L'insécurité explose-t-elle vraiment en France ?
L'insécurité explose en France.
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Cette idée est défendue publiquement. Mot pour mot :
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« Monsieur le ministre de l'intérieur, chaque jour, 12 tentatives d'homicide sont comptabilisées dans notre pays, soit deux fois plus qu'en 2017, avant l'installation de la Macronie. Chaque jour, 362 agressions sexuelles sont recensées, alors qu'elles étaient déjà 156 de trop en 2017. »
Antoine Valentin, député UDR de la Haute-Savoie. Questions au gouvernement, deuxième séance du mardi 3 février 2026, Assemblée nationale, le 3 février 2026. Source ↗
Première intervention du député, élu la veille de sa prise de fonction lors d'une élection partielle. Ses chiffres correspondent bien aux données enregistrées par la police et la gendarmerie (4 477 tentatives d'homicide en 2025, soit environ 12 par jour). Les « 362 agressions sexuelles » correspondent à l'ensemble des violences sexuelles enregistrées (132 100 en 2025), pas aux seules agressions sexuelles. La ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne lui a répondu que « notre pays n'est pas devenu un coupe-gorge à ciel ouvert ».
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« Les Français ne se sentent plus en sécurité nulle part, ni dans leur quartier, ni dans le métro, ni devant chez eux. C'est le chaos sécuritaire ! […] C'est l'ensauvagement d'une nation autrefois fière, autrefois respectée, autrefois protégée. »
Olivier Fayssat, député UDR des Bouches-du-Rhône. Questions au gouvernement, première séance du mercredi 12 novembre 2025, Assemblée nationale, le 12 novembre 2025. Source ↗
Le député cite une hausse de 8 % des homicides (« 73 morts de plus »). Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez lui a répondu que ces chiffres étaient « ceux du mois d'octobre seulement ». Sur l'année 2025 entière, le bilan définitif du service statistique compte 975 victimes d'homicide, contre 976 en 2024.
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- Sources de la fiche : SSMSI (ministère de l'Intérieur), Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), Eurostat, INSEE…
Réponse vérifiée · 11 sources · données à jour : octobre 2026
En partie vrai
Non, l'insécurité n'explose pas partout. Les homicides sont stables depuis deux ans (975 victimes en 2025, 976 en 2024), après une hausse entre 2020 et 2023. Les vols violents ont presque été divisés par deux depuis 2016. La plus forte hausse en nombre concerne les violences enregistrées dans la famille : 54 % des victimes de violences physiques enregistrées en 2025. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) synthèse page 10, fiche 1 page 75 et note 2, annexe 1 page 186 (ligne « Homicides », de 2025 à 2016)
La part de vrai
Certaines violences augmentent vraiment, et pas seulement dans les plaintes. Les homicides ont augmenté de 2020 à 2023, et les tentatives d'homicide enregistrées ont presque doublé entre 2016 et 2025 (de 2 259 à 4 477). Quand on interroge les habitants, le nombre de victimes de violences physiques augmente de 7 % entre 2022 et 2023. La France compte aussi plus d'homicides que ses grands voisins : 1,28 pour 100 000 habitants en 2024, contre 0,83 en Allemagne et 0,57 en Italie. SSMSI (ministère de l'Intérieur) +2 SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) synthèse page 10, fiche 1 page 75 et note 2, annexe 1 page 186 (ligne « Homicides », de 2025 à 2016) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · octobre 2025 Vécu et ressenti en matière de sécurité : victimation, délinquance et sentiment d'insécurité. Rapport d'enquête, édition 2024 rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), page 8, premier paragraphe Eurostat · avril 2026 Police-recorded offences by offence category (crim_off_cat) catégorie « Intentional homicide » (ICCS0101), unité « pour cent mille habitants », année 2024 ; valeurs relues le 29 octobre 2026 par l'API d'Eurostat (jeu crim_off_cat, mis à jour le 29 avril 2026)
Faits enregistrés par la police et la gendarmerie, évolution entre 2016 et 2025 (notre calcul). Les hausses viennent en partie de victimes qui portent plainte plus souvent. Le chiffre des homicides de 2016 comprend près de 90 victimes de l'attentat de Nice.
Source SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) synthèse page 10, fiche 1 page 75 et note 2, annexe 1 page 186 (ligne « Homicides », de 2025 à 2016)
Les violences physiques enregistrées par la police et la gendarmerie ont beaucoup augmenté : 277 300 victimes en 2016, 472 400 en 2025. Mais plus de la moitié ont lieu dans la famille : sur 100 victimes enregistrées en 2025, 54 l'ont été dans le cadre familial, couple compris. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) fiche 3 « Violences physiques », page 92 ; annexe 1, page 186 (lignes « Violences physiques », « dans le cadre familial », « hors du cadre familial », de 2025 à 2016)
Ces chiffres comptent les plaintes, pas toutes les violences. En 2023, seulement 21 victimes de violences physiques sur 100 ont porté plainte. Selon le service statistique du ministère de l'Intérieur, la hausse se fait dans un contexte de « libération de la parole » : des victimes portent plainte plus souvent, parfois pour des faits anciens. SSMSI (ministère de l'Intérieur) +2 SSMSI (ministère de l'Intérieur) · octobre 2025 Vécu et ressenti en matière de sécurité : victimation, délinquance et sentiment d'insécurité. Rapport d'enquête, édition 2024 rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), page 11 (encadré « Peu de victimes portent plainte »), figure 8 SSMSI (ministère de l'Intérieur) · janvier 2026 Les violences intrafamiliales non conjugales enregistrées par les services de sécurité en hausse de 9 % en 2024 (Interstats Info rapide n°59) page 1, résumé en haut de page SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Présentation des bases communale, départementale et régionale des principaux indicateurs des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie nationales page 1, deuxième paragraphe ; page 5, « Quelques précisions méthodologiques »
Le crime le plus grave ne s'envole pas : 975 homicides en 2025, autant qu'en 2024. Sur le long terme, selon le service statistique du ministère, leur nombre a baissé de 1996 à 2014, puis il est resté relativement stable, avec une hausse entre 2020 et 2023. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) synthèse page 10, fiche 1 page 75 et note 2, annexe 1 page 186 (ligne « Homicides », de 2025 à 2016)
Les vols reculent nettement. Les vols violents sans arme enregistrés sont passés de 94 800 en 2016 à 49 200 en 2025. Quand on interroge directement les habitants, les victimes de vols avec violence ou menace passent de 528 000 en 2006 à 296 000 en 2023. SSMSI (ministère de l'Intérieur) +1 SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) annexe 1, page 186 (lignes « Vols avec armes », « Vols violents sans arme », « Cambriolages de logements », « Vols de véhicules », de 2025 à 2016) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · octobre 2025 Vécu et ressenti en matière de sécurité : victimation, délinquance et sentiment d'insécurité. Rapport d'enquête, édition 2024 rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), annexe, figure II.1 (page 24) et figure I.4 (page 22)
Le sentiment d'insécurité, lui, monte vraiment. En 2024, 21 personnes sur 100 disent qu'il leur est arrivé de renoncer à sortir seules de chez elles pour des raisons de sécurité. Chez les femmes, c'est 31 sur 100. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · octobre 2025 Vécu et ressenti en matière de sécurité : victimation, délinquance et sentiment d'insécurité. Rapport d'enquête, édition 2024 rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), page 9, partie « Le sentiment d'insécurité progresse entre 2023 et 2024 »
Si l'objectif est plus de sécurité, concrètement, voici ce que montrent les rapports officiels.
Choisissez une réponse pour voir ce qu'elle donnerait.
Effet d'ensemble non démontré « aucune corrélation globale »
Dans les communes étudiées par la Cour des comptes en 2020, aucun lien d'ensemble n'apparaît entre les caméras et la délinquance sur la voie publique, ni avec les taux d'élucidation. La police et la gendarmerie les jugent utiles pour certaines enquêtes. Cour des comptes Cour des comptes · octobre 2020 Les polices municipales (rapport public thématique) partie « D - Une efficacité de la vidéoprotection insuffisamment mesurée », page 69 (« investigation judiciaire ») et page 70, premier paragraphe (« aucune corrélation globale »)
Efficacité limitée sans réorganisation 8 000 policiers en plus de 2015 à 2020
Selon la Cour des comptes, ces recrutements ne se sont pas traduits par plus de présence sur le terrain. Elle juge que des moyens en plus n'ont qu'une efficacité limitée sans réforme de l'organisation. Cour des comptes Cour des comptes · novembre 2021 La gestion des ressources humaines au cœur des difficultés de la police nationale (note structurelle) page 8 (« Chiffres clés »), page 11 (premier paragraphe) et page 12 (sous le graphique n° 1)
Des alertes manquées 41 victimes sur 100 avaient déjà alerté
Dans les homicides et tentatives d'homicide conjugaux étudiés par l'Inspection générale de la justice, 41 % des victimes avaient déjà signalé des violences à la police ou à la gendarmerie, et 80 % des plaintes transmises au parquet avaient été classées. Inspection générale de la justice (ministère de la Justice) Inspection générale de la justice (ministère de la Justice) · novembre 2019 Mission sur les homicides conjugaux (rapport) page 3 (synthèse) ; page 19, partie 1.2.1.3 « Des violences antérieures portées à la connaissance des forces de l'ordre »
Ces trois réponses viennent de rapports officiels. Pour la Cour des comptes, donner plus de moyens ne suffit pas : tout dépend de la façon de les utiliser.
- 41 victimes sur 100 avaient déjà alerté
Prendre au sérieux chaque signalement de violence dans le couple
Plus de la moitié des violences physiques enregistrées ont lieu dans la famille. En étudiant les homicides et tentatives d'homicide conjugaux de 2015 et 2016, l'Inspection générale de la justice a constaté que 41 % des victimes avaient déjà signalé des violences à la police ou à la gendarmerie. Sur 40 mains courantes, 7 seulement avaient donné lieu à des investigations, et 80 % des plaintes transmises au parquet avaient été classées. Elle recommande de rechercher systématiquement les antécédents dès la première main courante ou plainte. SSMSI (ministère de l'Intérieur) +1 SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) fiche 3 « Violences physiques », page 92 ; annexe 1, page 186 (lignes « Violences physiques », « dans le cadre familial », « hors du cadre familial », de 2025 à 2016) Inspection générale de la justice (ministère de la Justice) · novembre 2019 Mission sur les homicides conjugaux (rapport) page 3 (synthèse) ; page 19, partie 1.2.1.3 « Des violences antérieures portées à la connaissance des forces de l'ordre »
- 37 % des heures de travail sur le terrain
Mettre les policiers là où est la délinquance
Selon la Cour des comptes, 8 000 policiers ont été recrutés en plus de 2015 à 2020, sans plus de présence sur le terrain : 37 % des heures de travail se passent hors des locaux, un taux en baisse depuis dix ans (la police juge cet indicateur imparfait). La Cour relève que les effectifs des unités d'enquête sont « peu corrélés au niveau de la délinquance ». Ses leviers : mieux répartir les policiers et adapter l'organisation de leur temps de travail aux besoins. Cour des comptes Cour des comptes · novembre 2021 La gestion des ressources humaines au cœur des difficultés de la police nationale (note structurelle) page 8 (« Chiffres clés »), page 11 (premier paragraphe) et page 12 (sous le graphique n° 1)
Ce qui rapporterait peu
Ajouter des caméras ne suffit pas à faire baisser la délinquance. Dans les communes qu'elle a étudiées, la Cour des comptes n'a relevé « aucune corrélation globale » entre la vidéoprotection et le niveau de la délinquance sur la voie publique, ni avec les taux d'élucidation. La police et la gendarmerie soulignent leur intérêt pour certaines enquêtes, mais leur effet d'ensemble n'est pas démontré. Cour des comptes Cour des comptes · octobre 2020 Les polices municipales (rapport public thématique) partie « D - Une efficacité de la vidéoprotection insuffisamment mesurée », page 69 (« investigation judiciaire ») et page 70, premier paragraphe (« aucune corrélation globale »)
| Pays | Homicides pour 100 000 habitants |
|---|---|
| Lituanie | 2,63 |
| Finlande | 1,78 |
| Belgique | 1,40 |
| France | 1,28 |
| Suède | 0,87 |
| Allemagne | 0,83 |
| Espagne | 0,72 |
| Italie | 0,57 |
Homicides volontaires enregistrés par la police, chiffres Eurostat. La France est au 6e rang sur les 27 pays de l'Union européenne (notre classement) : au-dessus de ses grands voisins, en dessous des pays baltes, de la Finlande et de la Belgique.
En 2025, la police et la gendarmerie ont enregistré 975 victimes d'homicide en France, contre 976 en 2024 : le nombre est stable, après une nette hausse entre 2020 et 2023 (+7 % par an en moyenne). Entre 2016 et 2020, hors attentats, on en comptait autour de 820 par an. Le chiffre de 2016 (911) comprend près de 90 victimes de l'attentat de Nice. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) synthèse page 10, fiche 1 page 75 et note 2, annexe 1 page 186 (ligne « Homicides », de 2025 à 2016)
En 1994, la police et la gendarmerie enregistraient 24,4 homicides pour 1 million d'habitants en France métropolitaine (2,4 pour 100 000). En 2014, c'était 10,3 pour 1 million : une baisse d'environ 58 % en vingt ans. Ces chiffres viennent de l'ancienne série statistique, que le service statistique du ministère juge non comparable avec la série actuelle. Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) · décembre 2015 Homicide rate in France and Germany down by close to 60 % in 20 years (Crim flash n°2, en anglais) page 1, premier paragraphe
En 2025, 817 victimes d'homicide ont été enregistrées en France métropolitaine, soit environ 1,2 pour 100 000 habitants (notre calcul). SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Bases statistiques communale, départementale et régionale de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales fichier CSV régional, indicateur « Homicides », année 2025, régions métropolitaines (codes 11 à 94), colonnes « nombre » et « insee_pop »
En 2024, la France compte 1,28 homicide volontaire enregistré pour 100 000 habitants, contre 1,40 en Belgique, 0,83 en Allemagne, 0,72 en Espagne et 0,57 en Italie. Eurostat Eurostat · avril 2026 Police-recorded offences by offence category (crim_off_cat) catégorie « Intentional homicide » (ICCS0101), unité « pour cent mille habitants », année 2024 ; valeurs relues le 29 octobre 2026 par l'API d'Eurostat (jeu crim_off_cat, mis à jour le 29 avril 2026)
Les tentatives d'homicide enregistrées sont passées de 2 259 victimes en 2016 à 4 477 en 2025, soit +8 % par an en moyenne. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) fiche 2 « Tentatives d'homicide », page 85
Les victimes de violences physiques enregistrées sont passées de 277 300 en 2016 à 472 400 en 2025. Dans le cadre familial (couple compris) : de 113 800 à 256 700. Hors du cadre familial : de 163 400 à 215 700. En 2025, 54 % de ces victimes l'ont été dans le cadre familial. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) fiche 3 « Violences physiques », page 92 ; annexe 1, page 186 (lignes « Violences physiques », « dans le cadre familial », « hors du cadre familial », de 2025 à 2016)
Les victimes de violences sexuelles enregistrées sont passées de 51 900 en 2016 à 132 100 en 2025. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) partie sur les délais de plainte des violences sexuelles, page 185 (chercher « 51 900 »)
Entre 2016 et 2025, les vols violents sans arme enregistrés passent de 94 800 à 49 200, les vols avec armes de 10 900 à 7 900, les cambriolages de logement de 248 900 à 211 600 et les vols de véhicule de 164 800 à 124 800. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) annexe 1, page 186 (lignes « Vols avec armes », « Vols violents sans arme », « Cambriolages de logements », « Vols de véhicules », de 2025 à 2016)
Parmi les victimes de violences physiques en 2023, 21 % ont porté plainte. C'est 6 % pour les violences sexuelles physiques (viol, tentative de viol, agression sexuelle). SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · octobre 2025 Vécu et ressenti en matière de sécurité : victimation, délinquance et sentiment d'insécurité. Rapport d'enquête, édition 2024 rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), page 11 (encadré « Peu de victimes portent plainte »), figure 8
En 2024, 15 % des adultes se sentent souvent ou de temps en temps en insécurité à leur domicile, 22 % dans leur quartier ou village, 42 % dans les transports. 21 % disent qu'il leur est arrivé de renoncer à sortir seuls de chez eux pour des raisons de sécurité. Ces indicateurs sont en hausse entre 2023 et 2024. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · octobre 2025 Vécu et ressenti en matière de sécurité : victimation, délinquance et sentiment d'insécurité. Rapport d'enquête, édition 2024 rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), page 9, partie « Le sentiment d'insécurité progresse entre 2023 et 2024 »
En 2024, 31 % des femmes disent qu'il leur arrive de renoncer à sortir seules de chez elles pour des raisons de sécurité. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · octobre 2025 Vécu et ressenti en matière de sécurité : victimation, délinquance et sentiment d'insécurité. Rapport d'enquête, édition 2024 rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), page 20, figure 16, ligne « Lecture »
Dans la même enquête, le nombre de personnes qui se déclarent victimes de violences physiques (hors vol) augmente de 40 000, soit 7 %, entre 2022 et 2023. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · octobre 2025 Vécu et ressenti en matière de sécurité : victimation, délinquance et sentiment d'insécurité. Rapport d'enquête, édition 2024 rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), page 8, premier paragraphe
Toujours en interrogeant les habitants : 528 000 personnes ont été victimes d'un vol ou d'une tentative de vol avec violence ou menace en 2006, 296 000 en 2023. Pour les vols et tentatives de vol de voiture, on passe de 1 563 000 à 549 000 ménages touchés. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · octobre 2025 Vécu et ressenti en matière de sécurité : victimation, délinquance et sentiment d'insécurité. Rapport d'enquête, édition 2024 rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), annexe, figure II.1 (page 24) et figure I.4 (page 22)
Les violences familiales hors couple enregistrées augmentent de 9 % en 2024, « dans un contexte encore marqué par la libération de la parole ». Pour 41 % de ces victimes, les faits remontaient à plus d'un an au moment de la plainte. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · janvier 2026 Les violences intrafamiliales non conjugales enregistrées par les services de sécurité en hausse de 9 % en 2024 (Interstats Info rapide n°59) page 1, résumé en haut de page
Le service statistique du ministère rappelle que les chiffres enregistrés ne reflètent bien la réalité que pour les délits que les victimes signalent souvent. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Présentation des bases communale, départementale et régionale des principaux indicateurs des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie nationales page 1, deuxième paragraphe ; page 5, « Quelques précisions méthodologiques »
En 2021, le service statistique prévenait que les tentatives d'homicide enregistrées n'étaient pas encore fiabilisées, parce qu'elles se confondent facilement avec les coups et blessures volontaires. INSEE INSEE · décembre 2021 Homicides commis en France entre 2016 et 2020 (Insee Références, Sécurité et société) chercher « porosité » dans la page
En 2024, parmi les 27 pays de l'Union européenne, la France est au 6e rang pour le taux d'homicides volontaires enregistrés (notre classement), derrière la Lituanie (2,63 pour 100 000 habitants), la Lettonie (2,40), l'Estonie (1,82), la Finlande (1,78) et la Belgique (1,40). La Suède est à 0,87, la Pologne à 0,69 et les Pays-Bas à 0,67. Eurostat Eurostat · avril 2026 Police-recorded offences by offence category (crim_off_cat) catégorie « Intentional homicide » (ICCS0101), unité « pour cent mille habitants », année 2024, tous pays ; données mises à jour le 29 avril 2026
En 2020, la Cour des comptes, qui a étudié un échantillon de communes, n'a relevé « aucune corrélation globale » entre la vidéoprotection et le niveau de la délinquance sur la voie publique, ni avec les taux d'élucidation. Elle note que la police et la gendarmerie jugent ces dispositifs utiles, notamment pour les enquêtes. Cour des comptes Cour des comptes · octobre 2020 Les polices municipales (rapport public thématique) partie « D - Une efficacité de la vidéoprotection insuffisamment mesurée », page 69 (« investigation judiciaire ») et page 70, premier paragraphe (« aucune corrélation globale »)
Selon la Cour des comptes (novembre 2021), la police nationale a recruté 8 000 policiers supplémentaires de 2015 à 2020, mais la présence sur le terrain n'a pas augmenté : son taux d'engagement sur le terrain, qui compare les heures passées hors des locaux au total des heures, est de 37 % et baisse depuis dix ans. La police juge cet indicateur imparfait et a décidé de le remplacer par le volume d'heures de patrouille. Cour des comptes Cour des comptes · novembre 2021 La gestion des ressources humaines au cœur des difficultés de la police nationale (note structurelle) page 8 (« Chiffres clés »), page 11 (premier paragraphe) et page 12 (sous le graphique n° 1)
La même note juge que des moyens supplémentaires n'ont qu'une efficacité limitée sans réforme de l'organisation. Elle relève que les effectifs sont inégalement répartis au regard de la délinquance, et que ceux des unités d'enquête y sont « peu corrélés ». Ses leviers : mieux répartir les effectifs, adapter l'organisation du travail, renforcer la formation, mutualiser avec la gendarmerie et les polices municipales. Cour des comptes Cour des comptes · novembre 2021 La gestion des ressources humaines au cœur des difficultés de la police nationale (note structurelle) page 17 (« 2 - Quatre leviers d'action ») et page 18 (fin de la partie A)
L'Inspection générale de la justice a étudié les dossiers d'homicide et de tentative d'homicide conjugaux commis en 2015 et 2016 et jugés définitivement. 41 % des victimes avaient déjà signalé des violences à la police ou à la gendarmerie. Sur 40 mains courantes et procès-verbaux de renseignement déposés par les victimes, 7 (18 %) avaient donné lieu à des investigations. Inspection générale de la justice (ministère de la Justice) Inspection générale de la justice (ministère de la Justice) · novembre 2019 Mission sur les homicides conjugaux (rapport) page 3 (synthèse) ; page 19, partie 1.2.1.3 « Des violences antérieures portées à la connaissance des forces de l'ordre »
Dans les mêmes dossiers, 80 % des plaintes transmises au parquet avaient été classées. L'Inspection recommande que, dès le dépôt d'une main courante ou d'une plainte, les enquêteurs recherchent systématiquement les précédents et les signalent au parquet. Inspection générale de la justice (ministère de la Justice) Inspection générale de la justice (ministère de la Justice) · novembre 2019 Mission sur les homicides conjugaux (rapport) page 20, fin de la page (« 80 % ») ; page 31, début de la page (« recherche de précédents »)
Selon le service statistique du ministère de l'Intérieur (2026), la série des homicides d'avant 2016 n'est pas comparable avec la série actuelle : ses corrections ont réduit d'environ 30 % le nombre d'homicides comptés dans l'ancienne série sur 2016-2021. Ses premières estimations sur longue période montrent une baisse du nombre de victimes d'homicide de 1996 à 2014, puis une relative stabilité à partir de 2015, avec un léger rebond en fin de période, interrompu en 2024. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) fiche 1 « Homicides », page 75
En 2026, le service statistique précise qu'une grande partie des requalifications est prise en compte, mais qu'il travaille encore à mieux distinguer les tentatives d'homicide des violences physiques. SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) fiche 2 « Tentatives d'homicide », page 85
Nombre de victimes enregistrées par la police et la gendarmerie, couple compris dans « la famille ». Dans la famille, le nombre a plus que doublé. En dehors, il a augmenté d'environ un tiers (notre calcul).
Source SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) fiche 3 « Violences physiques », page 92 ; annexe 1, page 186 (lignes « Violences physiques », « dans le cadre familial », « hors du cadre familial », de 2025 à 2016)
Il existe deux façons de mesurer l'insécurité. La première compte ce que la police et la gendarmerie enregistrent : surtout des plaintes. La seconde interroge directement des milliers d'habitants, qu'ils aient porté plainte ou non. Les deux sont utiles, mais elles ne disent pas la même chose.
Les plaintes donnent une image fidèle pour les faits que presque tout le monde signale, comme les homicides ou les vols de voiture (pour l'assurance). Pour les violences, c'est différent : seulement 21 victimes sur 100 portent plainte. Si demain 25 victimes sur 100 portaient plainte, les violences enregistrées augmenteraient d'environ 20 % (notre calcul), sans une seule agression de plus. C'est en partie ce qui se passe pour les violences dans la famille : depuis 2016, celles qui sont enregistrées ont plus que doublé, et le ministère parle d'un contexte de « libération de la parole ».
Cela ne veut pas dire que tout s'explique par les plaintes. L'enquête auprès des habitants montre elle aussi une hausse des violences physiques entre 2022 et 2023, et les tentatives d'homicide enregistrées ont presque doublé. Mais les homicides, le crime le mieux compté, sont stables en 2024 et 2025, et plus bas qu'au milieu des années 1990 selon les premières estimations du service statistique sur longue période. Et les vols, avec ou sans violence, reculent nettement.
Le bon résumé n'est donc ni « tout va bien » ni « tout explose » : certaines violences montent, d'autres délits baissent, et la peur progresse.
victimes de violences physiques enregistrées en 2025 l'ont été dans le cadre familial, couple compris.
Source SSMSI (ministère de l'Intérieur) SSMSI (ministère de l'Intérieur) · juillet 2026 Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026) fiche 3 « Violences physiques », page 92 ; annexe 1, page 186 (lignes « Violences physiques », « dans le cadre familial », « hors du cadre familial », de 2025 à 2016)
Imaginez une voisine de votre immeuble. Pendant des années, son mari la frappe, et elle ne dit rien. Un jour, elle ose aller au commissariat. Dans les statistiques, cela fait une violence de plus. Pourtant, votre rue n'est pas devenue plus dangereuse ce jour-là : c'est une violence ancienne qui devient enfin visible. En 2025, plus de la moitié des violences physiques enregistrées se sont passées dans la famille.
Et si vous-même, vous évitez de rentrer seul le soir, vous n'êtes pas en train d'imaginer des choses : une personne sur cinq dit avoir déjà renoncé à sortir pour des raisons de sécurité, et près d'une femme sur trois. Cette peur est réelle et elle compte. Mais pour savoir si le danger dans la rue explose, il faut regarder ce qui se passe dans la rue : là, les vols avec violence reculent depuis 2006, et les homicides sont stables depuis deux ans.
Pour savoir si l'insécurité explose, qu'est-ce qui vous paraît le plus fiable : le nombre de plaintes, ou ce que racontent les habitants quand on leur pose directement la question ?
- Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique (Interstats Références, édition 2026), SSMSI (ministère de l'Intérieur), juillet 2026. synthèse page 10, fiche 1 page 75 et note 2, annexe 1 page 186 (ligne « Homicides », de 2025 à 2016) ; fiche 2 « Tentatives d'homicide », page 85 ; fiche 3 « Violences physiques », page 92 ; annexe 1, page 186 (lignes « Violences physiques », « dans le cadre familial », « hors du cadre familial », de 2025 à 2016) ; partie sur les délais de plainte des violences sexuelles, page 185 (chercher « 51 900 ») ; annexe 1, page 186 (lignes « Vols avec armes », « Vols violents sans arme », « Cambriolages de logements », « Vols de véhicules », de 2025 à 2016) ; fiche 1 « Homicides », page 75.
- Homicide rate in France and Germany down by close to 60 % in 20 years (Crim flash n°2, en anglais), Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), publication hébergée par l'IHEMI, décembre 2015. page 1, premier paragraphe.
- Bases statistiques communale, départementale et régionale de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales, SSMSI (ministère de l'Intérieur), sur data.gouv.fr, juillet 2026. fichier CSV régional, indicateur « Homicides », année 2025, régions métropolitaines (codes 11 à 94), colonnes « nombre » et « insee_pop ».
- Police-recorded offences by offence category (crim_off_cat), Eurostat, avril 2026. catégorie « Intentional homicide » (ICCS0101), unité « pour cent mille habitants », année 2024 ; valeurs relues le 29 octobre 2026 par l'API d'Eurostat (jeu crim_off_cat, mis à jour le 29 avril 2026) ; catégorie « Intentional homicide » (ICCS0101), unité « pour cent mille habitants », année 2024, tous pays ; données mises à jour le 29 avril 2026.
- Vécu et ressenti en matière de sécurité : victimation, délinquance et sentiment d'insécurité. Rapport d'enquête, édition 2024, SSMSI (ministère de l'Intérieur), octobre 2025. rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), page 11 (encadré « Peu de victimes portent plainte »), figure 8 ; rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), page 9, partie « Le sentiment d'insécurité progresse entre 2023 et 2024 » ; rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), page 20, figure 16, ligne « Lecture » ; rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), page 8, premier paragraphe ; rapport PDF (copie archivée du 20 octobre 2026, la page du ministère bloque les robots), annexe, figure II.1 (page 24) et figure I.4 (page 22).
- Les violences intrafamiliales non conjugales enregistrées par les services de sécurité en hausse de 9 % en 2024 (Interstats Info rapide n°59), SSMSI (ministère de l'Intérieur), document hébergé par l'Observatoire national de la protection de l'enfance, janvier 2026. page 1, résumé en haut de page.
- Présentation des bases communale, départementale et régionale des principaux indicateurs des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie nationales, SSMSI (ministère de l'Intérieur), sur data.gouv.fr, juillet 2026. page 1, deuxième paragraphe ; page 5, « Quelques précisions méthodologiques ».
- Homicides commis en France entre 2016 et 2020 (Insee Références, Sécurité et société), INSEE, avec le SSMSI, décembre 2021. chercher « porosité » dans la page.
- Les polices municipales (rapport public thématique), Cour des comptes, octobre 2020. partie « D - Une efficacité de la vidéoprotection insuffisamment mesurée », page 69 (« investigation judiciaire ») et page 70, premier paragraphe (« aucune corrélation globale »).
- La gestion des ressources humaines au cœur des difficultés de la police nationale (note structurelle), Cour des comptes, novembre 2021. page 8 (« Chiffres clés »), page 11 (premier paragraphe) et page 12 (sous le graphique n° 1) ; page 17 (« 2 - Quatre leviers d'action ») et page 18 (fin de la partie A).
- Mission sur les homicides conjugaux (rapport), Inspection générale de la justice (ministère de la Justice), novembre 2019. page 3 (synthèse) ; page 19, partie 1.2.1.3 « Des violences antérieures portées à la connaissance des forces de l'ordre » ; page 20, fin de la page (« 80 % ») ; page 31, début de la page (« recherche de précédents »).
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