3 millions de chômeurs dont 600 000 jeunes. L'apprentissage avait créé 400 000 emplois depuis 2019. Banque de France Banque de France · avril 2024 La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République) page 15 (page 17 du PDF), partie « Réussir la transformation du travail »
Selon la Commission européenne, l'appartenance de la France au marché unique représente de 3 à 7 % de richesse nationale supplémentaire, selon les études et les méthodes. Commission européenne Commission européenne · novembre 2025 Combien nous coûte l'Europe ? (Les Décodeurs de l'Europe) partie « Le marché unique, facteur de compétitivité et de prospérité » (chercher « de 3 à 7% »)
En septembre 2026, l'État empruntait à 10 ans à 4,44 % en moyenne, contre 2,97 % en avril 2024 (taux à long terme de la France publié par la Banque centrale européenne). Banque centrale européenne (portail de données) Banque centrale européenne (portail de données) · octobre 2026 Taux d'intérêt à long terme de la France (emprunts d'État à 10 ans, moyenne mensuelle), série IRS.M.FR.L.L40.CI.0000.EUR.N.Z fichier CSV, lignes 2024-04 et 2026-09 (colonnes TIME_PERIOD et OBS_VALUE, en %)
Selon le projet de budget pour 2026, la charge de la dette de l'État s'élèverait à 58 milliards d'euros en 2026, 7,2 milliards de plus que la prévision révisée pour 2025. Assemblée nationale Assemblée nationale · octobre 2025 Rapport sur le projet de loi de finances pour 2026, annexe n° 22 : Engagements financiers de l'État (rapporteur spécial : Kévin Mauvieux) page 6, synthèse (chercher « action 01 »)
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Un coup de pouce, en partie repris
Les produits français deviennent moins chers à l'étranger. Mais selon la Banque d'Angleterre, environ 60 % d'une baisse de la monnaie finit dans le prix des produits importés hors énergie, en quatre ans environ : les entreprises qui importent leurs pièces paient plus cher. Banque d'Angleterre (Bank of England) Banque d'Angleterre (Bank of England) · février 2018 Report to the Treasury Committee (Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre) page 1, partie « Context », 3e paragraphe (chercher « pass-through »)
Plus chers 45,8 milliards d'euros d'énergie importée en 2025
La France achète à l'étranger une grande partie de son pétrole et de son gaz. Une monnaie plus faible renchérit cette facture, qui atteignait 45,8 milliards d'euros en 2025. Ministère de la Transition écologique Ministère de la Transition écologique · avril 2026 Bilan énergétique de la France en 2025 : données provisoires résumé en haut de la page et infographie « L'essentiel » (chercher « 45,8 milliards »)
Plus chère 18,4 milliards d'euros par point de taux, la 5e année
58,4 % des titres de la dette publique à long terme sont détenus par des non-résidents (mi-2026). Si les prêteurs demandent un point de taux en plus, la charge de la dette de l'État augmente de 18,4 milliards d'euros la cinquième année, selon les estimations du gouvernement. Banque de France +1 Banque de France · octobre 2026 Émission et détention de titres français, 2e trimestre 2026 texte d'introduction, 3e et 4e phrases (chercher « 58,4 % ») Assemblée nationale · octobre 2025 Rapport sur le projet de loi de finances pour 2026, annexe n° 22 : Engagements financiers de l'État (rapporteur spécial : Kévin Mauvieux) pages 6 et 7, synthèse (chercher « choc de + 1 point »)
Grignotés par les prix inflation à 3,0 % fin 2017 au Royaume-Uni
Au Royaume-Uni, la livre a perdu plus de 10 % après le vote du Brexit. Selon la Banque d'Angleterre, l'inflation est passée au-dessus de l'objectif et les revenus réels ont été comprimés. Banque d'Angleterre (Bank of England) Banque d'Angleterre (Bank of England) · février 2018 Report to the Treasury Committee (Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre) page 1, partie « Context », 2e et 3e paragraphes
Une baisse de la monnaie fait des gagnants (ceux qui exportent) et des perdants (ceux qui achètent des produits importés). Elle ne rend pas, à elle seule, le pays plus riche.
Pourquoi « pari risqué » ? Une dévaluation déplace la richesse, elle n'en crée pas à coup sûr.
Sortir de l'euro, c'est revenir à une monnaie nationale dont la valeur serait fixée par les marchés. Si ce nouveau franc baissait, les produits français seraient moins chers à l'étranger : c'est l'argument des partisans de la sortie, et il est juste pour les entreprises qui exportent. Mais tout ce qui est importé deviendrait plus cher : l'énergie (45,8 milliards d'euros en 2025), les pièces industrielles, une partie de l'alimentation. Selon la Banque d'Angleterre, environ 60 % d'une baisse de la monnaie finit dans le prix des produits importés hors énergie.
L'exemple britannique n'est pas une sortie de l'euro : le Royaume-Uni avait sa propre monnaie et il a quitté l'Union, pas une monnaie commune. Il montre seulement ce que fait une monnaie qui baisse brutalement. Après le vote de 2016, la livre a perdu plus de 10 %, l'inflation est montée à 3,0 % fin 2017 et les revenus réels des ménages ont été comprimés. Le commerce extérieur a aidé la croissance, mais l'OBR estime qu'à long terme le Brexit réduira le commerce britannique de 15 % et la productivité de 4 %.
Reste la dette. L'État emprunte en euros, et 58,4 % des titres de la dette publique à long terme sont détenus par des non-résidents (mi-2026). Personne ne peut dire à l'avance à quel taux ces prêteurs accepteraient de prêter dans une nouvelle monnaie. Ce qu'on sait, c'est que, selon le gouvernement, un point de taux en plus coûte à l'État 18,4 milliards d'euros par an au bout de cinq ans, et que le taux à 10 ans est déjà remonté à 4,44 % en septembre 2026. Et l'épargne des ménages, convertie dans une monnaie plus faible, permettrait d'acheter moins de produits importés.
Enfin, la baisse des taux ne vient pas seulement de l'euro : elle avait commencé avant, de 13,8 % en 1980 à 4,6 % en 1999, et l'euro n'empêche pas qu'ils remontent. Mais depuis 1999, selon la Banque de France, le pouvoir d'achat par habitant a progressé plus vite en France (26 %) que dans la zone euro (17 %). Le retard français est ailleurs : dans la croissance du PIB par habitant (19 % contre 25 %) et dans la compétitivité hors coût, qu'une dévaluation ne corrige pas.
Imaginez que, du jour au lendemain, votre salaire, votre livret A et votre maison soient convertis en nouveaux francs. Si ce franc perd de la valeur face au dollar et à l'euro, votre salaire affiché ne bouge pas. Mais le plein d'essence, le chauffage au gaz, le téléphone fabriqué en Asie et les vacances en Espagne coûtent plus cher. Celui qui vend à l'étranger y gagne ; celui qui achète à l'étranger y perd.
C'est ce qu'ont vécu les Britanniques après 2016 : une livre plus faible, des prix qui montent, des salaires qui suivent moins vite. Avant de parier sur une monnaie plus faible, la vraie question est de savoir de quel côté vous êtes : plutôt celui qui vend à l'étranger, ou plutôt celui qui fait ses courses ?
D'après vous, si votre salaire était payé dans une monnaie qui perd de la valeur, qu'est-ce qui augmenterait le plus vite : votre salaire ou vos factures ?
- La France et l'Europe : de la gestion des crises à une ambition de plus long terme (Lettre au Président de la République), Banque de France, avril 2024. page 9 (page 11 du PDF), partie « De plus forts gains de pouvoir d'achat par habitant, mais une moindre croissance du PIB », graphique 9 ; page 9 (page 11 du PDF), même partie, graphique 10a ; pages 10 et 11 (pages 12 et 13 du PDF), partie « Une inflation un peu inférieure à la moyenne de la zone euro, mais une certaine érosion de la compétitivité », graphiques 12 et 13 ; page 12 (page 14 du PDF), partie « Un endettement à des conditions plus favorables, mais plus de déficits », graphique 16 ; page 9 (page 11 du PDF), début de la partie 2, graphique 8 ; page 12 (page 14 du PDF), même partie (chercher « 29 milliards ») ; page 15 (page 17 du PDF), partie « Réussir la transformation du travail ».
- Émission et détention de titres français, 2e trimestre 2026, Banque de France, octobre 2026. texte d'introduction, 3e et 4e phrases (chercher « 58,4 % »).
- Rapport sur le projet de loi de finances pour 2026, annexe n° 22 : Engagements financiers de l'État (rapporteur spécial : Kévin Mauvieux), Assemblée nationale, commission des finances, octobre 2025. pages 6 et 7, synthèse (chercher « choc de + 1 point ») ; page 6, synthèse (chercher « action 01 »).
- Bilan énergétique de la France en 2025 : données provisoires, Ministère de la Transition écologique, service des données et études statistiques (SDES), avril 2026. résumé en haut de la page et infographie « L'essentiel » (chercher « 45,8 milliards »).
- Report to the Treasury Committee (Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre), Banque d'Angleterre (Bank of England), février 2018. page 1, partie « Context », 2e et 3e paragraphes ; page 1, partie « Context », 3e paragraphe (chercher « pass-through ») ; page 2, 4e paragraphe (chercher « real wages ») ; page 2, 1er paragraphe (chercher « net trade »).
- Economic and fiscal outlook, October 2021, Office for Budget Responsibility (OBR), publié par le gouvernement britannique, octobre 2021. page 58 (page 64 du PDF), encadré 2.5 « The initial impact of Brexit on UK trade with the EU ».
- Une inflation modérée depuis le passage à l'euro (Insee Focus n° 87), INSEE, mai 2017. résumé en tête de l'article.
- Combien nous coûte l'Europe ? (Les Décodeurs de l'Europe), Commission européenne, Représentation en France, novembre 2025. partie « Le marché unique, facteur de compétitivité et de prospérité » (chercher « de 3 à 7% »).
- Taux d'intérêt à long terme de la France (emprunts d'État à 10 ans, moyenne mensuelle), série IRS.M.FR.L.L40.CI.0000.EUR.N.Z, Banque centrale européenne (portail de données), d'après la Banque de France, octobre 2026. fichier CSV, lignes 2024-04 et 2026-09 (colonnes TIME_PERIOD et OBS_VALUE, en %).
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