Fermer les frontières et ne plus laisser entrer personne : est-ce possible ?
On n'a qu'à fermer les frontières et ne plus laisser entrer personne.
Qui dit ça ? 3 déclarations
Cette idée est défendue publiquement. Mot pour mot :
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« Il faut également renvoyer les clandestins, les chômeurs de longue durée, et tous ceux qui vivent uniquement des aides sociales »
Éric Zemmour, président de Reconquête. BFMTV, le 17 septembre 2026. Source ↗
Citation rapportée par l'AFP, reprise par Les Nouvelles Calédoniennes le 18 septembre 2026 : replay BFMTV non retrouvé. Dans la même émission, il fixe la durée de chômage à « plus de six mois à un an » et l'AFP le présente comme adepte de la « remigration ».
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« L’immigration, c’est la mère de toutes les batailles. C’est pour ça que nous avons une délinquance aussi explosive. Avec l’immigration zéro, il n’y aura quasiment plus de délinquance, j’en suis sûr »
Éric Zemmour, candidat à l'élection présidentielle (Reconquête). « Bonjour chez vous », matinale de Public Sénat, le 26 janvier 2022. Source ↗
Citation rapportée par Public Sénat, la chaîne qui recevait l'invité : replay non vérifié.
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« La France libre, la France maîtresse de ses lois, de son économie, de sa monnaie, et gardienne de ses frontières, voilà la condition de toute politique nationale »
Marine Le Pen, présidente du Front national. Discours de Fréjus (Var), le 18 septembre 2016. Source ↗
Citation rapportée par l'AFP, reprise par Public Sénat le 21 janvier 2017 : discours original non retrouvé. Le même article rappelle qu'après l'attentat de Nice, en juillet 2016, elle avait déclaré : « Je n'ai jamais parlé de fermer les frontières, je dis simplement qu'elles doivent exister, comme dans tous les autres pays du monde, et permettre de filtrer les terroristes ».
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- Fiche vérifiée trouvée : « Fermer les frontières et ne plus laisser entrer personne : est-ce possible ? »
- Sources de la fiche : Cour des comptes, Ministère de l'Intérieur, France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan), INSEE…
Réponse vérifiée · 12 sources · données à jour : octobre 2026
Infaisable tel quel
Non, fermer complètement les frontières n'est pas faisable tel quel. Il faudrait tenir 190 points de passage, et 465 000 habitants de France travaillent dans un pays voisin. Des contrôles permanents coûteraient 1 à 2 milliards d'euros par an au début, puis une dizaine de milliards, et beaucoup de personnes refoulées retentent par un autre chemin. Cour des comptes +2 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 33, chapitre I, partie B.2, premier paragraphe INSEE · novembre 2024 Un travailleur frontalier sur cinq parcourt plus de 50 km pour aller travailler (Insee Première n° 2027) première partie, « Les travailleurs frontaliers parcourent en moyenne 34 km pour se rendre au travail », chercher « 465 000 » France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) résumé en haut de la page, et page 1 de la note (PDF), chercher « un à deux milliards » puis « demi-point »
La part de vrai
Un pays peut contrôler ses frontières, et la France le fait de nouveau depuis le 13 novembre 2015. En 2025, la police aux frontières a prononcé 13 664 refus d'entrée et 21 442 renvois vers un pays voisin. Cour des comptes +1 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 31, partie B.1, chercher « 13 novembre 2015 » ; page 32, dernière phrase de la partie Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 63, « L'entrée irrégulière sur le territoire », chercher « 21 442 » puis « 13 664 »
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Très difficile 190 points de passage
La France contrôle de nouveau ses frontières avec ses voisins depuis le 13 novembre 2015. Mais il faut tenir 190 points de passage autorisés, et le 19 janvier 2023, dans les Alpes-Maritimes, 117 km de frontière avec l'Italie étaient surveillés par moins de 60 personnes. Selon la Cour des comptes, il est impossible de surveiller toute la frontière : les personnes refoulées retentent par un autre chemin. Depuis 2024, il faut en plus remettre la personne au pays voisin ou lui notifier une OQTF, une procédure si lourde que, selon une estimation de la police aux frontières citée par la Cour des comptes, il faudrait 43 fois plus de policiers au poste de Menton pour renvoyer autant de monde qu'avant. Cour des comptes +1 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 31, partie B.1, chercher « 13 novembre 2015 » ; page 32, dernière phrase de la partie Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 63, « L'entrée irrégulière sur le territoire », chercher « 21 442 » puis « 13 664 »
Très cher ≈ 10 milliards € par an
France Stratégie a chiffré, en 2016, des contrôles permanents à toutes les frontières de l'espace Schengen : 1 à 2 milliards d'euros par an au début (tourisme, frontaliers, camions), sans compter le salaire des policiers, puis environ 10 milliards par an à long terme, parce que le commerce avec nos voisins baisserait. Les premiers touchés seraient les 465 000 habitants de France qui travaillent dans un pays voisin : 46 000 d'entre eux passent par un seul point, l'autoroute A31 à Zoufftgen, pour aller au Luxembourg. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) +1 France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) résumé en haut de la page, et page 1 de la note (PDF), chercher « un à deux milliards » puis « demi-point » INSEE · novembre 2024 Un travailleur frontalier sur cinq parcourt plus de 50 km pour aller travailler (Insee Première n° 2027) première partie, « Les travailleurs frontaliers parcourent en moyenne 34 km pour se rendre au travail », chercher « 465 000 »
Infaisable tel quel plus de 20 ans au rythme de 2025
Personne ne connaît le nombre exact de personnes sans titre de séjour. Un ordre de grandeur bas : 458 681 personnes avaient l'aide médicale d'État fin septembre 2025, dont près de 110 000 mineurs, et toutes ne la demandent pas. En 2025, la France a réalisé 15 253 expulsions forcées depuis la métropole, 20,7 % de plus qu'en 2024, dont 2 477 de citoyens européens. Pour les quelque 350 000 adultes bénéficiaires de l'AME, il faudrait plus de vingt ans à ce rythme (notre calcul). Chaque expulsion forcée coûte au moins 4 414 € selon la Cour des comptes, qui juge « impossible d'éloigner l'ensemble des personnes » visées par une OQTF : 20 à 30 % ne sont même pas identifiées avec certitude. Ministère de l'Intérieur +2 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 64, partie « Le séjour irrégulier sur le territoire » (chercher « 458 681 ») et tableau « Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) », colonnes 2020 à 2024 puis 2025 (cumul à fin septembre) Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 116, chercher « 4 414 € » Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), page de synthèse page de synthèse, partie « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « entre 20 et 30 % » puis « 12 % »
Possible en partie, mais… 384 230 premiers titres en 2025
En 2025, la France a délivré 384 230 premiers titres de séjour : 117 970 à des étudiants, 92 610 pour motif humanitaire, 91 100 pour motif familial et 51 190 pour le travail. Délivrer moins de titres d'études ou de travail relève de choix politiques. Mais le droit de mener une vie familiale normale et le droit d'asile ont valeur constitutionnelle (Conseil constitutionnel, 1993), et 40 710 titres familiaux vont à des familles de Français. Enfin, en 2025, la France a compté plus de décès que de naissances : avec moins d'immigrés, le COR prévoit que les retraites pèseraient plus lourd. Ministère de l'Intérieur +3 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 41, tableau « Premiers titres délivrés par motif » (colonnes 2021 à 2025 provisoire, puis évolution), et texte sous le tableau Conseil constitutionnel · août 1993 Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993, loi relative à la maîtrise de l'immigration et aux conditions d'entrée, d'accueil et de séjour des étrangers en France considérant 70 (chercher « faire venir auprès ») et considérant 81 (chercher « Tout homme persécuté ») INSEE · janvier 2026 Bilan démographique 2025 (Insee Première n° 2087) résumé en haut de la page, puis chercher « +176 000 » Conseil d'orientation des retraites (COR) · juin 2026 Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel page 112 (page 114 du PDF), partie 2, chapitre 5, section 1.3 « Sensibilité à l'hypothèse de solde migratoire »
Chaque option se heurte à une limite concrète : le nombre de passages à surveiller, le coût pour l'économie, le temps nécessaire ou la Constitution. Contrôler davantage reste possible, ne plus laisser entrer personne ne l'est pas.
Surveiller chaque mètre de frontière n'est pas possible. La France compte 190 points de passage sur ses frontières terrestres, et le 19 janvier 2023, dans les Alpes-Maritimes, 117 km de frontière avec l'Italie étaient surveillés par moins de 60 personnes. Beaucoup de personnes refoulées retentent ailleurs. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 33, chapitre I, partie B.2, premier paragraphe
Des contrôles permanents avec tous nos voisins européens coûteraient cher : 1 à 2 milliards d'euros par an au début, puis environ 10 milliards, selon France Stratégie (2016). Et 465 000 personnes qui vivent en France travaillent dans un pays voisin. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) +1 France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) résumé en haut de la page, et page 1 de la note (PDF), chercher « un à deux milliards » puis « demi-point » INSEE · novembre 2024 Un travailleur frontalier sur cinq parcourt plus de 50 km pour aller travailler (Insee Première n° 2027) première partie, « Les travailleurs frontaliers parcourent en moyenne 34 km pour se rendre au travail », chercher « 465 000 »
Expulser toutes les personnes sans papiers prendrait des décennies. Pour un ordre de grandeur, l'aide médicale d'État comptait 458 681 bénéficiaires fin septembre 2025, dont près de 110 000 mineurs, et toutes les personnes concernées ne la demandent pas. En 2025, la France a réalisé 15 253 expulsions forcées depuis la métropole, dont 12 776 hors citoyens européens : même pour les seuls adultes, il faudrait plus de vingt ans (notre calcul). Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 64, partie « Le séjour irrégulier sur le territoire » (chercher « 458 681 ») et tableau « Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) », colonnes 2020 à 2024 puis 2025 (cumul à fin septembre)
On peut délivrer moins de titres de séjour (384 230 premiers titres en 2025), par exemple aux étudiants ou aux travailleurs. Mais le droit de vivre en famille et le droit d'asile sont protégés par la Constitution, et avec moins d'immigrés, les retraites pèseraient plus lourd. Ministère de l'Intérieur +2 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 41, tableau « Premiers titres délivrés par motif » (colonnes 2021 à 2025 provisoire, puis évolution), et texte sous le tableau Conseil constitutionnel · août 1993 Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993, loi relative à la maîtrise de l'immigration et aux conditions d'entrée, d'accueil et de séjour des étrangers en France considérant 70 (chercher « faire venir auprès ») et considérant 81 (chercher « Tout homme persécuté ») Conseil d'orientation des retraites (COR) · juin 2026 Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel page 112 (page 114 du PDF), partie 2, chapitre 5, section 1.3 « Sensibilité à l'hypothèse de solde migratoire »
Pourquoi l'espace Schengen existe
Il permet à 465 000 personnes qui vivent en France d'aller travailler en Suisse, au Luxembourg, en Allemagne ou en Belgique, et aux touristes et aux camions de passer sans attendre. Il n'interdit pas les contrôles : la France les a rétablis en 2015. Mais les remettre partout et pour toujours coûterait 1 à 2 milliards d'euros par an au début, selon France Stratégie. INSEE +2 INSEE · novembre 2024 Un travailleur frontalier sur cinq parcourt plus de 50 km pour aller travailler (Insee Première n° 2027) première partie, « Les travailleurs frontaliers parcourent en moyenne 34 km pour se rendre au travail », chercher « 465 000 » Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 31, partie B.1, chercher « 13 novembre 2015 » ; page 32, dernière phrase de la partie France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) résumé en haut de la page, et page 1 de la note (PDF), chercher « un à deux milliards » puis « demi-point »
Si l'objectif est de mieux maîtriser qui entre et qui reste en France, voici ce que recommandent ou mesurent les organismes officiels.
Moyenne de 2017 à 2022 pour le retour aidé, année 2022 pour l'expulsion forcée. Un retour aidé coûte environ quatre fois moins cher.
- 4 fois moins cher
Développer l'aide au retour
Selon la Cour des comptes, un retour aidé coûte en moyenne 1 120 €, quatre fois moins qu'une expulsion forcée (4 414 €). Elle recommande d'assouplir ce dispositif pour le rendre plus attractif. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15 (synthèse), chercher « plus attractif » ; page 108, partie « Un complément utile et peu coûteux à l'éloignement forcé », chercher « 1 120 € »
- 55,1 % obtenus à temps en 2025
Obtenir les laissez-passer des pays d'origine
Pour expulser une personne sans passeport, il faut un laissez-passer de son pays d'origine. En 2025, en métropole, seuls 55,1 % ont été obtenus à temps, et 2 929 demandes sont restées sans réponse. La Cour des comptes recommande de centraliser ces demandes et de se servir des visas et de la politique commerciale européenne pour obtenir la coopération des pays. Ministère de l'Intérieur +1 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) » (colonnes 2021 à 2025, puis évolution) et champ sous le tableau Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) synthèse, chercher « en l’absence de passeport » ; page 17, « Récapitulatif des recommandations », recommandations 4, 5 et 7
- 10,9 mois en 2025
Décider plus vite et simplifier les recours
Le délai global d'une demande d'asile est passé de 16 mois en 2021 à 10,9 mois en 2025 (il était de 9,8 mois en 2024). La Cour des comptes recommande aussi de simplifier les recours contre les expulsions et de renforcer les services des étrangers en préfecture. Ministère de l'Intérieur +1 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 78, fin de la page, chercher « 10,9 mois » Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) synthèse, chercher « en l’absence de passeport » ; page 17, « Récapitulatif des recommandations », recommandations 4, 5 et 7
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Agir aux frontières extérieures de l'Europe
La seule frontière extérieure de l'Hexagone est la frontière maritime avec le Royaume-Uni : l'essentiel du contrôle se joue aux frontières de l'Europe. La Cour des comptes demande de mobiliser les leviers européens, dont la protection des frontières extérieures. Le Pacte européen sur la migration et l'asile, appliqué depuis le 12 juin 2026, vise à renforcer ce contrôle, et le système européen d'entrée-sortie se déploie. Cour des comptes +2 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) synthèse du rapport, chercher « leviers communautaires » ; page 38, chercher « seule frontière extérieure » Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 7 (synthèse), chercher « 12 juin 2026 » Conseil d'État · juin 2026 [Décryptage] Le Pacte européen sur la migration et l'asile et la justice administrative début de l'article, chercher « entre en application » puis « Ses objectifs »
Ce qui rapporterait peu
Remettre des policiers à chaque route frontalière changerait peu. Selon la Cour des comptes, les contrôles rétablis depuis 2015 ont une « efficacité limitée » : les personnes refoulées retentent par d'autres routes, ce qui renforce les passeurs. Et avec les règles appliquées depuis 2024, la police aux frontières estimait qu'il faudrait 43 fois plus de policiers au poste de Menton pour renvoyer autant de personnes qu'avant. Cour des comptes +2 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), page de synthèse page de synthèse, partie « La gestion des frontières : une pression croissante, une efficacité incertaine », chercher « 126 points » Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 35, sous le graphique n° 2 Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 63, « L'entrée irrégulière sur le territoire », chercher « 21 442 » puis « 13 664 »
Total : 384 230 premiers titres en 2025 (chiffres provisoires), pour des personnes qui ne sont pas citoyennes de l'Union européenne. Parmi les titres familiaux, 40 710 vont à des familles de Français.
Selon la Cour des comptes (janvier 2024), la police aux frontières et les douanes tiennent 126 points d'entrée dans l'espace Schengen depuis les pays tiers, surtout des ports et des aéroports. Le rétablissement des contrôles aux frontières avec nos voisins, depuis 2015, « présente une efficacité limitée ». Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), page de synthèse page de synthèse, partie « La gestion des frontières : une pression croissante, une efficacité incertaine », chercher « 126 points »
En 2022, la France comptait 190 points de passage autorisés le long de ses frontières terrestres avec ses voisins européens, où des contrôles réguliers doivent être faits. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 33, chapitre I, partie B.2, premier paragraphe
Le 19 janvier 2023, jour de la visite de la Cour des comptes dans les Alpes-Maritimes, les 117 kilomètres de frontière avec l'Italie étaient surveillés par moins de 60 personnes. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 33, chercher « Alpes-Maritimes » puis « 117 kilomètres »
Selon la Cour des comptes, les personnes refoulées à la frontière retentent la traversée par d'autres chemins, car il est impossible de surveiller toute la frontière. Les recherches montrent que renforcer les contrôles dissuade peu et renforce plutôt les passeurs. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 35, sous le graphique n° 2
En 2022, la France a prononcé près de 89 000 refus d'entrée à ses frontières. Depuis un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (septembre 2023), elle doit passer par des remises aux pays voisins, bien plus lourdes : la police aux frontières estime qu'il faudrait multiplier par 43 les effectifs du poste de Menton pour en faire autant. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 36, encadré « La remise en cause des pratiques françaises par la Cour de justice de l’Union européenne en septembre 2023 », chercher « par 43 »
En 2025, la police aux frontières a prononcé 13 664 refus d'entrée et 21 442 renvois vers le pays voisin d'où venaient les personnes. Depuis avril 2024, les personnes interceptées aux frontières intérieures doivent être remises au pays voisin ou recevoir une OQTF. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 63, « L'entrée irrégulière sur le territoire », chercher « 21 442 » puis « 13 664 »
Selon France Stratégie (février 2016), une remise en place permanente des contrôles aux frontières de l'espace Schengen coûterait à la France 1 à 2 milliards d'euros par an à court terme, sans compter le coût des contrôles eux-mêmes : la moitié par la baisse du tourisme, 38 % par l'effet sur les travailleurs frontaliers, 12 % par le transport de marchandises. À long terme, la perte serait d'au moins un demi-point de PIB, soit une dizaine de milliards d'euros par an. France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) résumé en haut de la page, et page 1 de la note (PDF), chercher « un à deux milliards » puis « demi-point »
En 2021, environ 465 000 personnes vivaient en France métropolitaine et travaillaient dans un pays voisin, dont 224 000 en Suisse et 105 000 au Luxembourg. INSEE INSEE · novembre 2024 Un travailleur frontalier sur cinq parcourt plus de 50 km pour aller travailler (Insee Première n° 2027) première partie, « Les travailleurs frontaliers parcourent en moyenne 34 km pour se rendre au travail », chercher « 465 000 »
La moitié des personnes qui vont travailler au Luxembourg en voiture, soit 46 000, passent la frontière par l'autoroute A31 à Zoufftgen. INSEE INSEE · novembre 2024 Un travailleur frontalier sur cinq parcourt plus de 50 km pour aller travailler (Insee Première n° 2027) partie « Des flux routiers très concentrés vers le Luxembourg et les cantons de Genève et de Bâle », chercher « Zoufftgen »
En 2022, l'État a dépensé 50,3 millions d'euros pour 11 409 expulsions forcées depuis l'Hexagone, soit 4 414 € par expulsion. Selon la Cour des comptes, ce coût est sous-estimé : il ne compte ni l'identification des personnes ni le travail des préfectures. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 116, chercher « 4 414 € »
Fin 2024, 465 208 personnes bénéficiaient de l'aide médicale d'État de droit commun, réservée aux étrangers sans titre de séjour. Ce n'est pas un comptage des sans-papiers : seuls ceux qui la demandent et y ont droit sont comptés. Sénat Sénat · novembre 2025 Projet de loi de finances pour 2026 : Santé (rapport général n° 139, tome III, annexe 27) partie sur l'aide médicale de l'État, « … liée tant à la hausse du nombre de bénéficiaires qu'au coût des soins », chercher « 465 208 »
En 2025, depuis la France métropolitaine, 156 180 mesures d'éloignement ont été prononcées et 15 253 expulsions forcées ont été exécutées, 20,7 % de plus qu'en 2024. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 7 (synthèse), chercher « 15 253 » ; détail page 65, tableau « Éloignements et départs exécutés », ligne « Éloignements forcés » et champ sous le tableau
Selon la Cour des comptes, seules 12 % des OQTF sont exécutées, et il paraît impossible d'éloigner toutes les personnes visées. Entre 20 et 30 % des étrangers à éloigner ne sont pas identifiés avec certitude. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), page de synthèse page de synthèse, partie « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « entre 20 et 30 % » puis « 12 % »
En 2025 (chiffres provisoires), la France a délivré 384 230 premiers titres de séjour à des ressortissants de pays hors Union européenne : 117 970 pour études, 92 610 pour motif humanitaire, 91 100 pour motif familial, 51 190 pour motif économique et 31 360 pour d'autres motifs. Les études sont le premier motif depuis 2022. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 41, tableau « Premiers titres délivrés par motif » (colonnes 2021 à 2025 provisoire, puis évolution), et texte sous le tableau
Parmi les titres familiaux, le premier flux est celui des familles de Français : 40 710 titres en 2025. Le regroupement familial au sens strict (un étranger qui fait venir son conjoint ou ses enfants) représentait 17 812 titres en 2024, dernier chiffre détaillé. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 47, tableau « Admission au séjour, par motifs familiaux détaillés » (colonnes 2021 à 2025 provisoire), lignes « Famille de français » et « Regroupement familial », puis texte, chercher « 40 710 titres »
Le Conseil constitutionnel juge depuis 1993 que les étrangers qui résident en France de façon stable et régulière ont, comme les Français, le droit de mener une vie familiale normale, ce qui comprend de faire venir leur conjoint et leurs enfants mineurs, sous réserve de l'ordre public et de la santé publique. Le droit d'asile est inscrit dans le Préambule de la Constitution de 1946. Conseil constitutionnel Conseil constitutionnel · août 1993 Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993, loi relative à la maîtrise de l'immigration et aux conditions d'entrée, d'accueil et de séjour des étrangers en France considérant 70 (chercher « faire venir auprès ») et considérant 81 (chercher « Tout homme persécuté »)
En 2025, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a compté plus de décès que de naissances : le solde naturel est de −6 000. Le solde migratoire est estimé à +176 000 personnes. INSEE INSEE · janvier 2026 Bilan démographique 2025 (Insee Première n° 2087) résumé en haut de la page, puis chercher « +176 000 »
Selon le Conseil d'orientation des retraites (juin 2026), avec un solde migratoire de 70 000 personnes par an au lieu de 150 000, les dépenses de retraite seraient plus élevées de 1,1 point de PIB en 2070, car il y aurait moins de travailleurs et de cotisants. Conseil d'orientation des retraites (COR) Conseil d'orientation des retraites (COR) · juin 2026 Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel page 112 (page 114 du PDF), partie 2, chapitre 5, section 1.3 « Sensibilité à l'hypothèse de solde migratoire »
Entre 2017 et 2022, un retour volontaire aidé a coûté en moyenne 1 120 € (aide et transport compris), quatre fois moins qu'une expulsion forcée (4 414 €). La Cour des comptes recommande d'assouplir ce dispositif pour le rendre plus attractif. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 15 (synthèse), chercher « plus attractif » ; page 108, partie « Un complément utile et peu coûteux à l'éloignement forcé », chercher « 1 120 € »
En 2025, en France métropolitaine, 7 261 demandes de laissez-passer consulaires ont été instruites par les consulats des pays d'origine : 4 000 laissez-passer ont été obtenus dans les délais utiles, soit 55,1 %, et 2 929 demandes sont restées sans réponse. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) » (colonnes 2021 à 2025, puis évolution) et champ sous le tableau
Selon la Cour des comptes, le laissez-passer du pays d'origine est indispensable pour expulser une personne sans passeport. Parmi ses recommandations, la Cour demande de renforcer les services des étrangers en préfecture, de simplifier les recours contre les expulsions et de centraliser les demandes de laissez-passer consulaires. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) synthèse, chercher « en l’absence de passeport » ; page 17, « Récapitulatif des recommandations », recommandations 4, 5 et 7
La procédure d'asile a duré en moyenne 10,9 mois en 2025, contre 16 mois en 2021. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 78, fin de la page, chercher « 10,9 mois »
La seule frontière extérieure de la France métropolitaine est sa frontière maritime avec le Royaume-Uni. La Cour des comptes demande à la France de mobiliser les leviers européens : visas, politique commerciale et protection des frontières extérieures. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) synthèse du rapport, chercher « leviers communautaires » ; page 38, chercher « seule frontière extérieure »
L'entrée en vigueur du Pacte européen sur la migration et l'asile était fixée au 12 juin 2026. En 2025, la France a préparé ces nouvelles procédures et le déploiement du système européen d'entrée-sortie (EES). Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 7 (synthèse), chercher « 12 juin 2026 »
Les contrôles aux frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et l'Espagne ont été rétablis le 13 novembre 2015, après les attentats de Paris. Selon la Cour des comptes, la France n'a prévu aucun calendrier pour en sortir. Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 31, partie B.1, chercher « 13 novembre 2015 » ; page 32, dernière phrase de la partie
La lutte contre l'immigration irrégulière coûte directement environ 1,8 milliard d'euros par an et mobilise près de 16 000 agents à temps plein (Cour des comptes, 2024). Cour des comptes Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), page de synthèse page de synthèse, partie « Des moyens importants, une cohérence à construire », chercher « 1,8 Md€ » ; détail au tableau n° 9, pages 114 et 115 du rapport
En 2025, plus de 3,6 millions de demandes de visas ont été enregistrées et près de 3 millions de visas ont été délivrés pour venir en France. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 7 (synthèse), chercher « 3,6 millions »
En 2022, 52 % des salariés qui habitent la zone d'emploi de Thionville travaillent au Luxembourg. INSEE INSEE · novembre 2025 Salariés frontaliers : des flux à sens unique (Insee Flash Grand Est n° 110) premier paragraphe de l'étude, chercher « Thionville »
Le Pacte européen sur la migration et l'asile s'applique depuis le 12 juin 2026 dans toute l'Union européenne. Il vise notamment à renforcer le contrôle aux frontières extérieures de l'Union. Conseil d'État Conseil d'État · juin 2026 [Décryptage] Le Pacte européen sur la migration et l'asile et la justice administrative début de l'article, chercher « entre en application » puis « Ses objectifs »
En juin 2026, la Commission européenne a recommandé à la France et à huit autres pays de lever progressivement les contrôles aux frontières intérieures. La France reconduit ces contrôles tous les six mois. Assemblée nationale (question écrite publiée au Journal officiel du 21 juillet 2026) Assemblée nationale (question écrite publiée au Journal officiel du 21 juillet 2026) · juillet 2026 Question écrite n° 17214 : Levée des contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen texte de la question, chercher « 2 juin 2026 » puis « reconduite tous les six mois »
Selon le ministère de l'Intérieur, l'aide médicale d'État (AME) comptait 458 681 bénéficiaires fin septembre 2025, 1,5 % de moins qu'un an plus tôt. C'est « l'approche la plus aboutie » du nombre d'étrangers en situation irrégulière, mais elle compte près de 110 000 mineurs, qui en droit ne sont pas en situation irrégulière, ainsi que des personnes qui ont quitté la France, et elle oublie ceux qui ne la demandent pas. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 64, partie « Le séjour irrégulier sur le territoire » (chercher « 458 681 ») et tableau « Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) », colonnes 2020 à 2024 puis 2025 (cumul à fin septembre)
En 2025, sur 15 253 éloignements forcés depuis la métropole (personnes majeures), 6 180 ont renvoyé des ressortissants de pays non européens vers un pays non européen (5,1 % de moins qu'en 2024), 6 596 les ont renvoyés vers un autre pays européen, notamment au titre des transferts Dublin (64,2 % de plus), et 2 477 visaient des citoyens de l'Union européenne. Les retours aidés sont restés stables : 4 564 en 2025, contre 4 586 en 2024. Ministère de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 65, tableau « Éloignements et départs exécutés des étrangers en situation irrégulière selon la nationalité et le type de sortie du territoire », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne)
| Option | Ordre de grandeur | Qui a calculé |
|---|---|---|
| Toute la lutte actuelle contre l'immigration irrégulière | 1,8 milliard € par an, 16 000 agents | Cour des comptes, 2024 |
| Contrôles permanents à toutes les frontières de Schengen | 1 à 2 milliards € par an au début, puis ≈ 10 milliards | France Stratégie, 2016 |
| Expulser les quelque 350 000 adultes bénéficiaires de l'AME (ordre de grandeur bas) | au moins 1,5 milliard € et plus de 20 ans au rythme de 2025 | Notre calcul, d'après la Cour des comptes et le ministère de l'Intérieur |
| Solde migratoire de 70 000 au lieu de 150 000 personnes par an | retraites : +1,1 point de PIB de dépenses en 2070 | Conseil d'orientation des retraites, 2026 |
Ces montants ne s'additionnent pas : ils ne portent ni sur les mêmes années ni sur le même périmètre. Le coût d'une expulsion forcée (4 414 € en 2022) est, selon la Cour des comptes, sous-estimé.
Source Cour des comptes +4 Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), page de synthèse page de synthèse, partie « Des moyens importants, une cohérence à construire », chercher « 1,8 Md€ » ; détail au tableau n° 9, pages 114 et 115 du rapport France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan) · février 2016 Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39) résumé en haut de la page, et page 1 de la note (PDF), chercher « un à deux milliards » puis « demi-point » Cour des comptes · janvier 2024 La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique) page 116, chercher « 4 414 € » Ministère de l'Intérieur · octobre 2026 Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA) page 64, partie « Le séjour irrégulier sur le territoire » (chercher « 458 681 ») et tableau « Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) », colonnes 2020 à 2024 puis 2025 (cumul à fin septembre) Conseil d'orientation des retraites (COR) · juin 2026 Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel page 112 (page 114 du PDF), partie 2, chapitre 5, section 1.3 « Sensibilité à l'hypothèse de solde migratoire »
« Ne plus laisser entrer personne » regroupe en réalité quatre mesures différentes : surveiller chaque frontière, sortir de Schengen, expulser les personnes déjà présentes sans titre, et ne plus délivrer de titres de séjour. Chacune bute sur une limite précise.
La frontière d'abord. On peut contrôler les routes, mais pas chaque champ ni chaque sentier : la Cour des comptes juge impossible de surveiller toute la frontière, et les personnes refoulées retentent ailleurs. Pris au mot, ne laisser entrer personne voudrait aussi dire refuser les près de 3 millions de visas délivrés en 2025.
Ensuite, le coût. Des contrôles permanents freinent aussi les Français : touristes, camions, et 465 000 frontaliers. France Stratégie chiffre la facture à 1 à 2 milliards d'euros par an au début, puis environ 10 milliards. À long terme, c'est plus de cinq fois le coût de toute la lutte actuelle contre l'immigration irrégulière, 1,8 milliard d'euros par an (notre calcul).
Enfin, le temps et le droit. Au rythme de 2025, 12 776 expulsions forcées de non-Européens par an depuis la métropole, renvoyer les seuls adultes bénéficiaires de l'aide médicale d'État, environ 350 000 personnes, prendrait environ 27 ans (notre calcul). C'est une estimation basse : toutes les personnes sans titre ne demandent pas l'AME. Et la vie familiale comme le droit d'asile sont protégés par la Constitution.
Imaginez que vous habitiez près de Thionville. Comme plus d'un salarié sur deux de votre secteur, vous travaillez au Luxembourg. Chaque matin, vous prenez l'A31 à Zoufftgen avec 46 000 autres personnes qui font le même trajet en voiture.
Le jour où l'on ferme vraiment la frontière, le contrôle ne vise pas seulement les migrants : il vous vise vous aussi, chaque matin et chaque soir. France Stratégie estime d'ailleurs que 38 % du coût immédiat des contrôles permanents tomberait sur les travailleurs frontaliers comme vous. Vouloir maîtriser l'immigration est légitime ; reste à choisir des mesures qui visent les bonnes personnes.
Si vous deviez choisir une seule mesure, laquelle ferait le plus pour maîtriser l'immigration irrégulière : des policiers à chaque route frontalière, ou des pays d'origine qui acceptent de reprendre leurs ressortissants ?
- La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), page de synthèse, Cour des comptes, janvier 2024. page de synthèse, partie « La gestion des frontières : une pression croissante, une efficacité incertaine », chercher « 126 points » ; page de synthèse, partie « L'éloignement : un enchaînement d'obstacles structurels », chercher « entre 20 et 30 % » puis « 12 % » ; page de synthèse, partie « Des moyens importants, une cohérence à construire », chercher « 1,8 Md€ » ; détail au tableau n° 9, pages 114 et 115 du rapport.
- La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (rapport public thématique), Cour des comptes, janvier 2024. page 33, chapitre I, partie B.2, premier paragraphe ; page 33, chercher « Alpes-Maritimes » puis « 117 kilomètres » ; page 35, sous le graphique n° 2 ; page 36, encadré « La remise en cause des pratiques françaises par la Cour de justice de l’Union européenne en septembre 2023 », chercher « par 43 » ; page 116, chercher « 4 414 € » ; page 15 (synthèse), chercher « plus attractif » ; page 108, partie « Un complément utile et peu coûteux à l'éloignement forcé », chercher « 1 120 € » ; synthèse, chercher « en l’absence de passeport » ; page 17, « Récapitulatif des recommandations », recommandations 4, 5 et 7 ; synthèse du rapport, chercher « leviers communautaires » ; page 38, chercher « seule frontière extérieure » ; page 31, partie B.1, chercher « 13 novembre 2015 » ; page 32, dernière phrase de la partie.
- Les étrangers en France 2025, rapport au Parlement (vingt-troisième rapport établi en application de l'article L. 123-1 du CESEDA), Ministère de l'Intérieur, direction générale des étrangers en France, octobre 2026. page 63, « L'entrée irrégulière sur le territoire », chercher « 21 442 » puis « 13 664 » ; page 7 (synthèse), chercher « 15 253 » ; détail page 65, tableau « Éloignements et départs exécutés », ligne « Éloignements forcés » et champ sous le tableau ; page 41, tableau « Premiers titres délivrés par motif » (colonnes 2021 à 2025 provisoire, puis évolution), et texte sous le tableau ; page 47, tableau « Admission au séjour, par motifs familiaux détaillés » (colonnes 2021 à 2025 provisoire), lignes « Famille de français » et « Regroupement familial », puis texte, chercher « 40 710 titres » ; page 67, tableau « Laissez-passer consulaires (LPC) » (colonnes 2021 à 2025, puis évolution) et champ sous le tableau ; page 78, fin de la page, chercher « 10,9 mois » ; page 7 (synthèse), chercher « 12 juin 2026 » ; page 7 (synthèse), chercher « 3,6 millions » ; page 64, partie « Le séjour irrégulier sur le territoire » (chercher « 458 681 ») et tableau « Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale d'État (AME) », colonnes 2020 à 2024 puis 2025 (cumul à fin septembre) ; page 65, tableau « Éloignements et départs exécutés des étrangers en situation irrégulière selon la nationalité et le type de sortie du territoire », colonnes 2021 à 2025 (la valeur 2025 est la cinquième de chaque ligne).
- Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen (La Note d'analyse n° 39), France Stratégie (aujourd'hui Haut-commissariat à la stratégie et au plan), février 2016. résumé en haut de la page, et page 1 de la note (PDF), chercher « un à deux milliards » puis « demi-point ».
- Un travailleur frontalier sur cinq parcourt plus de 50 km pour aller travailler (Insee Première n° 2027), INSEE, novembre 2024. première partie, « Les travailleurs frontaliers parcourent en moyenne 34 km pour se rendre au travail », chercher « 465 000 » ; partie « Des flux routiers très concentrés vers le Luxembourg et les cantons de Genève et de Bâle », chercher « Zoufftgen ».
- Projet de loi de finances pour 2026 : Santé (rapport général n° 139, tome III, annexe 27), Sénat, commission des finances (rapporteur spécial : Vincent Delahaye), novembre 2025. partie sur l'aide médicale de l'État, « … liée tant à la hausse du nombre de bénéficiaires qu'au coût des soins », chercher « 465 208 ».
- Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993, loi relative à la maîtrise de l'immigration et aux conditions d'entrée, d'accueil et de séjour des étrangers en France, Conseil constitutionnel, août 1993. considérant 70 (chercher « faire venir auprès ») et considérant 81 (chercher « Tout homme persécuté »).
- Bilan démographique 2025 (Insee Première n° 2087), INSEE, janvier 2026. résumé en haut de la page, puis chercher « +176 000 ».
- Évolutions et perspectives des retraites en France, rapport annuel, Conseil d'orientation des retraites (COR), juin 2026. page 112 (page 114 du PDF), partie 2, chapitre 5, section 1.3 « Sensibilité à l'hypothèse de solde migratoire ».
- Salariés frontaliers : des flux à sens unique (Insee Flash Grand Est n° 110), INSEE, novembre 2025. premier paragraphe de l'étude, chercher « Thionville ».
- [Décryptage] Le Pacte européen sur la migration et l'asile et la justice administrative, Conseil d'État, juin 2026. début de l'article, chercher « entre en application » puis « Ses objectifs ».
- Question écrite n° 17214 : Levée des contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen, Assemblée nationale (question écrite publiée au Journal officiel du 21 juillet 2026), juillet 2026. texte de la question, chercher « 2 juin 2026 » puis « reconduite tous les six mois ».
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Réponses tirées de fiches vérifiées. La source est sous chaque phrase.