La France en vrai

Le porc va-t-il être interdit à la cantine ?

Bientôt on interdira le porc à la cantine.

Qui dit ça ? 1 déclaration

Cette idée est défendue publiquement. Mot pour mot :

  • « Les professionnels de la filière porcine française (INAPORC) sont inquiets de l'exclusion de plus en plus fréquente de la viande de porc et de ses dérivés dans les menus des cantines scolaires françaises. »

    Jacques Bompard, député du Vaucluse (non inscrit). Question écrite n° 47518 au ministre de l'Éducation nationale, Journal officiel de l'Assemblée nationale, le 14 janvier 2014. Source ↗

    Il attribue ce phénomène au « développement d'un communautarisme de plus en plus agressif ». Le ministère lui répond le 18 mars 2014 que les collectivités choisissent les aliments, et qu'aucune obligation de prévoir des plats de substitution ne peut leur être imposée.

Sans fondement

Non, aucune loi n'interdit le porc à la cantine, et le droit ne va pas dans ce sens. Chaque collectivité compose ses menus : le Conseil d'État a jugé en 2020 qu'un plat de remplacement n'est « ni obligatoire ni interdit ». Le menu végétarien hebdomadaire, imposé depuis 2019, vise à diversifier les protéines, et les règles nutritionnelles imposent au contraire de la viande plusieurs fois par mois. Conseil d'État +3 Conseil d'État · décembre 2020 Communiqué de presse : les menus de substitution dans les cantines scolaires page 1, chapeau Ministère de l'Agriculture · novembre 2021 Restauration scolaire : tout savoir sur le menu végétarien hebdomadaire premier paragraphe CGAAER (ministère de l'Agriculture) · juin 2021 Rapport n° 20068 : Évaluation de l'expérimentation du menu végétarien hebdomadaire en restauration collective scolaire page 21, partie 5 « Les perspectives et recommandations de la mission » Tribunal administratif de Lyon · mars 2023 Jugement n° 2101388-2101390, FDSEA du Rhône et autres considérants 2, 6 et 7, et article 1er du dispositif

La part de vrai

Des communes proposent bien un plat sans porc quand du porc est servi : c'est permis, et Chalon-sur-Saône l'a fait pendant 31 ans. Et l'évaluation officielle note que le menu végétarien peut aussi « apporter une réponse » aux contraintes religieuses de certains élèves sur les viandes. Conseil d'État +1 Conseil d'État · décembre 2020 Décision n° 426483, Commune de Chalon-sur-Saône considérants 2 et 10 CGAAER (ministère de l'Agriculture) · juin 2021 Rapport n° 20068 : Évaluation de l'expérimentation du menu végétarien hebdomadaire en restauration collective scolaire page 13, partie 2.2.1

Ce que dit le droit sur les menus de la cantine
QuestionRéponseTexte
Le porc est-il interdit ?NonAucune règle : les collectivités choisissent les aliments
Faut-il servir un plat sans porc ?Non, ce n'est pas obligatoireConseil d'État, 11 décembre 2020
Une commune peut-elle en servir un ?Oui, la laïcité ne l'interdit pasConseil d'État, 11 décembre 2020
Un menu végétarien chaque semaine ?Oui, obligatoireLois EGalim (2018) et Climat et résilience (2021)
De la viande, combien de fois ?Au moins 4 repas sur 20 (bœuf, veau, agneau ou abats)Arrêté du 30 septembre 2011

Le menu végétarien, c'est au moins un repas par semaine ; il peut contenir des œufs et des produits laitiers.

Source Assemblée nationale +4 Assemblée nationale · mars 2014 Réponse à la question écrite n° 47518 (cantines scolaires) texte de la réponse, publiée au JO le 18 mars 2014 Conseil d'État · décembre 2020 Communiqué de presse : les menus de substitution dans les cantines scolaires page 1, chapeau Conseil d'État · décembre 2020 Décision n° 426483, Commune de Chalon-sur-Saône considérant 6 Conseil national de la restauration collective (ministère de l'Agriculture) · septembre 2022 Les mesures de la loi EGAlim, complétée par la loi Climat et résilience, concernant la restauration collective page 16, « Au moins un menu végétarien par semaine » Tribunal administratif de Lyon · mars 2023 Jugement n° 2101388-2101390, FDSEA du Rhône et autres considérants 2, 6 et 7, et article 1er du dispositif

Pourquoi un menu végétarien chaque semaine

Testé à partir de 2019 avec la loi EGalim, puis rendu définitif par la loi Climat et résilience en 2021, il vise à diversifier les sources de protéines et à faire plus de place aux végétaux. L'évaluation du ministère de l'Agriculture précise que l'objectif « n'est pas de stigmatiser la consommation de viande », et cite les préoccupations environnementales. Le prix payé par les parents n'a pas changé. Ministère de l'Agriculture +2 Ministère de l'Agriculture · novembre 2021 Restauration scolaire : tout savoir sur le menu végétarien hebdomadaire premier paragraphe Conseil national de la restauration collective (ministère de l'Agriculture) · septembre 2022 Les mesures de la loi EGAlim, complétée par la loi Climat et résilience, concernant la restauration collective page 16, « Au moins un menu végétarien par semaine » CGAAER (ministère de l'Agriculture) · juin 2021 Rapport n° 20068 : Évaluation de l'expérimentation du menu végétarien hebdomadaire en restauration collective scolaire page 21, partie 5 « Les perspectives et recommandations de la mission »

Si l'objectif est que les enfants continuent de manger de la bonne viande, dont du porc français, voici ce que prévoient déjà les textes officiels.

  1. 50 % de produits de qualité

    Acheter de la viande de qualité, y compris du porc Label Rouge

    Depuis 2022, la loi EGalim fixe aux cantines publiques un objectif d'au moins 50 % de produits de qualité et durables, dont 20 % de bio. La viande de porc fermière Label Rouge compte dans ce total. Conseil national de la restauration collective (ministère de l'Agriculture) +1 Conseil national de la restauration collective (ministère de l'Agriculture) · septembre 2022 Les mesures de la loi EGAlim, complétée par la loi Climat et résilience, concernant la restauration collective page 8, partie 2, et page 9, liste des produits comptés Ministère de l'Agriculture · février 2019 EGalim 1 : ce que contient la loi Agriculture et Alimentation partie « Favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous »

  2. « Moins de viande pour mieux de viande »

    Selon le CGAAER, des cantines utilisent les économies du menu végétarien pour servir de la viande et du poisson de qualité les autres jours. CGAAER (ministère de l'Agriculture) CGAAER (ministère de l'Agriculture) · juin 2021 Rapport n° 20068 : Évaluation de l'expérimentation du menu végétarien hebdomadaire en restauration collective scolaire page 4, synthèse

  3. 4 repas sur 20

    Faire respecter les règles nutritionnelles

    Les cantines doivent servir de la viande au moins 4 repas sur 20. À Lyon, le syndicat agricole du Rhône et d'autres requérants l'ont fait valoir devant le tribunal, et ils ont obtenu gain de cause. Tribunal administratif de Lyon Tribunal administratif de Lyon · mars 2023 Jugement n° 2101388-2101390, FDSEA du Rhône et autres considérants 2, 6 et 7, et article 1er du dispositif

Sur 100 € que coûte un repas de cantine, combien pour les ingrédients ?
20 €

En moyenne, selon le CGAAER. Le personnel pèse 60 €. Avec le menu végétarien, le prix payé par les parents n'a pas changé.

Source CGAAER (ministère de l'Agriculture) CGAAER (ministère de l'Agriculture) · juin 2021 Rapport n° 20068 : Évaluation de l'expérimentation du menu végétarien hebdomadaire en restauration collective scolaire page 18, partie 3.2 « Le coût des repas »

Vous êtes maire et du porc est au menu jeudi. Que pouvez-vous faire ?

Choisissez une réponse pour voir ce qu'elle donnerait.

Aucune règle nationale n'impose de retirer le porc des menus : ce sont les collectivités qui choisissent les aliments.

Pourquoi « sans fondement » ? Aucune loi n'interdit le porc à la cantine, et aucune règle nationale ne pousse dans ce sens.

D'abord, ce ne sont pas les ministères qui composent les menus, mais les communes (écoles), les départements (collèges) et les régions (lycées). L'État fixe des règles sur la nutrition et la qualité des produits, et les règles nutritionnelles imposent de la viande au moins 4 repas sur 20.

Ensuite, le Conseil d'État a tranché en 2020 : une collectivité n'est pas obligée de servir un plat de remplacement aux élèves qui ne mangent pas de porc, et elle n'a pas non plus l'interdiction de le faire. Les deux choix sont permis. Aucun des deux ne fait disparaître le porc du menu des autres enfants.

Le menu végétarien hebdomadaire est souvent mêlé à ce débat. Il a été introduit par une loi sur l'agriculture et l'alimentation (2018), puis rendu définitif par une loi sur le climat (2021). Il concerne au moins un repas par semaine, sans viande ni poisson, et vaut pour toutes les viandes. L'évaluation officielle du ministère de l'Agriculture précise que l'objectif « n'est pas de stigmatiser la consommation de viande ».

Enfin, le porc ne recule pas en France : sa consommation totale a augmenté de 2,7 % en 2025, et le porc fermier Label Rouge compte dans l'objectif de 50 % de produits de qualité fixé aux cantines.

Imaginez que votre enfant soit allergique au poisson, ou qu'il ne mange pas de viande pour une autre raison. Vous seriez content que la cantine lui propose un autre plat le jour où le poisson est servi, sans que cela change rien à l'assiette des autres. C'est exactement ce qu'est un plat de remplacement : une option de plus, pas un aliment de moins.

Et si la commune ne veut pas en proposer, elle en a aussi le droit. Dans les deux cas, les autres enfants continuent de manger du jambon, des saucisses ou du rôti de porc quand ils sont au menu.

Si votre commune proposait un plat sans porc à côté du plat avec porc, qu'est-ce que cela retirerait concrètement à votre enfant ?

  1. Décision n° 426483, Commune de Chalon-sur-Saône, Conseil d'État, décembre 2020. considérant 6 ; considérants 2 et 10 ; considérants 7 et 8.
  2. Communiqué de presse : les menus de substitution dans les cantines scolaires, Conseil d'État, décembre 2020. page 1, chapeau.
  3. Réponse à la question écrite n° 47518 (cantines scolaires), Assemblée nationale, ministère de l'Éducation nationale, mars 2014. texte de la réponse, publiée au JO le 18 mars 2014.
  4. Restauration scolaire : tout savoir sur le menu végétarien hebdomadaire, Ministère de l'Agriculture, novembre 2021. premier paragraphe.
  5. Les mesures de la loi EGAlim, complétée par la loi Climat et résilience, concernant la restauration collective, Conseil national de la restauration collective (ministère de l'Agriculture), septembre 2022. page 16, « Au moins un menu végétarien par semaine » ; page 16, encadré « Précision : qu'est-ce qu'un menu végétarien ? » ; page 8, partie 2, et page 9, liste des produits comptés.
  6. Rapport n° 20068 : Évaluation de l'expérimentation du menu végétarien hebdomadaire en restauration collective scolaire, CGAAER (ministère de l'Agriculture), juin 2021. page 21, partie 5 « Les perspectives et recommandations de la mission » ; page 4, synthèse ; page 18, partie 3.2 « Le coût des repas » ; page 13, partie 2.2.1.
  7. Jugement n° 2101388-2101390, FDSEA du Rhône et autres, Tribunal administratif de Lyon, mars 2023. considérants 2, 6 et 7, et article 1er du dispositif.
  8. Réponse à la question écrite n° 07378 (restauration scolaire), Sénat, ministère de l'Agriculture, avril 2026. réponse publiée au JO Sénat du 16 avril 2026, page 1836.
  9. En 2025, une hausse de la consommation de viande en France et une dépendance croissante aux importations (Synthèses n° 451), Agreste et FranceAgriMer, juillet 2026. page 2, « Rebond confirmé de la consommation de viande porcine ».
  10. EGalim 1 : ce que contient la loi Agriculture et Alimentation, Ministère de l'Agriculture, février 2019. partie « Favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous ».

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Réponses tirées de fiches vérifiées. La source est sous chaque phrase.